Kornelia de Vincent Duluc

Présentation de l’éditeur :

« J’ai retrouvé une photo de Kornelia au fond d’un carton de souvenirs dans le grenier de mes parents. Sur une des fiches cartonnées des héros olympiques, elle sortait de l’eau, ses cheveux blonds plaqués en arrière, parce que les sirènes ne
reviennent pas à la condition terrestre avec une frange qui leur tombe sur les yeux. Elle avait dix-sept ans et à cet âge tout battait la chamade, son coeur d’artichaut et ses ailes musculeuses qui rythmaient le papillon.
Je l’ai cherchée comme on part sur les traces d’un amour de jeunesse, dans l’empreinte d’une époque qui avait sacré sa blondeur blanchie par le chlore, dans les archives d’un régime qui avait tout consigné, même ce qu’elle avait oublié. J’espère que je l’ai trouvée. »

Merci à Netgalley et aux éditions Stock pour ce partenariat.

Mon avis : 

Vincent Duluc se souvient, de sa jeunesse, et de son admiration, son « béguin », dirai-je pour Kornelia Ender. Ce livre nous parle de lui, de cette époque, mais jamais l’auteur ne se met en avant, ne vole la vedette à celle qui donne son nom au livre : Kornelia. Tout juste si à la fin du livre il parviendra à l’appeler par son surnom, celui que son père, le colonel de la RDA, lui donnait. Parce qu’à l’époque, il ne l’a jamais appelé ainsi, parce qu’il part à la recherche d’un souvenir autant que d’une jeune fille.
Avoir 13 ans et être nageuse en RDA n’est pas la même chose qu’avoir 13 ans, en France, même en étant nageuse, parce que nous étions en pleine guerre froide. Chaque bloc avait ses champions, qui se devaient de surpasser ceux de l’autre bloc. Tous les moyens étaient bons pour les médecins est-allemands afin d’améliorer les performances de leurs championnes, et tant pis pour les conséquences, tant pis si elles étaient visibles. Les questionnements étaient rares. L’une pourtant, aura des doutes : Shirley Babashoff, la rivale américaine malheureuse de Kornelia Kinder. Vincent Duluc ne peut évoquer Kornelia sans évoquer Shirley, elles qui eurent des vies parallèles, même après avoir quitté les piscines olympiques. A l’heure où les champions sont sous les feux de l’actualité, ont des reconversions parfois surprenantes, il est bon de se rappeler qu’on en était loin dans les années 70 – et la reconversion de Shirley est pour le moins étonnante.
Oui, jusqu’au bout ou presque Vincent Duluc nous parlera des deux femmes, aujourd’hui en âge d’être grand-mère (c’est le cas pour Kornelia). IL nous parlera des transformations physiques de la jeune fille devenue femme, à rebours de ce que l’on attendait. Il nous parlera de sa vie dans la RDA, pays dont on a oublié à quel point la suspicion, l’espionnage, la délation, faisaient partie du quotidien de ses habitants.
Kornelia est un livre à lire pour redécouvrir un pan de notre histoire sportive européenne.

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2 réflexions sur “Kornelia de Vincent Duluc

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