Archive | 1 mars 2018

Un bon parti de Curtis Sittenfeld

Présentation de l’éditeur :

La tension est palpable chez toutes les mères de Cincinnati : Chip Bingley, beau médecin, célèbre participant d’une émission de téléréalité, vient de s’installer en ville et… c’est un cœur à prendre. Elizabeth, de passage pour aider sa mère après l’accident de son père, se fiche bien de tous cette agitation, d’autant que Chip est toujours accompagné de son insupportable et suffisant collègue, Fitzwilliam Darcy. Elle tente de redresser les finances familiales en dépit d’une mère qui utilise le shopping en ligne comme psychothérapie et de ses trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents dans une maison qui part à vau-l’eau. Mais elle doit aussi veiller sur son père, qui préférerait s’enfiler un bon steak plutôt que de respecter les recommandations du médecin, et sur sa sœur Jane, en train de succomber au charme, ennuyeux mais certain, de Chip.

Merci à Babelio et aux Presses de la cité pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai un gros défaut, bien connu cependant : je ne peux pas résister quand on me propose un livre. J’ai donc « sauté » sur celui-ci, et c’est après que j’ai lu… le résumé. Oui, je sais, ce sont des choses qui m’arrivent fréquemment, merci de ne pas trop rire. Puis, la couverture était (et est toujours) plutôt amusante. Alors, de quoi parle ce livre ?
Il est une réécriture contemporaine de Raisons et sentiments. Oui, les puristes hurleront, mais ce livre n’est pas destiné aux puristes – chacun est encore libre d’écrire et de lire ce qu’il veut ! Ce qui m’a intéressé est de savoir comment l’auteur allait transposer les personnages et les situations.
Déjà, les personnages sont plus âgés, Jane et Liz approchent la quarantaine (Liz n’a que 38 ans, elle y tient). Lydia et Kitty sont elles plus qu’imbuvables au début, pas tant parce qu’elles vivent aux crochets de leurs parents, mais parce qu’elles ne s’expriment qu’avec des mots choisis pour être vulgaires. Elles ont tout pour être de futures starlettes de la télé-réalité, de celles dont on bipe les propos à tout bout de champ. La plus intéressante est Mary, parce qu’elle n’a que faire des conventions. Elle aussi vit aux crochets de ses parents, mais elle termine (à nouveau) un cursus scolaire. Elle se moque des allusions à une possible homosexualité, tout comme elle se moque de ce que l’on peut plus largement dire sur elle. Elle sort tous les mardis soirs, depuis des années, ne se préoccupant pas d’éclaircir un quelconque mystère. Bref, un personnage extraordinaire pour notre époque !
Oui, vous l’aurez compris, j’ai finalement trouvé les personnages assez peu sympathiques dans l’ensemble. Il faut vraiment progresser dans le récit pour trouver un personnage qui est différent de ce qu’il veut bien laisser voir – un peu comme dans la version originale, me direz-vous. Il est aussi des personnages qui évoluent positivement, au hasard des rencontres ou des aléas de la vie. En effet, Liz est venue pour mettre de l’ordre dans la vie de ses parents, et se retrouve à mettre de l’ordre dans la sienne, presque malgré elle, finalement. Je n’irai pas jusqu’à dire que sa vie sentimentale est un désert ou qu’elle a grandi en attendant le prince charmant, non. Elle me fait plutôt l’effet de ces personnages littéraires (pas forcément de la littérature sentimentale) qui pensent que l’homme qu’elles aiment (et idéalisent un peu) finira par les remarquer, parce qu’elles auront su l’attendre.
Restent que le livre, qui alterne chapitre très court et d’autres plus développés, brasse des thèmes contemporains, comme la transsexualité, et le meilleur moyen de la faire accepter à ses proches. Il parle aussi du racisme ordinaire, vous savez, celui des personnes qui ne se disent pas racistes mais le sont tout de même. Mrs Bennet, en plus d’être une représente à elle seule des dérives de la société de consommation et de l’attrait vers les peoples, en est un exemple flagrant.
Un bon parti, en dépit de ses 541 pages, est un livre agréable et facile à lire, et plus intéressant que les émissions de télé-réalité auquel participent certains des personnages. Satire de ce milieu ? Non, plutôt un portrait réaliste de tous ceux qui créent ce programme.

264 papattes sur la banquise de Philip Reeve et Sarah McIntyre

Présentation de l’éditeur :

La Course du Grand Nord approche ! N’ayant lieu qu’une fois dans une vie, elle est d’autant plus attendue que le gagnant voit son voeu le plus cher devenir réalité. Shen et Sika rêvent de remporter cette incroyable compétition mais entre les coups bas des concurrents, les monstres marins et les yétis particulièrement affamés, le chemin de la victoire est semé d’embûches…

PS : je ne sais pas pour vous qui me lisez, mais en ce qui me concerne la neige recouvre, pour la seconde fois cette année, mon jardin. J’ai donc prévu quelques avis en rapport avec l’actualité.

Mon avis : 

Je rêve d’avoir un carlin ou un bouledogue. Cependant, je sais que je n’en aurai jamais autrement que sur mes sacs à main ou sur mes stylos – il faudrait pour cela que je trouve un chien qui ait les qualités exceptionnelles de Lassie, berger Tervueren de son état, et je n’y crois pas trop.
Cependant, dans ce livre, je suis comblée, puisque ce n’est pas moins de soixante-six carlins qui se retrouvent à tirer un traîneau dans le Grand Nord. Le texte et les images sont intimement liés, permettant ainsi au roman de se lire tout seul. Shen, le jeune héros, ne manque pas de ressources, lui qui trouve un moyen de réchauffer les chiens perdus avec lui sur la banquise en véritablement styliste du recyclage.
L’objectif ? Atteindre le père des Neiges qui peut exaucer le voeu du vainqueur. Aussi, les concurrents sont nombreux, pas toujours très fair play – une notion à redécouvrir, d’ailleurs, pour certains jeunes sportifs – et usant toujours de chiens de traîneau surprenants. Non, parce que, utiliser des chiens quand on peut se servir d’ours ou de robots, franchement, c’est d’un classique !
Tout au long du parcours semé d’obstacles et de découvertes sont mises en valeur les qualités de chacun, leur capacité à s’entraider, à penser à l’autre avant de penser à soi. Il est question de la vie, il est question de la mort, et de la nécessité de bien vivre, intensément, pour affronter le dernier voyage.
Un livre drôle, oui, mais plus profond qu’il n’y paraît.