Archive | 4 janvier 2018

La fille du van de Ludovic Ninet

Présentation de l’éditeur :

La jeune et rousse Sonja, traumatisée par son expérience d’infirmière militaire en Afghanistan, a rompu tout contact avec sa famille. Fuyant son passé et luttant contre ses cauchemars, elle se déplace et dort dans un van. Elle erre dans le sud de la France tout en enchaînant des petits boulots. Echouée à Mèze, elle rencontre Pierre, ancien champion olympique de saut à la perche, homme aux rêves brisés reconverti dans la vente de poulets rôtis. Puis se lie d’amitié avec Sabine, ex-comédienne devenue caissière de supermarché et avec Abbes, fils de harki au casier judiciaire bien rempli.

Mon avis : 

Quand j’étais enfant, puis adolescente, je lisais très souvent des romans qui ne dépassaient pas les deux cents pages, ce qui me permettait de les lire en deux heures, montre en main, ou plutôt, oeil sur le réveil matin : oui, je me chronométrais. Il n’y a pas de mal à écrire des romans qui ne dépassent pas les deux cents pages, il en est de très bons – voir la quasi totalité de l’oeuvre de Colette, ou plus récemment, Récit d’un avocat d’Antoine Bréa. Seulement, depuis quelques temps, je lis des romans courts, et je garde une impression d’inachevée.

Ce roman ne fait pas exception. Déjà, j’ai failli le refermer au bout de quelques pages, tant la description de Sonja m’avait agacé. J’en ai un peu assez de ces descriptions qui montrent des femmes au physique forcément sublime. J’ai attendu un peu, et j’ai repris la lecture. J’ai même cru à un moment que j’accrocherai réellement, quand Sonja et Pierre se portent au secours d’Abbes, l’ami, le fils de harki, celui dont l’existence a été fortement chaotique. C’est lui qui m’a paru le plus attachant, peut-être parce que j’ai beaucoup aimé L’art de perdre d’Alice Zeniter, qui parle également des harkis et de leur devenir, en France.

Mais les regrets continuent… Sonja donne son nom, ou plutôt son surnom au roman. Elle est une « fille », pas une femme, pas une épouse, pas une mère, pas une infirmière qui est revenue traumatisée par ce qu’elle a vécu en Afghanistan, traumatisme qu’elle n’a pu surmonter. D’ailleurs, je me suis posée la question du suivi de ceux qui ont un syndrome de stress post-traumatique de cette ampleur. L’armée française ne fait peut-être rien, à moins que ce ne soit Sonja qui ait préféré prendre la fuite, elle qui ne parvenait plus à s’occuper de son fils. Note : elle avait déjà du mal avant, elle qui ne parvenait pas à avoir un second enfant et ne ressentait plus grand chose pour celui qui était en face d’elle. Il y avait là matière à creuser. Il y a toujours matière à creuser.

Mais les deux personnages que j’ai vraiment trouvé sacrifiés sont Pierre et Sabine. Pierre s’éclipse trop vite du récit après avoir trouvé un semblant de bonheur, d’union avec Sonja. Quant à Sabine, elle est avant tout une faire valoir de Sonja à mes yeux, le lecteur ne sait pas grand chose sur elle, elle n’existe que par et pour Sonja, et disparaît quand celle-ci ne semble pas avoir besoin d’elle – dans le récit. Surtout, l’on apprend à la fin du livre que Pierre a eu un modèle bien réel, un ancien champion olympique qui s’est suicidé. Peut-être ce sportif méritait une biographie complète plutôt que la portion congrue d’un roman.

La fille du van est un premier roman qui ne m’a pas réellement plu mais qui a dû trouver son public.

 

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