Archive | avril 2018

L’heure des fous de Nicolas Lebel


Présentation de l’éditeur :

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard… Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.

Mon avis :

Petite interrogation rapide : si j’avais débuté la série par ce tome au lieu de commencer par le tome 2, aurai-je malgré tout aimé le capitaine Mehrlicht ? Oui, oui, et oui. Il est absolument irrésistible, dans son genre – le genre qui n’abandonne pas une affaire, quoi qu’il arrive, le genre à vouloir rester sur le terrain, sur son terrain, refusant ainsi la promotion qu’il aurait pu avoir, pour ne pas quitter ses hommes.
Non, ce sont ses hommes qui les quittent, et lire ce premier tome, c’est découvrir Jacques, plus en forme que ans le tome 2, c’est à dire encore vivant, encore en train de faire des blagues qui ne sont pas au goût de tout le monde – quand on est condamné, où est le mal ? Dans l’esprit de ceux qui disent « c’est pas drôle ».  Bien sûr, le capitaine n’est pas parfait, je ne vous parle même pas de son physique de batracien paléolithique, non, je vous parle d’une légère misogynie, d’une allergie constante face aux stagiaires mais il est un enquêteur extrêmement attachant.
L’affaire qui les occupe devrait, d’après leur supérieur, être bouclée rapidement – un règlement de compte entre SDF, franchement. Si ce n’est que le SDF n’en était pas un, et que les choses sont bien plus compliquées qu’elles ne le paraissent de prime abord.
L’on découvre ceux que l’on ne voit pas, parce qu’on ne le veut pas – constat toujours valable aujourd’hui. Les SDF vivent dans la jungle eux aussi – ce terme n’est pas valable uniquement pour Calais. Ils s’organisent, en créant leur propre structure sur laquelle les autorités ferment plus ou moins les yeux. C’est toute une misère sociale, familiale que l’on découvre – et pour laquelle je me sens terriblement impuissante.
Le déroulement de l’intrigue m’a donné envie d’aller toujours plus loin dans sa lecture – jusqu’au dénouement. Alors oui, ce roman est très réussi, comme tous ceux de la série. J’espère sincèrement vous donner envie de découvrir cet auteur.

48 heures – disparition de Gabrielle Lord

Présentation de l’éditeur : 

Un enlèvement.
Un crime irrésolu.
Deux enquêteurs amateurs passionnés pr les méthodes d’investigation scientifique.
Ils n’ont que 48 heures pour résoudre les deux affaires.
Le compte à rebours a déjà commencé.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai vraiment été soufflée par ce roman très maîtrisé que j’ai quasiment lu d’une traite.
Les personnages sont peu nombreux, finement campés, contemporains sans excès. Jazz (diminutif de Jasmine) se rêve enquêtrice avec sa meilleure amie – et il est bon d’avoir une jeune fille qui a des rêves, même s’ils sont hors-normes ou biberonnés aux séries télévisées. Du coup, elle s’entend moins bien avec Anika, qui est blogueuse et publie un feuilleton sur son blog, d’après un journal intime qu’elle a trouvé par hasard chez elle. Et là, boum ! L’incident survient : elle est enlevée dans sa propre chambre – les maisons recèlent bien des secrets.
Le roman entrelace le point de vue de Jazz et celui de Phoenix, le geek qu’elle appelle à son aide, nous laissant ainsi dans l’ignorance et donc dans l’angoisse de ce qui est survenu à Anika. Elle et ses amies ont des parents « dingues de boulot », mais aimant, faisant vivre leurs enfants dans un univers feutré et protégé. Cela n’empêche pas la mère de Phoenix de l’associer à ses recherches, tout en lui faisant respecter les règles de vie de tout lycéen, même très doué.
Les extraits du journal sont intelligemment insérés dans l’intrigue – voire résumer, pour ne pas alourdir le récit. Nous replonger vingt ans en arrière nous rappelle que certaines techniques scientifiques en étaient encore à leur balbutiements. Cela nous rappelle aussi qu’en vingt ans, les mobiles n’ont pas changé non plus – et l’union fait la force.
48 heures -disparition, un roman policier pour ado qui devrait plaire aussi aux adultes. J’espère en tout cas que d’autres lecteurs l’apprécieront autant que moi.

Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman


Présentation de l’éditeur :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson ? et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour ce partenariat.

Mon avis : 

Il n’est pas besoin d’un détective dans ce coin champêtre du Yorkshire, tout va bien, tous les habitants vous le diront, Delilah en tête. D’ailleurs, personne n’a de professions bizarres dans cette charmante petite ville, la preuve: Delilah tient une agence matrimoniale qui peine à décoller.
Les romans policiers anglais aiment à nous emmener dans des petits villages où de nouveaux arrivants bouleversent la vie des habitants. Ici, c’est le retour d’un des leurs qui met tout le monde au bran-le-bas de combat, et les plus virulents ne sont pas nécessairement ceux que l’on attendait – n’est-ce pas Delilah ? Ils ne savent pas pourquoi il est parti, ils ne savent pas pourquoi il est revenu : Samson est pourtant décidé à mettre un peu d’ordre dans les affaires familiales, et aussi un peu dans les siennes.
En attendant, il a un premier client. En attendant, Delilah a perdu un client. Et il y a un lien entre les deux dossiers. Les décès deviennent un peu trop fréquents dans ce joli coin de verdure et, finalement, la présence d’un détective, voire de deux, n’est pas de trop.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Samson et Delilah. Ce premier tome de leurs aventures – le second devrait paraître en juin – nous en apprend beaucoup sur eux, sur leur passé commun ou pas, sur les liens qui les unissent par-delà la mort d’un être cher : la guerre est loin, elle les a pourtant rattrapées. Ils sont tous les deux à un tournant de leur vie, professionnelle ou personnelle. Mention spéciale pour Delilah qui, après une relation plutôt toxique, une relation qui l’avait coupée d’elle-même, renoue avec ce qu’elle est profondément. Mention spéciale, aussi, pour Calimero, son adorable et névrosé cabot.
Enquêter est-il facile ? Non, pas vraiment puisque la police officielle trouve que tout va bien dans le meilleur des mondes, et qu’ils n’ont pas l’intention d’aller plus loin. L’union fait la force, et on n’est pas trop de deux pour traquer indices et point de convergence.
Samson et Delilah, une série policière très prometteuse.

 

Team aventure – opération manchots d’Ismaël Khelifa

Présentation du roman :

La Team Aventure arrive sur un nouveau territoire inconnu : les Malouines ! Fatou, Rémi, Vicky et Yanis y rencontrent Marilou, fermière et scientifique, qui s’occupe des manchots et des albatros. Alors qu’ils l’aident à répertorier les oiseaux, un incendie se déclare sur l’île voisine, mettant la faune de l’archipel en grand danger….

Mon avis : 

Si vous avez aimé le tome 1 (comme moi), vous lirez le tome 2 et vous n’aurez pas besoin de ma critique. Si vous ne connaissez pas la série, vous commencerez par le tome 1 et vous n’avez pas besoin de ma chronique, sauf à lire les deux tomes à la fois. Sauf que cela soulève une question : quelle vie pour les tomes 2 ?
J’arrête de me couper les cheveux en quatre, et j’en viens au vif du sujet : ce tome 2. Il a l’avantage de nous placer dans le vif du sujet écologique : là où d’autres nous parlent des générations futures, ce livre nous parle de ce qui se passe maintenant, et de ce qu’il est possible de faire maintenant pour éviter que la situation ne s’envenime encore plus qu’elle ne l’est.
Les quatre adolescents se rendent aux Malouines qui, pour moi, évoquent surtout une guerre pendant les années 80, qui semble aujourd’hui bien loin. Le but de cette expédition est de montrer comment les manchots et les albatros sont répertoriés, et ce ne sont pas forcément des activités très « glamour » – il est bon de rappeler que protéger la planète et les animaux qui risquent de disparaître peut être salissant.
Chaque adolescent est nettement caractérisé, chaque adolescent n’est une entité coupé du monde, ils ont leur propre préoccupation, leur propre désir, leur propre souci aussi.
Je terminerai par cette citation :
Nous savons aussi que, même en étant ministre, maître ou président, vous ne pourrez pas redonner vie aux forets, à la banquise et aux glaciers disparus. Par contre, vous pouvez prendre des décisions pour sauver tout ce qui nous reste. Faites-le pour nous. Pas pour les « générations futures » : on ne comprend rien à ces mots. Ils ne parlent pas de nous, et puis on est déjà là.

La singulière aventure de Pénélope Vermillon de Valija Zinck

Présentation de l’éditeur :

Pénélope a les cheveux gris et une odeur de feu. Cela a beau être étrange, la petite fille ne s’en est jamais vraiment souciée. La seule chose qui attise un peu sa curiosité, c’est que chaque été, le jour de son anniversaire, il pleut et que, ce jour-là, la pluie ne mouille pas. Cependant, quand Pénélope découvre par hasard qu’elle a en fait les cheveux roux et des pouvoirs un peu bizarres, tous les petits mystères de sa vie se transforment en un océan d’énigmes. Ces pouvoirs sont-ils hérités de son père, comme le lui révèle finalement sa mère ? Pourquoi cette dernière lui a-t-elle fait croire qu’il était mort alors qu’il les a tout simplement abandonnées ? Tandis que la magie croit en Pénélope, s’épanouit aussi la colère et l’envie de partir à la recherche de ce père absent…

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis :

Entrer dans l’univers de Pénélope Vermillon, c’est entrer dans un univers délicieusement décalé. Décalé, mais pas trop : même si des événements surprenants surviennent, ils n’ont jamais causé un sentiment de malaise chez moi, ne serait-ce que parce que Pénélope accepte ses événements surprenants, tout en sachant qu’il ne faut pas qu’elle les partage.
D’ailleurs, au début du roman, tout était presque sage. Pénélope a les cheveux gris, ce qui ne choque personne malgré ses dix ans. Elle vit dans une maison « à peau de dragon », non parce qu’un dragon fut sacrifié, mais parce que la peinture s’écaille très rapidement. Elle est élevée par une mère seule, aidée par sa grand-mère : c’est malheureusement très fréquent. Puis, les événements étonnants s’enchaînent, entre une recette improbable et un élan de solidarité, en classe, pour permettre à une Pénélope frigorifiée de se couvrir. Ces événements l’amènent à découvrir un aspect de sa nature qu’elle ne soupçonnait pas, aspect qu’elle partage avec son père – qu’elle souhaite ardemment retrouver.
Le parcours de Pénélope, c’est un peu celui de Dorothy : sur sa route, elle fait beaucoup de belles rencontres, en apprenant un peu plus sur les siens également. Il y a des « bons », il y a des « méchants », et aussi des interrogations : qu’est-ce qui rend réellement heureux ? Jusqu’où faut-il aller pour se venger de ceux qui vous ont fait souffrir.
N’hésitez pas à partager ce roman avec de jeunes lecteurs.

John Brown, Rose et le chat de minuit de Jenny Wagner et Ron Brooks

Présentation de l’éditeur :

Rose menait une vie heureuse avec son chien, John Brown. « Nous sommes bien, John Brown, disait Rose. Rien que nous deux, toi et moi ». Mais l’intrusion du mystérieux chat de minuit allait bientôt bouleverser leur existence.

Mon avis :

Ce n’est pas un album facile dans le sens où il exploite des thèmes qui ne sont pas vraiment les thèmes traditionnels des albums pour enfant. Il nous parle de la vieillesse, de la solitude, du deuil aussi. Rose est seule avec son chien John Brown, un chien au nom très humain. Elle semble heureuse cependant, mais la solitude est là.
Un soir, un mystérieux chat apparaît. Il est noir, et ses yeux brille dans le noir. Il revient, soir après soir, et John Brown l’ignore, ou plutôt feint de l’ignorer. Ce qu’il ne peut ignorer, en revanche, c’est le sentiment de solitude grandissant de Rose, qui vit dans cette si délicate maison, remplie de souvenir. Alors, alors il accepte la présence de ce chat, de ce nouveau compagnon pour Rose, lui qui est si proche d’elle.
La fin, il est vrai, est un peu étonnante. J’essaie de me dire que la nouvelle situation n’aura qu’un temps et qu’un nouvel équilibre sera possible. Après tout, John Brown, dont nous pouvons connaître les pensées, n’est pas totalement chassé de la maison – il quitte simplement le lieu où il a toujours dormi. Quant au mystérieux chat, nous ne sommes pas « dans sa tête », il reste mystérieux, justement, de bout en bout.
Un album qui nous questionne, à faire découvrir.

 

La disparition du coeur des symboles de Miguel Miranda

Présentation de l’éditeur :

Une délégation d’Amérique latine vient à Porto pour commémorer la mémoire du roi don Pedro IV. Au cours la cérémonie dans l’église de Lapa, la délégation s’aperçoit que la relique du roi (une urne renfermant son coeur) a disparu et est témoin de la mort brutale de l’organiste Jorge Vinagre. Mario França est engagé pour retrouver la relique et l’assassin de Vinagre.

Livre lu dans le cadre de la lecture commune du forum Partage-Lecture.

Mon avis : 

Qu’on se le dise ! Mario França est le plus grand détective du monde, et ne se prive pas pour nous le faire savoir. Plus grand, je ne sais pas, plus drôle, il n’en est pas loin. Le plus précautionneux, oui, certainement : il n’utilise pas les moyens de communication modernes, on ne sait jamais ! Je vous rassure, il prend grand soin de son média d’un genre très ancien, à savoir un pigeon voyageur sujet à la dépression – il le fait soigner, et ne le nourrit qu’avec de la nourriture qui lui convient (au pigeon, pas au détective).
Revenons à notre enquête. Un vol, un meurtre, bientôt deux, ce ne sont pas les problèmes, ni les difficultés qui manquent. Mario França prend cependant les faits avec optimisme. Il faut dire qu’il est entouré non par une équipe de bras cassés, mais par une équipe d’illuminés que je ne vous décrirai pas, je vous laisse le plaisir de les découvrir – sachant qu’un des membres s’est bien remis de l’intervention chirurgicale, financée par Mario, qui lui a sauvé la vie et lui permet de trouver une nouvelle orientation sentimentale.
Et pourtant, son enquête avance, bien que l’enquêteur officiel mette en doute son avancée de l’enquête. Autant vous le dire tout de suite, il n’aurait pas dû ! Le détective n’emploie pas, il est vrai, des méthodes très légales -il est détective, pas policier. Il a d’ailleurs, apparemment, quelques mauvais souvenirs de la police à une époque antérieure à la démocratie.
Drôle oui mais aussi plein d’amertume quand il pense au monde dans lequel il vit. Voici une citation qui me parle particulièrement :

Je voyage à l’intérieur de moi-même, au fond de mes peurs. J’ai peur de cette société mondaine où l’image vaut plus que mille mots. J’ai peur que le culte de l’image ne se soit substitué aux idéaux, aux causes, aux valeurs, et que ce détachement ne soit irréversible. Je crains que la forme vertigineuse qu’emprunte la société moderne de vivre la vie soit la dernière accélération avant l’accident.

Il ne me reste plus qu’un tome à lire de cette série.

Le temps des râteaux d’Hervé Mestron

Présentation de l’éditeur :

Édouard, boutonneux, en mal de filles, est accroc aux jeux vidéo. Obéissant au médecin qui lui prescrit de la marche à pied, Édouard va accepter un job de promeneur de chiens.

Mon avis : 

Tout d’abord, je tiens à remercier Fabienne Germain des éditions Zinedi pour ce partenariat, ou plutôt pour cette rencontre avec ce livre plutôt hors-norme.
Laissez-moi vous présenter Edouard, l’ado dans toute sa splendeur. Ce n’est pas tant qu’il est un geek, c’est plutôt qu’il est un « no life », un être quasiment asocial, qui consent néanmoins, entre deux parties de jeux video, à se rendre au lycée. Sa mère, qui l’élève seule, est désespérée. Elle prend donc conseil auprès d’un médecin, et commence, pour son fils, une thérapie radicale. Je dirai même plus : une thérapie canine radicale, avec option ablation de tout ce qui comporte un écran, de près ou de loin.
Je ne dirai pas que j’ai compati à la douleur d’Edouard, non, je dirai qu’elle m’a amusée – sans doute aussi parce que j’ai côtoyé moi-même des ados qui ont subi la même thérapie, avec même, pour certains, l’option canine. Oui, Edouard doit promener un chien, et pas n’importe lequel : une yorkshire de compétition, primée, pomponnée, un être dont il doit prendre grand soin et qui ne risque pas d’être trop difficile à promener.
Là, nous basculons légèrement dans le merveilleux, puisqu’Eouard se met à entendre Princesse parler. Impossible de se confier à qui que ce soit. Alors, que faire ? Suivre ses conseils avisés, à elle qui semble bien connaître la gent féminine ? Peut-être. Note : cette charmante Yorkshire connaît aussi très bien la gent masculine, quasiment une psy à quatre pattes. C’est dire aussi à quel point Edouard s’est isolé.
Pourtant, cette thérapie de choc lui permet de s’interroger un peu sur sa mère et sur sa famille – sa mère aussi est seule après tout. Et oui : Edouard est capable de s’intéresser à une autre personne qu’à lui, même si le ton reste toujours humoristique, décalé :
J’ai pris conscience qu’une mère ce n’était pas garanti à vie. ce n’était pas un poêle à bois.
Vous l’aurez compris, le temps des râteaux est un roman contemporain au ton décalé, qui nous parle autant des adolescents que de leurs parents.

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet

Présentation de l’éditeur

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.
Il faut faire vite, agir rapidement.
Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.
Et s’il était déjà trop tard ?

Mon avis : 

Tout d’abord, je tiens à remercier le forum Partage-Lecture et les éditions Taurnada pour ce partenariat.
Je découvre avec ce livre l’univers de l’auteur. Le fruit de ma colère est une suite, sans en être une : nous retrouvons Paul Ackerman et Josey Kowalsky, des personnages de Sans raison, mais il n’est pas besoin d’avoir lu ce dernier roman pour apprécier celui-ci, les deux enquêtes sont indépendantes. Ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est le lien très fort que Paul et Josey ont noué dans le premier tome, au point que Josey accepte tout de suite de prêter main fort à Paul quand celui-ci fait appel à lui. L’un comme l’autre savent qu’ils sont capables de tout tenter pour parvenir à leurs fins. Un peu effrayant, si on y réfléchit, parce que l’on sait qu’ils ne vont pas hésiter à s’exposer, et à foncer.
Mais ce à quoi ils doivent faire face l’est également, comme nous pouvons le découvrir dans les pages qui sont consacrés à Eric, le jumeau de Paul, avocat de son état, enlevé et séquestré. Il n’est pas le seul. Et de s’interroger sur ce qui l’a amené là, lui, l’avocat pas si différent des autres, si ce n’est qu’il est un bon avocat. Autre moyen d’en savoir un peu plus sur Eric, le lien qui l’unit à son frère jumeau. L’on peut y croire ou pas, mais j’ai aimé ces pages dans lequel on ressent cet amour entre les deux frères.
S’il n’y avait que l’amour, mais il est aussi la colère, et ce qu’elle peut entraîner, le désir de vengeance. Certaines scènes, violentes, sont réellement inquiétantes. Il n’empêche : les pages de ce roman se tournent toutes seules, parce que j’ai vraiment voulu savoir ce qui allait arriver à nos deux enquêteurs. Leur quête les mènera loin, leur volonté de contrecarrer leurs adversaires les fait foncer tête baissée – parce que le temps leur est compté, parce qu’ils suivent les indices, les pistes qui s’offrent à eux. Pas facile quand on se retrouve confronté à quelque chose de plus vaste que ce qui était prévu.
Un troisième ouvrage avec ces personnages ? Si c’était le cas, je le lirai avec plaisir.

La ronde noire de Misa Yamamura

Présentation de l’éditeur :

Un premier meurtre  » en chambre close « , puis deux autres crimes tout aussi  » parfaits  » conduiront, à son coeur défendant, la belle Chisako dans les bars de Tôkyô et dans une lointaine circonscription de province. Une subtile intrigue policière  » à l’anglaise  » par une redoutable et prolifique romancière japonaise contemporaine.

Mon avis : 

Je commence souvent mes chroniques en disant « ce roman » ces temps-ci, et c’est de cette manière que j’ai failli le faire également pour cette « ronde noire », que j’ai failli renommer « chambre noire », allez savoir pourquoi – peut-être, justement, parce que le premier meurtre a lieu dans une chambre et que l’intrigue semble relativement feutrée.

Il faut bien sûr se méfier des apparences. D’un côté, nous avons ces meurtres. De l’autre, nous découvrons Chisako dont la vie est sur le point de prendre un tournant. Son fiancé rentre de ses études aux Etats-Unis et ils sont sur le point de se marier – et d’abandonner son métier pour la jeune fille, pour se consacrer à ses devoirs d’épouse et de maîtresse de maison. Seulement, son fiancé a changé, et elle veut savoir ce qui a provoqué ces modifications, qui iront en s’accentuant, révélant un égoïsme assez marqué, et un délaissement des traditions nippones. Pourquoi ? Chisako veut savoir avant de s’engager.

Certes, la police enquête, à son rythme, parce qu’il est tout sauf facile de démêler trois meurtres en deux temps trois mouvements. Mais le plus gros du travail est effectué par Chisako et un jeune journaliste, qui cherche plus que tout la vérité – et attirer l’attention de la jeune fille. L’ensemble peut nous paraître un peu classique avec le recul, avec aussi absorption d’un nombre considérable de séries télévisées remplies de rebondissement et autres activités sanglantes. Pourtant, l’auteur joue avec une intrigue qui était relativement classique pour en faire quelque chose de différent, un peu comme une recette traditionnelle rehaussée d’ingrédients inédits.

Une auteur de romans policiers à découvrir.