Archive | 17 janvier 2018

Celle qui racontait des histoires d’amour de Friedrich Christian Delius

 

Présentation de l’éditeur (extraits) : 

Marie, mère de famille et écrivain, s’échappe au bord de la mer du Nord et entreprend un voyage de cinq jours et un siècle à travers trois époques, trois guerres, trois histoires d’amour.

Merci à Netgalley et aux éditions Fayard pour ce partenariat.

Mon avis : 

Grâce à Marie, le personnage principal, la « voix » qui nous guide dans ce roman, nous faisons un voyage à travers le passé de l’Allemagne. Il est toujours intéressant, surprenant, de voir la guerre, la première et la seconde guerre mondiale, par ceux qui furent nos adversaires.
Marie parle peu d’elle, mais elle fixe son désir d’écrire, au milieu de personnes qui ne le comprennent pas vraiment, parce qu’il s’agit du passé, parce qu’il s’agit d’histoires d’amour qui ne regardent, selon son frère et son mari, personne. Marie fait tout de même état de sa pauvreté relative, elle qui dut, pour subvenir aux besoins de sa famille, accomplir un travail alimentaire dont elle est maintenant, âge des enfants oblige, libérée, ce qui lui permet enfin de donner libre court à son désir de raconter ces trois histoires d’amour hors norme qui touche à sa famille.
Elle est issue d’une famille dans laquelle il a toujours été inculqué aux enfants de réprimer leurs émotions. « Ravaler ses larmes » est un leitmotiv. Quels résultats ? Les parents sont comme des inconnus pour leurs enfants, par leur destin qui défie la norme. Du coup, Marie s’évade en se tournant vers ces amours passées, y compris celui de ses aristocratiques parents, qui s’unirent de façon très réglementaire. Elle avait été fiancé au frère aîné, décédé. Les morts étaient nombreuses en tant de guerre, elles étaient accueillies avec stoïcisme, semble-t-il. Il faut dire que les allemands étaient sûrs de la victoire – ou cherchaient déjà des responsables à la défaite.
Ecrire pour montrer les émotion masquées, qui conduisirent ce père, dont les enfants se préparent à fêter l’anniversaire, à être victime d’un stress post-traumatique et le firent quitter le service de l’empereur pour le service de Dieu.
Le périple de Marie, ces différentes découvertes, sont aussi le moyen pour elle de définir ce qu’elle désire pour les années à venir. On peut aimer, et choisir de ne pas vivre, de ne plus vivre cet amour. On peut aussi fermer les yeux sur certaines choses, pour le vivre.
Celle qui racontait des histoires d’amour est un roman d’amour contemporain et historique.

Quand vient la vague de Jean-Christophe Tixier et Manon Fargetton

Présentation de l’éditeur :

Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis :

Chère Nina

j’aurai pu dire « chère homonyme » mais ce ne serait pas juste. Tu es un personnage de roman, qui a vingt ans de moins que moi. Bien que tu aies 17 ans, tu es très sérieuse quand tu abandonnes tes parents et ton frère. Au moment où s’ouvre le roman, tu as disparu depuis presque un an, tu es presque majeur si bien que les recherches seront bientôt abandonnées, elles qui sont déjà fortement ralenties.
Nina, j’ai préféré ton frère à toi. Tu as bien raison de dire que vous vivez dans deux mondes différents, parce que lui ne réagit. Il n’y a pas de « heureusement », ou de « malheureusement ». Clément maintient les liens, il essaie du moins, il n’abandonne pas.
Bien sûr, revient la question de l’intransigeance. On dit toujours que les jeunes le sont, et qu’en vieillissant, on devient plus tolérant. Cliché. Tu es intransigeante, ce n’est pas seulement ton caractère mais aussi le fruit de ton éducation, des préceptes que tes parents t’ont inculqué, ou seriné, cela dépend du point de vue.
Sais-tu que tu es un peu égoïste ? Tu es tellement blessée par la réalité que tu découvres que tu ne supportes plus aucun rappel de ton passé, même Clément, tu penses qu’il vit très bien sans toi. Finalement, tu n’es pas si différente de tes parents que tu ne le penses bien que tu essaies d’aller au bout de tes principes, dans ton monde.
Pourtant, Clément lui aussi prend ses distances vis à vis de vos parents, de façon moins radicale que toi il est vrai. Ceux-ci se trouvent presque effacés du récit, les laissant à leur histoire d’adultes, qui a inclus votre naissance et votre éducation. Ils vont ont renvoyés une image d’eux-mêmes qui ne correspondaient pas à la vérité, ils vous ont déçus : découvrir que ses parents sont aussi des hommes et des femmes ordinaires n’est pas facile, surtout quand ils ont été placés, par leur propre soin, très haut. A toi, à Clément, de devenir adultes tout en restant fidèles à vos convictions. Je pense que pour vous deux, pour les chemins que vous avez choisis, c’est plutôt bien partis.

@bientôt

Nina.