Le sixième passager de Theodor Kallifatides

Mon résumé :

Un avion s’est écrasé non loin de la maison de la commissaire Kristina Vandel, qui était très occupée. Cinq passagers étiaent enregistré, six étaient à bord. Qui était le jeune garçon étranger à bord ? La commissaire n’enquête pas.

Mon  avis :

Hier, je publiai mon avis sur le dernier roman d’Andrea Camilleri que j’ai lu. Aujourd’hui, je publie mon avis sur un roman de Theodor Kallifatides et mon avis n’est pas du tout, mais alors pas du tout du même niveau. C’est pour cette raison que je l’écris « à chaud », pour m’en débarrasser, comme on se débarrasse d’une corvée véritablement ennuyeuse.
Certes, il est des auteurs dont j’ai lu un second roman, parce que j’avais envie de leur donner une seconde chance et parfois, cela s’est traduit par une belle rencontre littéraire. Je prends le cas de Pieter Aspe. Pour cet auteur-ci, il est évident pour moi que je ne lirai pas un autre de ses romans, parce que ses personnages sont tout ce que je déteste, que ce soit en littérature ou dans la vraie vie.
Prenez la commissaire Kristina Vendel, l’enquêtrice : elle m’a fait penser à la supérieure de Dexter dans le tout premier volume, celle qui ne pouvais arrêter un suspect que s’il se plantait devant sa voiture et qu’il le lui demandait. Et bien Kristina Vendel, c’est pire : au début, elle renonce carrément à enquêter, refusant ce que lui demande la légiste, c’est à dire l’ouverture d’une enquête qui autoriserait à pratiquer une autopsie, permettant d’éclaircir certaines points étranges. Les raisons de ce refus sont finement analysés – enfin, finement… En termes familiers, le contraire de la manière de s’exprimer de Kristina, je dirai qu’elle se prend la tête. Je dirai aussi que penser qu’il est mort, que l’on ne peut rien y faire, et qu’il faut le laisser tranquille est choisir une solution de facilité qui me fait bouillir. Avec une commissaire qui refuse qu’on en sache plus sur ce que le jeune mort a subi, les coupables peuvent dormir bien tranquilles. Non, il faut quasiment qu’on lui mette deux nouveaux cadavres extrêmement mutilés pour que là, oui, quand même, elle se décide à enquêter, sans céder à la tentation de relier les morts entre eux – nan, parce que les coïncidences, cela existe, n’est-ce pas ? Sauf que Kristina est une ancienne étudiante en philosophie, elle philosophe beaucoup, elle lit des livres de philosophie et que si elle révisait ses cours, elle saurait que le hasard n’existe pas, qu’il s’agit d’un faisceau de causes si nombreuses que l’on ne parvient pas à les discerner.
Kristina n’est pas le seul personnage à se perdre dans le méandre des analyses variées, chaque personnage féminin, et quelques personnages masculins aussi, y ont droit. Cela ne ralentit pas le rythme de l’enquête, je vous rassure, puisque l’enquête est passée depuis longtemps à la trappe. Alors, oui, à un moment, Kristina nous dit que rien ne la fera reculer sauf que ce ne sont que des paroles, pas des actes comme l’auraient fait d’autres enquêteurs (Voir Montalbano, pas plus tard que dans mon avis posté hier). Pour une enquêtrice, elle n’est pas assez observatrice, ne prend pas assez de précaution, ne communique pas certains faits à son équipe, par orgueil, à mon avis, et le narrateur omniscient d’intervenir une fois, pas vraiment discrètement, pour nous avertir qu’il va se passer quelque chose.
Pour tenter de conclure un peu cruement (j’en suis déjà à 532 mots), j’ai eu envie de secouer tous les personnages féminins, Kristina en tête de file, parce qu’à force de tout analyser, et de se complaire dans certaines situations, elles n’agissent pas. D’ailleurs, le second motif qui pousse la commissaire à ne pas enquêter est de ne pas déranger la vie privée de la procureure, qui s’est sacrifiée pendant des années. Suis-je la seule à être choquée par le fait qu’il vaut mieux préserver ses petits secrets banals plutôt que de rechercher un meurtrier ? Suis-je la seule à trouver agaçant que les femmes se sacrifient et donc souffrent un max par amour dans ce livre, comme si le véritable amour ne pouvait être que douloureux ? Beaucoup de paroles, mais aussi beaucoup de verbiages, où l’important n’est pas tant ce que l’on dit que ce que l’on cache à l’enquêtrice ou à ses proches. C’est une technique policière comme une autre que de renoncer à poser des questions. Ne pas poser de questions est un principe éducatif suédois (du moins, c’est ce qui est écrit dans le livre) cependant il est un peu incompatible avec le métier de commissaire, qui cherche la petite bête sur certains sujets, et n’approfondit pas ce qui concerne ce qu’elle doit faire dans son métier. Voir, par exemple, la page de réflexion qui précède parfois le moindre des appels téléphoniques qu’elle reçoit, ou qu’elle donne.
En conclusion, je dirai que chaque personnage a toujours été seul, que certains ont même volontairement fait le vide autour d’eux pour vivre une histoire d’amour – je n’arrive pas à trouver positif le fait de ne vivre qu’à deux, sans ami, sans autres parents. Et pensons à remercier le coupable qui a eu la gentillesse de se livrer.

7 réflexions sur “Le sixième passager de Theodor Kallifatides

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