Archive | 7 janvier 2018

Frappe-toi le coeur d’Amélie Nothomb

Présentation de l’éditeur : 

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Mon avis :

J’ai l’impression que je vais passer plus de temps à rédiger cet avis qu’à lire le livre (quand je vous dis que j’ai des bouffées d’optimisme).
Ce livre est difficile à cerner, parce qu’il tranche avec les livres précédents de l’auteur. Il traite ici des relations mère/fille, sous un angle que certains, ceux qui vivent au pays des Bisounours, ne veulent pas voir. Oui, une mère, narcissique, peut être jalouse de sa fille parce que certains la jugent plus belle, plus intelligente que sa fille. Oui, une mère peut mépriser sa fille, parce qu’elle n’est pas aussi brillante qu’elle l’aurait aimé, ou parce qu’elle l’a eu pour de mauvaises raisons.  Je parle ici de la pression sociale qui veut qu’une femme devienne mère, afin de prouver qu’elle n’a pas sacrifié sa vie « de femme » à sa carrière – et tant pis pour l’enfant négligé, pas vraiment voulu.
Au tout début, nous suivons Marie, puis Diane, sa fille aînée et mal aimée. Nous sommes littéralement dans la tête, dans les pensées les plus intimes de cette petite fille qui, comme tous les enfants, adore sa mère, qui ne le lui rend pas. Peut-être Diane est-elle un peu trop mûre pour une enfant si jeune. Peut-être, plus tard, se cherchera-t-elle une mère de substitution, une femme qui, finalement, sera pire que sa mère.
Si Diane est mal aimée, Célia, sa petite soeur, est trop aimée – seul le frère est aimé suffisamment mais pas trop, peut-être parce qu’il est un garçon, non une possible rivale. Amélie Nothomb questionne beaucoup, sans apporter de réponses – au lecteur de le faire. J’ai cependant une impression d’inachevé, parce que le roman, comme tous ceux d’Amélie Nothomb, est court. Et si Diane réussit de manière exemplaire dans sa vie – ce qui n’était pas gagné, ce n’est pas le cas de toutes. J’aurai aimé en savoir plus sur le devenir de sa soeur, de sa nièce, ou même sur le parcours, finalement assez classique, de sa meilleure amie Elisabeth.
Vient le « problème » du dénouement, abrupt comme souvent. Il questionne, lui aussi, toujours. Et fait regretter qu’une suite n’existe pas.

 

 

Publicités