Les morts de la Saint-Jean d’Henning Mankell

Présentation de l’éditeur : 

Nuit de la Saint-Jean. Dans une clairière isolée, trois jeunes gens se livrent à d’étranges jeux de rôle. Bientôt, la fête tourne au drame. La peur s’installe dans la région.
L’inspecteur Wallander est assailli par le doute. Pris dans l’enchaînement des découvertes macabres et des rebondissements, parviendra-t-il à mener à bien cette enquête qui s’annonce particulièrement ardue ?

Mon avis : 

Il pourrait débuter ainsi : rien ne se passe. Oui, une mère s’inquiète pour la disparition de sa fille mais elle est la seule. Astrid, tel est le prénom de la jeune fille, et ses amis sont partis en voyage. La preuve, ils envoient des cartes postales. Non, il ne faut vraiment pas s’en faire, même si Eva a des doutes.
Puis, tout s’accélère. A-t-on trouvé des indices ? Non, mais Sveberg, vieux compagnon de route de Wallander, est retrouvé assassiné chez lui. Il enquêtait en cachette sur ses trois disparitions. Y aurait-il un lien avec son assassinat ? Peut-être, à nouveau. Rien n’est facile dans cette enquête dans laquelle les indices, et donc les preuves manquent.
Wallander n’est pas un policier inoxydable. Il vieillit, sa santé chancelle, et il ne lui est pas facile d’admettre qu’il doit se faire soigner contre le diabète dont il commence à être atteint. Il doute, il doute souvent, notamment parce qu’il découvre qu’il ne savait pas grand chose de Svedberg – on a beau être à la fin du XXe siècle dans ce roman, les moeurs libérés de la Suède semblent n’exister qu’à condition d’être libérés et hétérosexuels. Voir à ce sujet la remarque de Martinsson, tancé vertement par Wallander.
Plus qu’un roman policier, Les morts de la Saint-Jean est un roman sur la société suédoise et son évolution pas forcément positive : Il pensa que la société continuerait à se durcir. De plus en plus de gens exclus, de plus en plus de jeunes qui n’auraient en héritage que la certitude d’être inutiles. Les grilles et les trousseaux de clés seraient l’emblème des années à venir.
Il pensa aussi que le métier de policier n’impliquait au fond qu’une seule chose: résister, combattre ces forces négatives.

Ce qui est dit pour la Suède vaut aussi pour la France, et d’autres pays qui semblent bien aller d’un point de vue économique. Ce que nous montre ce roman est la solitude, inexorable, de certaines personnes plus fragiles que d’autres. Il ne s’agit pas de la solitude volontaire d’ermite, non, mais celles de personnes auxquelles l’on n’a pas tendu la main. Autre signe d’inquiétude : l’émergence de sectes, dont les préceptes peuvent faire sourire, mais qui ne laissent pas de surprendre.
Les morts de la Saint-Jean, un roman qui, comme l’enquête, est lent à démarrer, pour finir en un suspens intense.

13 réflexions sur “Les morts de la Saint-Jean d’Henning Mankell

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