Archive | 18 janvier 2018

Sauveur et fils tome 4 de Marie-Aude Murail

Mon résumé : 

Retrouvons Sauveur Saint-Yves, sa famille, ses proches, et ses patients dans la quatrième saison de leurs aventures.

Long préambule : 

Oui, j’ai déjà publié un article aujourd’hui, et alors ? Je caresse depuis quelques semaines l’idée de rédiger un billet d’humeur, sur le fait de bloguer (ou pas), et surtout le fait de bloguer comme je l’entends, peu importe que cela plaise ou pas. Mais rédiger un avis de lecture est quand même plus intéressant que de ressasser des faits qui devraient être une évidence : lire, écrire, bloguer, sont des plaisirs dont j’aurai tort de me priver.

Mon avis :

En refermant ce livre, j’avais sept ans.  Non, ce n’est pas embarrassant. Parce que ce livre parle à tous, que l’on soit enfant, adolescent, adulte, ou que l’on retrouve l’enfant que l’on a été. Et c’est un livre que j’aurai aimé lire enfant, ou plutôt, j’aurai aimé qu’étant enfant, la littérature jeunesse présente de tels livres. Et ce n’est pas parce que je suis adulte que je vais m’interdire de lire des romans de littérature jeunesse. Comme je le disais dans le billet publié ce midi, il est toujours des lecteurs coincés qui se refusent à lire tels ou tels livres pour des raisons pas vraiment littéraires. Je ne vais tout de même pas agir ainsi, non ?

Vous en avez assez de ce préambule et vous attendez que je passe enfin à la critique ? La voici. C’est un vrai plaisir de retrouver Sauveur, ses patients et sa conscience professionnelle. Sauveur ne cède pas à la tentation de la facilité, parce que rien n’est facile pour les hommes, les femmes, les enfants qu’il rencontre. Quant à l’auteur, elle ne choisit pas non plus la facilité. Il est toujours bon de le rappeler : tout ne se résout pas d’un coup de baguette magique. Il est long, le chemin qui mène à soi. Il est difficile de s’avouer à soi-même que l’on souffre, puis de rechercher le pourquoi de ses souffrances.  Nous retrouvons des patients « historiques », que nous suivons depuis le premier tome, et de petits nouveaux font leur apparition. Il ne s’agit pas d’un catalogue des pathologies (ce serait la solution de facilité !), il s’agit du reflet de notre société. Non, tout n’est pas sombre. Pensez, par exemple, aux innovations pédagogiques de madame Dumayet – qui fait tout de travers selon les fameuses normes pédagogiques, mais ce n’est pas grave du tout: Pourquoi on ne se parle pas plus souvent ? s’étonnait madame Dumayet en silence. D’ailleurs, pourquoi avait-elle attendu si longtemps pour laisser parler les élèves . Elle insiste, elle persévère, elle ose, même si elle est à deux doigts de la retraite. J’espère avoir la même énergie au même moment.

Il est également des moments d’humour, des moments où le plus grave côtoie le plus joyeux. Je n’ai pas le coeur à garder un scoop pour moi : pour la première fois dans ce tome, vous verrez non pas un, mais des cochons d’Inde. Vous saurez même presque tout sur eux. Si, si, si. Alors j’espère sincèrement que d’autres saisons seront un jour écrites !

La lettre froissée d’Alice Quinn


Présentation de l’éditeur :
Cannes, printemps 1884
Plus rien ne semble devoir sourire à Miss Gabriella Fletcher : l’aristocrate britannique, déjà déclassée en raison de sa ruine et de ses préférences amoureuses, vient de perdre son emploi en même temps que son amante, et son avenir s’annonce bien sombre. C’est alors qu’elle tombe sur une petite annonce qui pourrait bien devenir sa planche de salut… La voilà gouvernante de Filomena Giglio, dite « Lola » : sa villa « Les Pavots » est dans un état déplorable et ses mœurs sont pour le moins dissolues, mais cette patronne hors du commun n’est pas pour déplaire à Miss Fletcher, loin de là.

Mon avis :

Savez-vous ce qui m’ennuie, en commençant l’écriture de cet avis ? C’est que j’imagine une armée de puristes, de personnes coincées, qui passeront à côté de ce livre parce que l’héroïne est lesbienne, et sa patronne une fille de joie. Oui, ce sont des choses qui arrivent, malencontreusement, non que l’héroïne soit lesbienne, mais que les lecteurs soient coincés.
Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié cette enquête, dans laquelle la légèreté côtoie la noirceur. Etre légère, drôle, paraître bien plus naïve que l’on ne l’est est aussi une manière de survivre dans un monde dur, impitoyable pour celles et ceux qui ne sont pas nés du bon côté des choses, ou qui n’ont pas voulu rentrer dans les conventions de leur milieu. Comment survivre aussi, quand on est entouré de pleutres ou de personnes sures de leur bon droit – les deux allant souvent ensemble.
Miss Gabriella Fletcher est une personne bien née, qui maîtrise les codes de la bonne société, elle apporte donc son aide à Lola qui elle, maitrise un tout autre domaine. Elles échouent toutes deux, cependant, à venir en aide à Clara, qui avait choisi une tout autre voie que celle de son amie d’enfance Lola. Le travail acharné, l’aide à sa mère et à ses petits frères ne l’ont pas empêché de se faire assassiner. Qui, pourquoi ? Il faudra beaucoup d’efforts, de finesses, de persévérances pour résoudre cette enquête que peu de personnes souhaitent voir aboutir. Surtout, Gabriella et Lola, aidées par Maupassant (il est parfois besoin, surtout à cette époque, d’avoir un homme à ses côtés), enquêtent sur une autre affaire, qui passe encore plus inaperçue : qui se soucient du sort d’orphelines, exploitées par ceux qui sont censés prendre soin d’eux. Pour moi qui m’intéresse à ce sujet (voir ce qui se passait pas très loin du lieu où j’habite, à la même époque), je ne suis pas ravie de ce qu se passait, je suis ravie que quelqu’un en parle.
Ma critique est un peu courte ? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas lire ma critique qui compte, c’est lire le livre !