Archive | décembre 2017

Astérix, tome 37 : Astérix et la transitalique

Présentation de l’éditeur :

N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire ! Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions. Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Mon avis :

J’ai aimé retrouver Astérix, Obélix et Idéfix, parce que le dernier album (par ordre chronologique de parution) que j’avais lu se trouve être Astérix chez Rahazade dont je ne garde pas un immense souvenir. Cependant, cet album m’a beaucoup fait penser au Tour de Gaule – en moins bien- ou au douze travaux d’Astérix – qui n’en comporterait qu’un seul, celui de remporter une course. Ce tome 37 contient beaucoup de jeux de mots, beaucoup trop au point que j’ai eu l’impression que c’était quasiment la seule chose qui comptait. Peut-être aussi parce que je n’ai pas aimé le nom du principal « adversaire », le conducteur de char Coronavirus caché sous son mystérieux masque. L’intrigue est un peu trop simple à mon goût – le conducteur de char masqué aurait mérité mieux, même si certains fans n’ont sans doute pas été déçus par le coup de théâtre auquel je m’attendais un peu.
Oui, ce tome 37 s’inscrit dans notre époque – et la critique sur l’état des routes pourrait presque prendre place aujourd’hui, de même que l’importance de la publicité.
En dépit de tous mes reproches, ce tome ne fut pas désagréable à lire, loin de là, mais il n’est pas inoubliable.

Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Présentation de l’éditeur :

Une plongée suffocante dans les entrailles pourrissantes de Détroit, devenue cimetière de buildings Novembre 1998. Le corps du petit Peter est découvert dans un buisson de Palmer Park. Il a été enlevé, étranglé puis déposé là par un homme dont la taille, d’après les rares indices récoltés, dépasse de loin celle du commun des mortels. L’enquête est confiée à l’inspecteur Stan Mitchell, alias « le Molosse », un flic violent banni de Washington et exilé à Détroit, cette cité géante autrefois gloire de l’industrie automobile devenue capitale du crime et qui, chaque jour, sombre un peu plus dans la décrépitude. Bientôt, les enlèvements se multiplient et la presse commence à parler du « Géant de brume », croquemitaine terrifiant dévoreur d’enfants décrit par un témoin anonyme. Et tandis que la police patine, que Détroit se vide de ses habitants, Mitchell s’enfonce toujours un peu plus dans l’alcool et la solitude… L’affaire lui est retirée puis, avec le temps, à l’image des maisons de Détroit, abandonnée et oubliée. Quinze ans plus tard, les disparitions recommencent.

Mon avis : 

J’irai droit au but : j’ai dévoré ce livre.
Le personnage principal est la ville de Détroit, dont l’ambiance est magnifiquement rendue. La ville de Détroit, qui ne nourrit plus les siens, qui n’offrent plus de toits à ses habitants – des maisons, comme des fantômes. Ses enfants disparaissent, et la police est impuissante à retrouver le coupable. Des enfants disparaissent, et parfois, les parents ne s’en préoccupent pas, ou tardent à prévenir la police. Désintérêt, perte de confiance. Détroit n’est plus que l’ombre d’elle-même et ne retrouvera pas sa splendeur passée.
Stan vit depuis des années avec les visages de ses enfants décédés. L’affaire avait quasiment été oublié de tous, jusqu’à ce que le tueur resurgisse. Stan et Sarah, policière à la vie personnelle catastrophique, se retrouvent à faire équipe bien malgré elle – Stan ne demande qu’une chose, après tout, enquêter, et il a déjà perdu tellement à cause de cette enquête qu’il lui faut, vraiment, d’autres policiers capables de travailler autant que lui. Pas de s’investir, non – il a payé assez cher ses mois d’enquêtes.
La construction narrative est particulièrement réussie. Oui, l’auteur revient fréquemment en arrière, pourtant à aucun moment le lecteur ne se sent perdu, tant le récit est tissé avec soin.
Un vrai plaisir de lecture pour les amateurs de romans policiers et de romans noirs.

Journal d’un vampire tome 3 de Lisa Jane Smith

Présentation de l’éditeur : 

Revenue à la vie, Elena n’est plus une simple humaine. Dans ses veines coule désormais une force qui la rend irrésistible aux yeux de tout être malveillant. Pour protéger celle qu’il aime, Stefan le sait, il leur faut fuir Fell’s Church : une créature maléfique y provoque d’étranges phénomènes… Damon, le frère de Stefan, traqueur maintenant traqué, ne tarde pas à en découvrir la source : Shinichi. Esprit diabolique et polymorphe, ce kitsune des légendes japonaises est venu avec sa jumelle Misao dans l’unique but de détruire la ville.

Mon avis :

Je ne vais pas à nouveau vous expliquer à quel point mon avis ne plaira pas aux fans de la série. Je l’avais déjà dit pour le tome 2, mais là, pour le 3, écrit bien des années après, c’est pire.
Ce tome 3 est totalement indigeste. Elena est devenue… En fait, elle est devenue tellement de choses que je ne sais plus très bien qui elle est. Je ne crois pas d’ailleurs qu’elle-même le sache très bien. Par contre, elle est d’une incroyable naïveté, comme presque toutes les jeunes filles américaines qui se respectent, même si elles fréquentent activement des vampires et autres créatures un peu bizarres. Meredith et Bonnie sont toujours ses meilleures amies, elles sont simplement devenues un peu plus fades. Caroline reste antipathique et hors du temps. D’autres personnages viennent s’ajouter et restent pourtant secondaires à mes yeux. C’est un peu comme si l’on avait ajouté de nouveaux ingrédients à un ensemble déjà disparate.
Ce n’est pas que les nouvelles thématiques ne soient pas intéressantes, non, c’est simplement que la forêt envoûtée, les kitsune ne sont pas assez développés/exploités à mon goût.
Un livre pour les fans – et pour eux seulement.

La maion dans les bois d’Inga Moore

Présentation de l’éditeur :

Dans une tanière au fond des bois habitait Suzie Truie. Juste à côté, dans une petite hutte, vivait Simon Cochon. Un jour, en rentrant de promenade, ils découvrent que l’ours et l’élan ont voulu emménager chez eux. Leurs maisons sont écrabouillées ! Ils décident alors de construire une maison où ils pourraient vivre tous ensemble. Vincent Élan téléphone à l’équipe des Castors…

Mon avis :

Si vous ne connaissez pas Inga Moore, je vous recommande fortement de découvrir ses oeuvres, qui sont véritablement très belles. Je les découvre à l’âge adulte, je suis certaine que je les aurais adorées enfant, et qu’elles auraient vraiment éveillé mon imagination, tant ces illustrations sont précises soignées, colorées sans pour autant être vives au point de gêner l’oeil.
On parle beaucoup du vivre ensemble, actuellement, et bien cet album l’illustre déjà, alors qu’il est paru en 2012. Suzie et Simon vivent tous les deux dans la forêt. Malencontreusement, deux autres habitants des bois viennent et aplatissent/démolissent très légèrement, enfin, complètement leurs habitations respectives. Se mettront-ils en colère ? Et bien, non. Ils décident plutôt de vivre ensemble et de se faire construire une vraie maison, par la grâce d’une équipe de constructeurs particulièrement chevronnés, qui seront payés exactement comme ils l’avaient demandé.
Une jolie histoire à partager.

Summer de Monica Sabolo

Présentation de l’éditeur : 

Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

Mon avis : 

Livre lu et pas vraiment aimé. Je crois que ces quelques mots résument à eux seuls assez bien la situation.
Pourtant, les premiers chapitres m’avaient plutôt intéressés. Benjamin, vingt cinq ans après la disparition de sa soeur aînée, au prénom si étonnant pour le milieu dont elle est issue (la très haute bourgeoisie) ne se remet pas de ne pas savoir ce que la jeune fille est devenue. Il entre en dépression. Il consulte un nouveau psy, qui ne donnait pas du tout sa famille, ni son histoire.
La famille, finalement, est très classique puisqu’elle est incapable de véritablement parler. Benjamin ? Une source de déception pour ses parents, et ce, dès sa naissance, il n’était pas aussi beau, pas aussi brillant que sa soeur. Il n’a pas reçu l’amour, la tendresse qu’il aurait dû avoir – mais sa soeur les a-t-elle vraiment reçus ? Oui, nous sommes bien dans les plus hautes couches de la société, où tout est dans le paraître, où la conversation est forcément mondaine, menteuse, creuse et vide de dense. Rien de ce qui est essentiel n’est réellement dit. Et, pour le dire, encore faudrait-il qu’il y ait, en face, des personnes qui aient envie d’entendre, de savoir.
Ce livre n’est pas le récit d’une enquête sur une disparition, il n’est pas non plus le récit de survivants. Il est l’expression du grand mal être du narrateur, qui développe à satiété le motif de l’eau, de la noyade, sans qu’il parvienne à comprendre pourquoi il ressasse ce motif. J’ai trouvé que ces passages n’étaient pas les plus réussis du roman, ils semblaient particulièrement décalés par rapport à l’ensemble.
Sans trop vouloir en dévoiler, j’ai eu tout de même une sensation de gâchis en refermant ce livre.

Les petites reines de Clémentine Beauvais

Présentation de l’éditeur :

« On les a élues «Boudins de l’année» sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses «boudinettes». Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines ! ! !  »

Mon avis :

Les petites reines est un roman qui fait du bien, alors qu’il aborde des thèmes graves. Je me demande d’ailleurs pourquoi les professeurs de ce bel établissement où Mireille est scolarisée ne réagissent pas davantage quand ils entendent ou voient les horreurs qui sont proférées. Je me croyais trente ans en arrière, alors que nous sommes à l’époque contemporaine. Saluts distingués à l’ensemble du personnel de mon établissement, qui ne considère pas ces problèmes à la légère – eux.
Quel est le pire, s’arroger le droit de décerner les titres de « boudin », ou être traitées ainsi et penser le mériter, puis tout faire pour tenter de rentrer dans la norme ? Mireille, qui a perdu son titre de boudin d’or est à ce titre exemplaire puisqu’elle s’approprie ce titre – et oui, ce n’est pas une marque déposée – pour en faire totalement autre chose, loin, très loin des idées reçues.
Elle est l’élément moteur du trio – au début. Au cours de leur chemin, Astrid, autre « boudinette », s’affirmera de plus en plus, sans pour autant perdre de son allant, de son courage. Oui, aller à Paris en vélo, vendre des boudins n’est pas facile dans la réalité, même sous la tutelle bienveillante du Soleil, frère aîné d’Hakima, la plus jeune membre de ce trio. Lui-même, d’ailleurs, infirme depuis une opération militaire, ne manque pas de panache :

– Tu ne peux pas être responsable de trois jeunes filles, murmure son père.
– Pourquoi, tu penses que c’est plus difficile que d’être responsable de dix soldats ? rigole le Soleil.
Puis il étouffe une sorte de sanglots :
– Quoique, c’est vrai que sous ma responsabilité, ils sont tous été tués. T’as sans doute raison, Papa.

Ce qui est frappant aussi, dans ce récit, est la différence entre les personnes qui les accueillent tout au long de leur parcours, et le déchaînement d’injures, de grossièreté, sur les réseaux sociaux – qui ne le sont pas tant que cela, social. Ce n’est pas une dénonciation, c’est une démonstration par l’exemple.  C’est presque le dictionnaire des idées reçues que doivent affronter les quatre mousquetaires – qui sont bien quatre :

Qui sont ces gens ? Le mystère reste entier. Y a-t-il des personnes qui existent, qui vivent, qui mangent, qui rien et qui dansent, derrière ces ahurissantes insultes ? 

Alors oui, ce livre contient beaucoup d’humour, parce qu’il en faut pour être Mireille ou Astrid au quotidien. Il en faut, surtout quand on n’aime pas son corps mais qu’il faut bien vivre avec – elles n’en ont qu’un. Mention spécial pour la blogueuse Simone de Gouges et sa parfaite définition de leur harceleur.

Pour moi, ce livre est à faire découvrir à tous les jeunes lecteurs – garçons, filles, sans distinction. Et, pour terminer, ce conseil de « Tata Mireille » : prends les insultes qu’on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec.

Mère disparue de Joyce Carol Oates

éditions Points – 514 pages.

Présentation de l’éditeur :

Elle est allongée sur le sol du garage.
Inerte. Ses jolis vêtements sont imprégnés de sang. Épouvantée, Nikki secoue sa mère. En vain. Devant ce corps déjà froid, elle doit se rendre à l’évidence : on l’a assassinée. Pour la retenir encore un peu, Nikki enquête auprès de ses proches, ose les questions qu’elle n’a pas eu le temps de poser. Les réponses ont un parfum de révélations…

Mon avis :

Ce livre est le récit d’un fait divers ordinaire ou presque aux Etats-Unis : une femme a été tuée par un petit délinquant qui est devenu ainsi un meurtrier. « Ordinaire », si ce n’est que cette femme était une mère, comme les autres aussi dira-t-on, mais elle est racontée ici par Nikki, sa fille cadette. C’est elle qui a trouvé le corps, c’est elle qui est le premier témoin et qui va enquêter ensuite, non pour trouver le meurtrier, mais pour en savoir plus sur sa mère.
Nikki, c’était la fille rebelle, celle qui, journaliste, ne fait rien comme tout le monde, ne rentre pas dans le rang et entretient une liaison avec un homme séparé de sa femme qui, lui promet-il, divorcera officiellement bientôt. Mais…. il faut du temps, ses enfants ont besoin de lui, sa femme a besoin de lui. Cet homme, pour charismatique qu’il soit, avait été jugé sévèrement par la mère de Nikki, au grand dam de sa fille. Clare, la fille aînée, est celle qui est davantage dans la norme et dans la morale : mariée, deux enfants, tout semble bien allée pour elle. Perdre leur mère aura des conséquences pour l’une comme pour l’autre.
Non, ce n’est pas non plus une histoire de « la femme qu’était Gwendolyn avant de devenir leur mère ». C’est plutôt l’histoire de la fille qu’elle a été, des relations qu’elle a eu avec sa propre mère avant de devenir mère à son tour. C’est l’histoire d’une jeune fille qui fut entourée de personnes très croyantes, pour ne pas dire trop croyante : quand la foi écarte des autres humains, ce n’est pas une très bonne chose.
Mère disparue, c’est l’histoire de la première année de vie de Nikki sans sa mère. C’est la douleur de revivre sa mort à travers son témoignage, c’est la volonté aussi que son meurtrier ne soit pas condamné à mort, parce que sa mère ne l’aurait pas voulu ainsi.

 

Du poison dans les veines d’Alfred Lenglet

Présentation de l’éditeur :

Mâcon. Le corps de Paul Humbert, un notable local, propriétaire d’un grand domaine viticole, est retrouvé dans la Saône après une partie de pêche. À la surprise générale, l’autopsie révèle un empoisonnement à l’aconitum napellus, une substance toxique aux effets foudroyants.
Pour Léa Ribaucourt, jeune lieutenant de police, l’enquête s’annonce délicate. Son supérieur, le commissaire Figari, subit la pression des autorités qui veulent éviter tout scandale. La victime, séducteur impénitent, dur en affaires, à l’ambition démesurée, collectionnait les inimitiés. Malgré son tact, Léa se heurte à une véritable conspiration du silence.

Traces de lecture :

Livre lu cet été, et depuis, je cherche un second livre à lire de cet auteur : le test du second livre est très important, parfois, cela rate (je garde les titres pour moi), le plus souvent, c’est une réussite – voir Sébastien Lepetit ou Elly Griffiths.
Mon souvenir ? Une lecture agréable, peut-être un peu entachée par la place donnée à la procédure. Oui, l’enquêtrice rappelle souvent qu’elle ne peut rien dire – et il est vrai qu’elle ne révèle rien, à ceux qui la questionnent, de l’enquête en cours. A force d’être gavé d’informations, l’on oublie trop souvent qu’une enquête se déroule nettement mieux si des informations ne s’échappent pas.  Puis, l’on ne peut pas être policière 24 heures sur 24.
Le profil de la victime est intéressant. Si d’un côté il paraît imbuvable, il faut bien reconnaître que, de l’autre, il savait prendre ses responsabilités. Mais ce n’était pas des zones d’ombre qu’il avait dans sa vie, c’est une éclipse totale. Et oui, le milieu viticole est tout sauf tendre. Vous en doutiez ?
Un roman agréable à lire, une enquêtrice attachante, tout comme son équipier.

Midgard, le réveil de l’avatar d’Arnaud Laplace

Présentation de l’éditeur :

700 ans après un Cataclysme qui changera complètement notre Monde, nous suivons les périples du jeune Alzâck Hawk, habitant de la Ligue puis kidnappé par l’Empire, amnésique depuis ses 2 ans. Ce garçon de 14 ans sort de l’ordinaire : alors que les Humains ont acquis la magie dans ce futur, il est le seul à ne pas en avoir. Cependant craint et respecté de tous, il est le meilleur Stratège d’Utopia.
Alors qu’il œuvre, épaulé par ses amis, dans le but d’accomplir son rêve et de voguer sur son propre navire astral malgré son mal des transports, plusieurs événements viennent bousculer les tensions entre les trois factions d’Utopia et menacent la paix pourtant déjà si fragile. Alzâck s’éveille alors en tant qu’Avatar, surpuissant et mystérieux, alors qu’à l’Empire, ces êtres sont mal vus et bannis depuis des années.
Depuis l’antiquité, l’Homme n’a fait qu’erreur sur erreur. Les Dieux des anciennes mythologies se réveillent. Vont-ils une bonne fois pour toutes punir l’être Humain, ou un espoir est encore possible… ?

Merci à l’auteur, Arnaud Laplace, et au forum Partage-Lecture pour ce partenariat.

Mon avis : 

Le réveil de l’Avatar est le premier tome d’une saga de Fantasy, aux influences très larges, telles Kaamelott ou les jeux video.
Alzâck est le personnage principal, qui devient parfois aussi narrateur – les changements de narration, de même que la construction des chapitres, font partie des éléments qui rendent ce récit très rythmé. Alzâck, nous le découvrons à deux ans, alors que l’Empire était prêt à tout pour le kidnapper. Nous le retrouvons à l’adolescence, avec une famille adoptive aimante. Il est un être paradoxal puisqu’il est le meilleur Stratège qui soit, tout en ne pouvant se rendre sur un vaisseau. Le meilleur, oui, mais il doit poursuivre ses études, passer ses examens comme tout élève qui se respecte pour obtenir la situation qu’il désire : corsaire.
Les péripéties se succèdent sans temps mort, presque sans transition. Il faut vraiment bien s’accrocher au récit pour être sûr de ne rien manquer, aussi ce texte devrait plaire à des lecteurs plus jeunes que moi.
Ma partie préférée est celle qui se déroule en Roumania, elle permet au héros d’en savoir un peu plus sur ses origines, ses capacités, de parfaire son apprentissage des runes. J’ai moins aimé le récit des examens de fin d’année, un grand classique des romans qui se déroulent (même partiellement) dans une école magique. Mon personnage préféré est le petit Maxime, qui me semble très prometteur. Je n’ai garde d’oublier Gregory, petit génie des nouvelles technologies.
Je vais d’ors et déjà acquérir la suite.

Une voix dans l’ombre d’Andrea Camilleri

Edition Fleuve noir – 248 pages.

Présentation de l’éditeur :

Rude journée pour le commissaire Montalbano : d’abord agressé dans sa cuisine par un poulpe haineux, il l’est ensuite dans sa voiture, à coups de clé à molette, par un jeune chauffard. Étrange coïncidence, la compagne de son agresseur est retrouvée assassinée peu après.

Mon avis :

Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux an-ni-ver-saire Salvo ! Joyeux anniversaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaire ! Oui, en cette journée qui commence mal, qui continue mal, et se termine pas très bien, Salvo fête ses 58 ans. Il a tout sauf envie qu’on le lui rappelle, et bien sûr, c’est Livia, sa fiancée de très longue date, qui ouvre le bal, et ne fait que reprendre le cour de leurs incessantes disputes (voir, à ce sujet et au sujet du vieillissement, la courte postface signée Andrea Camilleri).
Tout commençait pourtant par un banal cambriolage, bref, pas de quoi commencer sa journée au commissariat de manière si douloureuse que cela. Si ce n’est que le supermarché cambriolé n’aurait jamais dû l’être – personne ne se frotterait à ses véritables propriétaires – et que le directeur est particulièrement nerveux. Montalbano doit intervenir, lui qui a déjà subi une agression en bonne et due forme le matin même. Il reverra d’ailleurs très vite son agresseur, libéré pour cause de richesse et puissance du papa, et aussi du fait que son agressivité ou sa nervosité (nommez-la comme vous voulez) est son état habituel. Un meurtre a été commis, puis un autre et encore un autre. On se croirait presque au temps où la Mafia passait son temps à régler des comptes, d’un camp à l’autre, si ce n’est que nous sommes au coeur des années Berlusconi. Les années passent, la corruption reste, règne. Enquêter, que l’on soit policier, juge ou journaliste est difficile : une mutation, un mauvais procès est si vite arrivé.
Il est presque nouveau, pour Salvo, de respecter la loi au pied de la lettre, sans presque chercher à accélérer les choses en utilisant des méthodes pas toujours très légales. Ne surtout pas donner de prises à ses adversaires, eux qui ont réussi à mettre le Questeur dans tous ses états – la scène de la dispute avec Montalbano est d’ailleurs fort comique. Oui, Salvo peut compter sur ses hommes, mais il ne veut pas qu’ils prennent trop de risque pour lui. La Justice ? Plus tard, vous repasserez, merci, puisqu’après l’enquête, se tient le procès, et un bon avocat peut démonter bien des témoignages, même un rapport de médecin légiste.
Désespérant, cet opus ? Oui et non. Les victimes n’ont pas vraiment toute l’attention nécessaire. Il faut un coupable, et tant pis si ce n’est pas le coupable – tant pis aussi s’il n’y est pour rien. D’autres préfèrent des méthodes expéditives pour ne pas avoir à répondre de leurs actes. Un peu plus, comme le soulignent les réminiscences de Montalbano, et on se croirait à Chicago, au temps de la prohibition.
Une voix dans l’ombre est comme un opus hors de la chronologie des enquêtes de Montalbano, après le choc de l’oeuvre précédente. Pas une parodie, non, mais un roman dans lequel toute la palette de couleur qui compose l’univers de cette petite ville de Sicile semble réunie dans ses nuances les plus brillantes et dépeigne jusqu’à l’excès tous les conflits que peuvent engendrer la corruption quasiment institutionnalisée.