Archive | 26 décembre 2017

Les aérochats, tome 2 : parés au décollage de Donovan Bixley

Présentation de l’éditeur :

Attachez vos ceintures !
Félix Belair et son ami Sacha Sauvage sont de retour. Embarquez avec eux à travers les Alpes suisses sur la piste d’un mystérieux projet censé mener les CLEBs à la victoire… Mais les chiens risquent de tomber sur un os, car nos héros de la brigade des CATS ne manquent pas d’air.
La guerre continue de faire rage en Europe, mais les CATs font tout leur possible pour empêcher les CLEBs de régner en maîtres.

Mon avis : 

J’ai beaucoup aimé ce tome 2, autant que j’avais aimé le tome 1. Il est rempli d’humour et de rebondissement. Nous retrouvons Felix et Sacha, en mission alors que nous sommes en plein hiver et que les avions ne font pas forcément bon ménage avec la neige. Qu’à cela ne tienne, comme le dit Manou : – Le boulot de l’ingénieur mécanicien, c’est d’apporter des solutions concrètes à des problèmes que les pilotes n’auraient jamais imaginé.

Au cours de leur péripétie, ils seront initiés à quelques éléments de la culture suisse. Ils découvriront ceux dont ils se doutaient déjà : tous les chiens ne sont pas des clebs. Un seul regret : l’adversaire, leader des clebs mais respectueux du code de l’honneur est absent de ce tome 2. Sera-t-il présent dans le 3 ?

 

La nuit du nouveau monde d’Yves Corver

Présentation de l’éditeur : 

Un trader assassiné en direct à la télévision. Un massacre à l’arme blanche en public à Londres. Une école coranique détruite par un attentat dans le quartier musulman de Créteil. En 2023, en pleine crise économique et sociale, les actes sanglants se multiplient. La cohabitation de la population avec les « élites » semble devenue impossible. Le commissaire Portal et Estelle De Jong, d’Europol, soupçonnent que les apparences sont trompeuses. Et si ces actes violents n’étaient qu?une opération de manipulation ? L’objectif des terroristes semble être de préparer les populations d’Europe à l’arrivée d’un gouvernement central autoritaire. Une véritable révolution dont l’issue pourrait être terrible

Merci au forum Partage-Lecture pour ce partenariat.

Mon avis  :

Tout va bien, oui, tout va bien comme le dirait un rappeur français. Les élites vivent retranchés dans des quartiers ultras-sécurisés, et préparent activement leur fuite – bien plus efficace qu’une évasion fiscale – vers des paradis ensoleillés où ils auront le plaisir d’être entre eux.
Ce roman est la suite immédiate de Genèse de l’enfer et le climat est encore plus explosif que dans ce premier volume. Les conflits éclatent de toute part, conflit entre communauté religieuse, qui entraînent de profonds clivages dans la société – et des situations à la cruelle absurdité. On a beau se dire que cela n’existe pas, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il ne faudrait pas grand chose pour que cela soit possible, et cette possibilité n’est pas réjouissante. Et, quand on détient le pouvoir, quand on a la main mise sur l’information, les réseaux sociaux, il est facile de tirer partie de ces événements pour amener les gens là où l’on veut les mener.
Entrer en résistance est possible – bien plus difficile que de suivre le troupeau, bien plus dangereux aussi, dans des pays d’Europe où l’obsession sécuritaire entraîne des surveillances continuelles, des suspicions pour pas grand chose – simplement parce que l’on refuse d’accepter ce que l’on veut leur faire gober. Certains ont le courage de le faire – et je fais le parallèle entre ceux qui s’engagent pour retrouver plus de liberté, pour pouvoir être véritablement informés,pour vivre ensemble, finalement, contre ceux qui s’engagent pour rester encore plus entre soi.
Au coeur de ce second tome, l’on retrouve Stéphane Larieux, que les événements du premier tome ont amené à repenser sa vie. Rien n’est simple, cependant, même quand on est « du bon côté des choses ».
Alors oui, ce livre est un roman d’anticipation, pas un essai, mais il inquiète parce qu’il contient des éléments déjà en germes dans notre société actuelle et qui ne demanderait qu’à s’épanouir. Il inquiète parce qu’il est particulièrement addictif : le lecteur a vraiment envie de savoir jusqu’où certains sont capables d’aller.

Genèse de l’enfer d’Yves Corver

Présentation de l’éditeur :

Samedi 5 juin 2027, Ibiza. Douze mille personnes rassemblées sur le plus grand dance floor de la planète. Trois heures du matin, au plus fort de la fête, c est l’explosion ! Un attentat parmi d’autres dans un contexte tendu où le danger et la violence sont à leur paroxysme. Impuissantes à contenir cette menace grandissante, les élites ne voient plus d’autre solution que la fuite. Une vaste opération mondiale est alors déclenchée. Stéphane Larieux, détective privé, et son ex-femme, commissaire divisionnaire de la section antiterroriste d’Europol vont conjuguer tous leurs talents dans cette enquête aux dimensions internationales. Ils ignorent qu’ils viennent de prendre un aller simple pour l’enfer !

Merci au forum Partage-Lecture pour ce partenariat.

Mon avis :

Nous sommes en 2027 – polar d’anticipation, mais pas de science-fiction, parce que ce qui est raconté est très (trop ?) crédible et pourrait survenir si l’on n’y prenait pas garde. Les riches sont très riches, très protégés, les pauvres sont … ailleurs, loin, parqués en banlieue, eux qui ne peuvent accéder aux lieux dans lesquels vivent les privilégiés. Ceux-ci sont très protégés, par la police, bien entendu, mais surtout par des sociétés privées qui font leur beurre des peurs savamment entretenues par les médias. On n’est jamais si bien qu’entre soi, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une montée en puissance du communautarisme que nous montre le roman, non, c’est le résultat d’un communautarisme bien installé.
Autant dire qu’Estelle De Jong, commissaire divisionnaire de son état, est constamment débordée, tout en s’inquiétant pour sa petite fille – née du bon côté des choses. Son ex-mari est lui aussi très investi dans la sécurité, il s’est même enrichi en protégeant tout ceux qui avaient suffisamment d’argent pour se le permettre, loin bien loin de ses idéaux de jeunesse. Mais, au fil de ses missions, son passé, sa jeunesse, pourraient bien se rappeler à lui.
Ce qui m’a frappé est que les arts n’ont pas de place dans cette société. Je ne parle même pas d’humoristes. Non, on ne rit plus, on ne chante plus, on joue à peine dans cette société ultra-sécurisée. Je ne parle pas, bien sûr, des très riches boursicoteurs qui jouent des sommes folles dans des cercles de jeu très fermés, cela n’est pas réellement jouer L’information est verrouillée, ne filtre que ce que les autorités veulent bien laisser filtrer. Informer réellement, sans entretenir les peurs, demande du courage, presque de la témérité.
Le rythme du récit est très soutenu, ce qui fait qu’en dépit du nombre de pages, l’on progresse rapidement dans la lecture du roman. Bien sûr, l’on peut se dire aussi que les personnages sont un peu manichéens, et la fin un peu …abrupte. Cependant, le but, celui de bousculer le lecteur avec cet avenir possible est bien atteint.