Archive | 29 décembre 2017

Récit d’un avocat d’Antoine Bréa

Présentation de l’éditeur :

En 1996, la cour d’assises du Jura condamne deux réfugiés kurdes, Ahmet A. et Unwer K., à trente ans de prison pour l’un, à la réclusion à perpétuité pour l’autre, pour faits de viol aggravé, assassinat en concomitance, tortures et actes de barbarie sur la personne d’Annie B., une jeune aide-soignante. Seize ans plus tard, le narrateur, jeune avocat souffreteux, se voit chargé par une vieille amie de porter assistance à  » ce pauvre Ahmet  » qui purge toujours sa peine à la prison de Clairvaux. Celui-ci craint d’être expulsé vers la Turquie après sa libération, ce qui selon lui le condamnerait à une mort certaine. Pas tout à fait sûr de ce qu’on exige de lui, notre narrateur prend connaissance du dossier, sans savoir qu’il met ainsi le pied dans une affaire qui va très vite le dépasser.

Mon avis: 

J’ai beaucoup aimé ce livre, court et dense.
Nous sommes littéralement dans la tête d’un jeune avocat pas très bon, pas vraiment bardé de conviction, un avocat routinier qui se retrouve par hasard sur une affaire qui le dépasse. Non, ne vous attendez pas à le voir se battre pour obtenir la réhabilitation d’un homme condamné à tort – les coupables le sont. Le crime a été sordide et si ce « pauvre Ahmet » est un détenu modèle, il n’est pas vraiment bourrelé de remords.
Ne vous attendez pas non plus à ce qu’il milite pour la sauvegarde d’un homme qui risque gros s’il retourne dans son pays. Non, rien d’héroïque chez notre narrateur, même s’il est attachant par son incapacité à habiter sa fonction d’avocat autrement qu’en étant un gratte-papier. Il est d’ailleurs véritablement fait pour ce que l’ancienne haute magistrate attend de lui, faire des démarches, déposer les recours, se heurter à l’administration afin qu’Ahmet ne soit pas expulqer.
Il n’est pas idiot cependant, il est seulement influençable et se retrouve à faire des choses qui auront des conséquences graves. Il est toujours des conséquences graves, me direz-vous. Exact. Seulement, tout comme le narrateur, je ne connais pas grand chose à la politique en Turquie, à ce qui se passe dans les endroits les plus isolés du pays. Il en apprendra (un peu)  à ses dépends.
Quant à la morale, au happy end… Il faut bien garder à l’esprit que l’on est dans un roman noir. Pourle rose, vous repasserez.

Survivre de Frederika Amelia Finkelstein

Présentation de l’éditeur :

«Le soir du 13 novembre, j’ai compris que la guerre pouvait éclater en bas de chez moi – une forme inouïe de guerre. La peur et la méfiance sont devenues normales : je vis en attendant le prochain attentat.
Le soir du 13 novembre, ma génération s’en est prise à elle-même : les assassins avaient le même âge que les assassinés.
Survivre est un hommage à cette génération, née avec les écrans, ultraconnectée, et pourtant en proie à une immense solitude.
Nous voulons être libres : parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.»

Mon avis :

Bof.
Mon avis en un mot, comme le titre.
Ou comment manquer de motivation pour rédiger un avis.
Je me suis forcée à le lire en entier, bien qu’il soit fort court. Je voulais savoir où l’héroïne voulait en venir et…. bof (oui, je reste très constructive). J’ai même failli rédiger mon avis sous forme de lettres mais je me suis dit que je n’avais rien à dire à cette chère Ava.
Je serai donc plus formelle. Ce récit se déroule sur un court laps de temps, la narration est à la première personne, la focalisation est uniquement sur elle.
Très marquée par les attentats du Bataclan, chômeuse depuis peu malgré ses études, Ava gère ses angoisses en se tenant au courant de tous les attentats, meurtres, massacres, éventuellement suicide spectaculaire pour lesquels elle reçoit des alertes sur son portable. Elle se renseigne également sur tous les massacres passés, elle lit, voire apprend le nom des morts, cherche même des informations très précises sur la façon dont ils ont été tués. Elle décrit sans émotion ce qu’elle voit – photo, video. Oui, en lisant cela, j’ai pris une large distance avec elle. Je me suis demandée si l’auteure n’avait pas eu la volonté de choquer pour…. Pour quoi, au juste ? Pour montrer que les jeunes qui se disent angoissés à l’idée qu’un nouvel attentat survienne ne le sont pas autant qu’ils le prétendent ? Montrer qu’à force de tuer des centaines de personnes virtuellement dans les jeux videos depuis l’enfance, il leur est facile de voir de « vrais morts » sans s’émouvoir ? Qu’ils sont proches, finalement, de ceux qui tuent parce qu’ils appartiennent à la même génération ? Je vous laisse faire le choix entre toutes ses propositions, voire même en trouver d’autres.
Le second personnage de cette histoire, c’est la technologie. Tout le monde dans ce récit est connecté. Tous ou presque regarde les chaines d’information en continue. Les videos sangalnte circulent librement et le fait qu’elles sont supprimées très vite font que certains les recherchent encore plus – comme la narratrice.
Le personnage le plus sympathique, lumineux de ce récit, c’est Etty, petite soeur de la narratrice, plus volontaire qu’elle malgré sa cécité. Ava a un sursaut, à la fin du texte mais après toutes ses descriptions (qui continuent un peu après le sursaut) cela vient un peu tard.