Les petites reines de Clémentine Beauvais

Présentation de l’éditeur :

« On les a élues «Boudins de l’année» sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses «boudinettes». Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines ! ! !  »

Mon avis :

Les petites reines est un roman qui fait du bien, alors qu’il aborde des thèmes graves. Je me demande d’ailleurs pourquoi les professeurs de ce bel établissement où Mireille est scolarisée ne réagissent pas davantage quand ils entendent ou voient les horreurs qui sont proférées. Je me croyais trente ans en arrière, alors que nous sommes à l’époque contemporaine. Saluts distingués à l’ensemble du personnel de mon établissement, qui ne considère pas ces problèmes à la légère – eux.
Quel est le pire, s’arroger le droit de décerner les titres de « boudin », ou être traitées ainsi et penser le mériter, puis tout faire pour tenter de rentrer dans la norme ? Mireille, qui a perdu son titre de boudin d’or est à ce titre exemplaire puisqu’elle s’approprie ce titre – et oui, ce n’est pas une marque déposée – pour en faire totalement autre chose, loin, très loin des idées reçues.
Elle est l’élément moteur du trio – au début. Au cours de leur chemin, Astrid, autre « boudinette », s’affirmera de plus en plus, sans pour autant perdre de son allant, de son courage. Oui, aller à Paris en vélo, vendre des boudins n’est pas facile dans la réalité, même sous la tutelle bienveillante du Soleil, frère aîné d’Hakima, la plus jeune membre de ce trio. Lui-même, d’ailleurs, infirme depuis une opération militaire, ne manque pas de panache :

– Tu ne peux pas être responsable de trois jeunes filles, murmure son père.
– Pourquoi, tu penses que c’est plus difficile que d’être responsable de dix soldats ? rigole le Soleil.
Puis il étouffe une sorte de sanglots :
– Quoique, c’est vrai que sous ma responsabilité, ils sont tous été tués. T’as sans doute raison, Papa.

Ce qui est frappant aussi, dans ce récit, est la différence entre les personnes qui les accueillent tout au long de leur parcours, et le déchaînement d’injures, de grossièreté, sur les réseaux sociaux – qui ne le sont pas tant que cela, social. Ce n’est pas une dénonciation, c’est une démonstration par l’exemple.  C’est presque le dictionnaire des idées reçues que doivent affronter les quatre mousquetaires – qui sont bien quatre :

Qui sont ces gens ? Le mystère reste entier. Y a-t-il des personnes qui existent, qui vivent, qui mangent, qui rien et qui dansent, derrière ces ahurissantes insultes ? 

Alors oui, ce livre contient beaucoup d’humour, parce qu’il en faut pour être Mireille ou Astrid au quotidien. Il en faut, surtout quand on n’aime pas son corps mais qu’il faut bien vivre avec – elles n’en ont qu’un. Mention spécial pour la blogueuse Simone de Gouges et sa parfaite définition de leur harceleur.

Pour moi, ce livre est à faire découvrir à tous les jeunes lecteurs – garçons, filles, sans distinction. Et, pour terminer, ce conseil de « Tata Mireille » : prends les insultes qu’on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec.

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5 réflexions sur “Les petites reines de Clémentine Beauvais

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