Archive | 24 novembre 2017

Le diable en personne de Peter Farris

Présentation de l’éditeur :

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Mon avis : 

En écrivant cet avis, je me dis : « mais je ne vais quand même pas tout vous dire !  » Non, vraiment, je ne le ferai pas. Cependant, j’ai plein de choses à vous raconter.
Ce livre nous emmène dans un coin paumé des Etats-Unis, un endroit auquel aucun producteur américain ne consacrerait une série télévisée. Tout va bien, de toute façon, dans cette charmante forêt. Enfin, tout irait bien si Maya avait eu la délicatesse de se laisser assassiner tranquillement. Franchement, les victimes, ce n’est plus ce que c’était. Si encore (air connu), elle s’était laissé rattraper à temps. Même pas ! Elle a trouvé la protection d’un vieil excentrique, qui cumule deux inconvénients :
– Maya ne risque rien à ses côtés, il est parfaitement respectueux envers elle ;
– on ne peut pas en dire autant pour les deux tueurs qui sont à la poursuite de la jeune femme, et qui vont salement morfler.
C’est après que cela se complique. Il est très difficile de faire appel à la police quand un de ses tueurs se fait tuer dans l’exercice de ses fonctions. Le point positif, c’est que le maire (oui, nous connaissons le commanditaire depuis le début, je ne trahis pas un immense secret) a d’autres tueurs tout prêts à prendre la suite des opérations, voire même à recruter parmi le vivier local des petits délinquants, prêts à s’en mettre pleins les poches, et tant pis s’il faut un peu se salir les mains. Puis, Leonard est un excentrique, tout le monde dans le pathelin le sait – il ne peut pas être bien dangereux, non ? Ils n’auront pas vraiment le temps de regretter leurs imprudence.
Oui, j’ai trouvé Léonard sympathique – si les truands n’ont qu’à bien se tenir, il prend un soin certain de ces chats. Et les histoires qu’il s’invente, pour sanglantes qu’elles soient, sont une manière comme une autre d’aménager sa solitude, et d’éloigner les importuns. Pour le chapitre « violences faites aux femmes », il faudra chercher d’autres responsables que lui.
Et oui : Maya, si elle a été « choisie » par le maire, si elle a été sa favorite, elle n’est qu’une parmi toutes les femmes qui furent réifiées pour le bon plaisir des hommes.
Le diable en personne, ou le second roman d’un auteur que je continuerai à suivre.

Cendre, la jument rebelle de Clair Arthur

Mon résumé :

Cendre a l’habitude, avec Philémon son dresseur, de faire son numéro. Mais là, non, elle n’en peut plus. Le directeur du cirque prend alors une décision radicale : vendre Cendre à l’abattoir.

Mon avis : 

Il n’y a pas de quoi faire des histoires pour une vieille carne.

Et bien si, justement. Il y a même de quoi beaucoup raconter, en très peu de pages. Raconter à quel point la vie peut être dure, dans un petit cirque (et même dans un grand) quand le directeur ne pense qu’à la rentabilité de ses employés, pas du tout considérés comme des artistes. Les animaux ? L’on s’en débarrasse quand ils ne font plus l’affaire – à méditer au sujet du débat qui questionne sur la présence d’animaux dans les cirques.
La solution ? Fuir – et j’ai pensé au film Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi. Comme pour Ulysse, il s’agit de trouver pour Cendre une terre d’accueil, une terre de soleil où elle pourra couler des jours heureux.
Comme souvent dans cette collection que je découvre grâce à la bibliothèque, la fin est ouverte, et laisse place à l’imagination de chacun.