Archive | 29 avril 2018

Les grenouilles samouraïs de l’étang des Genji d’Hino Kazunari

Mon avis :

Ce livre met en image un conte japonais, qui nous fait revivre, par le biais de grenouilles, La fabuleuse épopée japonaise des clans rivaux Genji et Heike. Nous découvrons de magnifiques paysages remplis de nuances de vert, sur lesquels des fleurs blanches, roses et jaunes finement ciselées s’épanouissent.

Grand-père crapaud raconte aux petits tétards une histoire, une histoire de samouraïs, une histoire de protection d’un lieu particulièrement aimé. Les samouraïs et leur armement, leurs armures sont soigneusement dessinés. D’ailleurs, les images nous renseignent elles-mêmes sur les temporalités du récit. Les dessins montrent le temps présent, et le temps passé, puis le dessin se consacre uniquement au passé, avant de revenir à un présent apaisé. La berceuse finale, dédiée aux fleurs de printemps et d’automne, est d’ailleurs magnifique.

A faire découvrir !

Le passager de la Toussaint de Jean Failler

Présentation de l’éditeur :

De retour à Quimper après une longue convalescence, le commissaire Fabien me confie une bien étrange mission : rencontrer un magnat du commerce qui aurait des ennuis.
Le genre de job que j’affectionne, comme vous le savez.
Mais voilà, ce.Monsieur m’est recommandé par un ponte de la place Beauvau, l’ineffable commissaire Mervent, devenu bras droit du ministre de l’Intérieur.
Pour faire preuve de bonne volonté, car Mervent m’a rendu un signalé service lors d’une précédente enquête, je décide de rendre visite à monsieur Pinchard en son domicile de Landévennec.
Celui-ci me révèle que son fils Matthieu, condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre «le son meilleur ami et en fuite depuis sa condamnation, vient d’être retrouvé.

Mon avis :

J’aime bien lire, de temps en temps, des enquêtes de Mary Lester, ne serait-ce que parce qu’elles me permettent de parcourir une région que j’apprécie particulièrement (après la Normandie, forcément) : la Bretagne.
Mary Lester se retrouve à Quimper pour enquêter sur un cold case qui vient brusquement de se réchauffer : le coupable d’un meurtre vient d’être arrêté, vingt ans après s’être échappé. Où, quand, comment ? Je ne vous le dirai pas, à vrai dire, je vous en dirai le moins possible pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. Je vous dirai simplement que ce livre brasse des thèmes intéressants. Que reste-t-il d’une affaire criminelle classée, vingt ans plus tard ? Que deviennent ceux qui ont été amis avec la victime, avec le coupable, et qui ont continué à vivre, et dont la vie, parfois, a pris un tournant très différent ?
Et le coupable ? Mathieu Pinchard venait d’être jugé et condamné. Il n’est plus l’homme qu’il était – si tant est qu’il ait vraiment parfaitement collé au portrait que l’on voulait bien faire de lui. Il est sans doute le plus sympathique de tous les personnages que l’on rencontre dans cette enquête parce que la vie qu’il s’est construite, ce n’est pas une arrestation, ni même l’emprisonnement, qui pourrait la lui ôter. Malgré ce qu’il a vécu, malgré ce qu’il a subi (on le découvrira au cours de l’intrigue), malgré ce qu’il se reproche, il a su faire donner un sens à sa vie. Tous ne l’ont pas fait.
Il faut dire que la société dans laquelle il a grandi est particulièrement misogyne. Les femmes doivent rester à leur place de femme, plus encore si elles ne peuvent pas devenir mères. Récit daté ? Pas tant que cela, j’en connais qui, en 2018, pensent de même. Ce n’est pas tant une entreprise qu’a crée et géré son père, mais un empire au sens dynaste du terme. Il ne manque même pas les soldats pour le protéger. J’exagère à peine.
Le passager de la Toussaint est une contre-enquête intéressante à lire : il faut toujours aller au-delà des apparences.