Archive | octobre 2017

Marquée à vie d’Emelie Schepp

Présentation de l’éditeur :

Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Mon avis :

S’il est un point positif à soulever dans ce roman, c’est qu’aucun personnage n’est sympathique, sauf Gunnar et Anneli, qui travaillent tout deux dans le domaine de la police scientifique et, dans une moindre mesure, Jana, la procureure, qui doit régler les comptes avec son passé, sans personne sur qui réellement compter. Oui, j’anticipe un peu mais ceci est bien la preuve que j’ai lu le roman jusqu’au bout.
Il n’est pas, sauf peut-être dans les ultimes pages, de lueurs d’espoir dans ce livre. Les policiers ? Parlons-en. Je suis pour l’égalité homme-femme, pas pour le fait qu’un homme, Heinrick en l’occurrence, devienne entièrement soumis à sa femme, au point de ne rien pouvoir faire sans sa permission, plus surveillé qu’un gamin de six ans. Je vous en passe et des meilleures. Quant à Mia, l’autre policier, consommatrice compulsive, au caractère insupportable, je lui donnerai volontiers des baffes tant elle passe son temps à gruger les autres et à se gruger elle-même. Certes, on peut penser qu’elle a dû subir des choses difficiles dans son passé pour en être arrivée là, et bla bla bla mais je l’ai trouvée constamment insupportable, sauf quand elle est en présence de victime – elle est professionnelle, c’est tout de même le minimum.
Revenons-en à l’enquête policière, et avec la première victime. Un être fort antipathique, dont l’existence tout entière nous interroge sur les violences faites aux femmes, notamment les violences morales, physiques, faites très rapidement à sa propre femme. Si nous savons pourquoi elle ne l’a pas quitté alors qu’elle aurait très bien pu le faire, nous ne savons pas pourquoi elle l’a épousé – a-t-il seulement été un prince charmant avant d’être un immonde macho ? Second triste constat sur la Suède (qui peut s’appliquer à d’autres pays) : avoir du pouvoir, quel qu’il soit, peut donner envie d’en abuser et certains ne s’en privent pas. S’il est une leçon à retenir, c’est que cette situation ne peut durer que si personne ne se bouge, si personne n’agit pour faire cesser cet état de fait – parce qu’il est des personnes, autour de cet « homme de pouvoir » ou autour des victimes (j’ai bien dit « autour », je ne parle pas des victimes elles-mêmes) qui y trouvent leur compte, d’une manière ou d’une autre.
Si les actes qu’a commis Hans Juhlen sont sordides, attendez-vous à bien pire en poursuivant votre lecture. Déjà, nous en avions eu des signes avant-coureurs quand nous avons découvert, lors de retours en arrière, le passé d’une petite fille qui pourrait bien être Jana, la procureure. Ce passé expliquerait bien des choses au sujet de sa personnalité, il n’explique pas celles de ses parents. Oui, ils ont adopté un enfant parce qu’ils ne pouvaient pas en avoir, semble-t-il. Cependant, ils n’ont pas donné à Jana l’affection dont elle avait et a toujours besoin. La stérilité, le désir d’enfants sont des thèmes sous-jacents à ce roman. Etre parents, oui, mais quels liens a-t-on après avec sa progéniture ? Et comment protéger ses enfants contre tous les dangers qui les entourent ? Des questions qui ne reçoivent pas forcément de réponse dans ce livre.

L’effet Matilda d’Ellie Irving

Présentation de l’éditeur : 

Matilda, douze ans, adore les sciences. Ses héros sont Léonard de Vinci et Marie Curie, et elle passe son temps à imaginer et fabriquer des inventions de toutes sortes. Quand elle perd à un concours de sciences, elle est donc furieuse, d’autant qu’elle a perdu parce qu’elle… est une fille ! Et ce qu’elle apprend bientôt sur sa grand-mère ne va pas la calmer : cette dernière, une ancienne astrophysicienne, a autrefois découvert une planète, que s’est appropriée un odieux personnage, le professeur Smocks… Pour Matilda, il est hors de question de laisser Smocks s’en tirer et gagner un prix Nobel ! Elle embarque donc sa grand-mère en bateau, en montgolfière et en cachette de ses parents dans un voyage loufoque et épique jusqu’en Suède !

Merci aux éditions Castelmore et au forum Livraddict pour ce partenariat.

Mon avis : 

Quand j’ai vu ce livre, ce qui m’a séduite en premier est sa couverture, particulièrement réussie. Elle attire l’oeil, mettant en avant les sciences plutôt que d’utiliser un graphisme plus glamour mais moins juste. Je me suis demandée aussi si le prénom de l’héroïne est un hommage à Roald Dahl et sa célèbre Matilda.  Cette Matilda-ci est cependant issue d’une famille unie, normale, presque banale. Elle avait un grand-père fantasque qu’elle adorait. Sa grand-mère est bien plus classique, et ressemble au prototype de la mamie anglaise, qui prend son thé à 17 heures. Ses parents sont parfois exaspérés, ou indifférents face à ses inventions, bref, ils ont les réactions que l’on attend de parents rai-son-nables qui prennent soin de leur fille, ont un travail, des loisirs, des coups de fatigue aussi mais surtout, surtout, ont une vie réglée comme du papier à musique.

Or, Matilda est non seulement inventeuse, elle a aussi une verve, une capacité à s’indigner qui parcourent les pages de ce livre. Oui, les clichés ont la vie dure, et nombreux sont ceux qui pensent qu’une fille ne peut être une scientifique – voir l’annexe du livre pour ceux qui ont un doute, annexe qui nous présente plusieurs femmes scientifiques et leurs inventions, femmes dont les noms ne sont pas aussi connus qu’ils le devraient.

Matilda est non seulement l’une des héroïnes de ce roman, elle en est la narratrice. Ne ratez surtout pas les « infos fascinantes de Matilda », qui sont à la fois scientifiques et décalées – oui, la science peut ne pas être ennuyeuse. Matilda s’est donnée une mission : rendre à sa grand-mère la découverte qui lui appartient et elle est prête à tout inventer ou presque pour parvenir à ses fins.

Et oui, la seconde héroïne de ce livre, c’est Mamie Joss, la grand-mère qui paraissait si classique et qui sera pleine de ressources. Pourtant, qui connaît un peu la littérature anglaise sait qu’il faut absolument se méfier des apparences. L’effet Mathilda devient alors un roman d’aventures, dans la lignée des meilleurs livres du genre. Qui dit aventures dit rencontres avec des personnages secondaires fortement caractérisés : quand on sort de l’ordinaire, on croise forcément des personnages qui ne rentrent pas vraiment dans la norme. Ces rencontres n’ont rien de statiques, et entraînent des rebondissements véritablement inattendus, permettant ainsi de toujours maintenir l’attention du lecteur et de tendre vers d’autres genres littéraires comme le polar.

Optimiste, ce roman ? Oui, et cela fait du bien de lire un roman qui déborde d’énergie et encourage les jeunes lecteurs à être curieux, à être eux et à aller au bout des choses. Vaste programme.

Les bas-rouges se bougent de Kate Saunders

Présentation de l’éditeur :

Les deux sorcières Boud’ et Grelu sont en émoi : leur ami le vicaire va se marier.
Celui-ci ne veut pas leur présenter sa fiancée Alice, de peur qu’elles ne l’effraient. Boud’ et Grelu sont quand même décidées à faire à sa connaissance ! Elles se transforment, non sans quelques bavures, en vieilles dames  » comme il faut « … Et soudain, c’est le drame !

Mon avis : 

Voici déjà quelques temps que P’tit Boudin et Grande-Greluche vivent dans le beffroi de Tramper’s End, avec un chat qui parle. Cette situation ne dérange plus personne. Si ce n’est que le vicaire, revenant de vacances, leur annonce une grande nouvelle : il va se marier ! Essayez donc de présenter de jeunes sorcières de cent cinquante ans à votre fiancée, vous m’en direz des nouvelles. Il leur demande donc de se faire les plus discrètes possibles, pour ne pas dire invisibles. Oui, il aurait voulu se mettre les sorcières à dos qu’il n’aurait pas procédé autrement, surtout que leur plus grand rêve est d’assister à un mariage, voire d’être demoiselles d’honneur. Même les sorcières peuvent avoir des rêves de midinettes.
Il n’avait pas prévu ce qui surviendra. Et nos deux sorcières ne sont pas forcément les responsables des grosses catastrophes qui surviennent. Elles seront bien plus difficiles à expliquer à Alice, sa jolie promise, que le teint verdâtre d’une de ses amies. Moralité : on a toujours besoin de quelques sorcières pour vous aider – les deux éléments de la phrase ne sont pas forcément incompatibles.
Nos deux sorcières, accompagnées de leur chat qui parle, vont relever tous les défis pour sauver Alice et le vicaire par la même occasion. L’amour est si rare au pays des sorcières qu’elles tiennent vraiment à le faire triompher.
Une jolie aventure !

Une illusion d’optique de Louise Penny

Présentation de l’éditeur :

Quand il se réalise, le rêve d’une vie peut virer au cauchemar. Lors du vernissage de sa première exposition au Musée d’art contemporain de Montréal, un mauvais pressentiment hante Clara Morrow. De fait, le lendemain de la fête à Three Pines, une femme est trouvée la nuque brisée au milieu des fleurs de son jardin. Qui était cette invitée que personne ne reconnaît ? Peu à peu, le tableau du crime prend forme et l’inspecteur-chef Armand Gamache apprend que dans le monde de l’art chaque sourire dissimule une moquerie, chaque gentillesse cache un coeur brisé. Dans cette affaire, la vérité est déformée par un jeu d’ombre et de lumière qui crée l’illusion.

Mon avis :

Le prochain Armand Gamache est disponible en France, il était temps de vous parler du tome précédent.
Clara connaît enfin la consécration, si ce n’est que sa première exposition, son succès, sont bouleversés par un meurtre. D’autres faits viendront après s’accumuler, entraîner un questionnement imprévu chez Clara. Oui, un rêve qui se réalise peut vous amener à reconsidérer votre vie.
L’art a toujours eu une place dans les romans de Louise Penny, grâce aux personnages de Clara et de Peter. Il est ici au centre du roman. Il est question de la création, de l’inspiration, du marché de l’art mais aussi des critiques, personnages qui peuvent détruire ou construire une carrière. Il faut être fort pour s’en relever.
Il est question aussi de réparation des erreurs, de pardon. Ou comment l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Un roman qui ne décevra pas les fans.

La mer d’innocence de Kishwar Desai

Présentation de l’éditeur :

Goa, ancien paradis hippie, est une nouvelle destination à la mode pour les jeunes du monde entier. Sauf qu’une jeune touriste britannique y est agressée par des Indiens puis portée disparue…
Simran Singh, piquante travailleuse sociale, y passe justement ses vacances avec Durga, sa fille adoptive, quand elle reçoit une vidéo sur son téléphone portable qui va donner une tournure totalement inattendue à son séjour.

Mon avis:

Ceci est le troisième tome des enquêtes de Simran Singh. « Enquête », c’est beaucoup dire, parce que ce que l’on découvre surtout, ce sont les vacances de Simran et comment elles sont perturbées parce que son vieil ami lui demande d’enquêter sur une disparition.
A la fin, tout s’éclaircit dans l’esprit de Simran. Elle a bien de la chance parce qu’elle a été, comme dans le tome précédent, d’une grande naïveté.
Le sujet est pourtant grave : le viol de jeunes filles, de jeunes femmes, à Goa. De ce lieu, je n’en ai pas vu grand chose dans ce roman. De la population native de ce lieu, de sa culture, non plus. Il s’agit quasi uniquement d’un vaste piège pour touriste, où les jeunes filles ressemblent furieusement à des proies, parfois presque consentantes.
Oui, l’auteure dénonce les violences faites aux femmes, la corruption, la toute-puissance des très riches. En même temps, je n’ai ressenti aucune empathie pour la victime, trop immatérielle. On ne peut demander aux lecteurs ce que le propre père de la disparue et sa soeur ne sont pas capable d’éprouver.
Les bonnes intentions ne font pas toujours les romans réussis.

Morgana Chaudeveine contre les 13 sorcières de Clair Arthur

Présentation de l’éditeur  :

Quand on est l’enfant d’une sorcière, on ne fréquente pas d’établissement scolaire ! Mais Morgana, la fille de Germaine Chaudeveine, en a décidé autrement : elle veut se faire des copines.

Mon avis : 

J’ai découvert ce livre parce que j’en ai trouvé un extrait dans un de mes manuels de français. J’ai voulu en savoir plus sur Morgana et sa mère Germaine. Ce livre est vraiment très court – quarante pages tout au plus. Il est le sixième tome de la série et suppose de connaître un peu Morgana, le fait qu’elle ait transgressé les règles de la sorcellerie en ayant un enfant et qu’elle n’a pas l’intention que celle-ci fréquente une école ordinaire. Il y a bien assez à faire à apprendre les règles compliquées de la sorcellerie. D’ailleurs, Morgana vole déjà sur une balayette et possède son propre corbillot, dont elle ne s’occupe pas très bien, il faut le dire.
La chère petite se fait donc une joie d’aller à l’école de jouer dans la cour de récréation avec ses douze nouvelles camarades, d’apprendre plein de choses. Se doute-t-elle qu’il y a anguille sous roche ? Peut-être, sans doute, à voir ! Morgana accomplit, sur la fin du récit, des tours assez improbables. Le dénouement, d’ailleurs, m’a laissé un peu sur ma faim – la suite dans le tome 7 ?

Arsher et Bennett, tome 2 : Eden de Candice Fox

Présentation de l’éditeur :

Après sa dernière affaire en date où plusieurs jeunes femmes ont trouvé une mort brutale à Sydney, Frank suit une psychothérapie pour pouvoir réintégrer la police. Eden, sa coéquipière toujours aussi inflexible, est envoyée en infiltration dans une ferme perdue dans le bush afin d’enquêter sur la disparition de trois jeunes filles. Elles ont toutes en commun d’avoir travaillé dans ce refuge de marginaux, sous les ordres d’un fermier proxénète.

Mon avis : 

Je serai honnête : je n’ai pas aimé. Ceux qui ont apprécié le tome 1 ont dû attendre ce tome 2 avec impatience et seront ravis de savoir que le tome 3 paraîtra en 2018. Pour ma part, j’espérais rencontrer une nouvelle auteur australienne, de nouveaux personnages, une intrigue intéressante et je crois que ce fut plutôt raté pour moi.
J’ai trouvé l’intrigue promise en quatrième de couverture très longue à démarrer – pour ne pas dire que la quatrième de couverture ne dévoile pas la quasi-intégralité de l’intrigue. Il en faudra, du temps, pour que Frank et Eden soient réintégrés, lui qui sabote à plaisir ses séances avec la psy. Je le comprends parfaitement : ce n’est pas parce qu’elle porte le joli prénom d’Imogen qu’il est passionnant de soutenir une conversation avec elle pour connaître l’origine de ses névroses, son sentiment de culpabilité lui qui n’a pu sauver la vie de la femme qu’il aimait. Il tente de prendre soin de son chat, cependant, si, si, le nourrissant presque régulièrement, la chère boule de poils. Ensuite, lui et Eden relanceront l’enquête sur cette triple disparition, puis,après avoir rencontré les familles sans qu’il en ressorte grand chose à mes yeux, Eden se rend effectivement en infiltration dans cette ferme bio dans laquelle seuls des marginaux de tout poils travaillent. Nous découvrons ainsi une micro-société machiste, bas de plafond, dans laquelle s’est chacun pour soi : tais-toi, obéis, travaille, et subit. Nous avons beau être à une époque contemporaine, comme le prouvent les technologies dont usent les policiers, cette communauté semble coupée du monde, oarce que ses membres ne semblent pas du tout se préoccuper de ce qui les entoure, pas même le devenir de ses membres.
L’essentiel de l’intrigue n’est cependant pas là. Elle est dans la personnalité d’Eden, policière, oui, tueuse, plus certainement. Pour résumer, simplifier, elle ne ressent rien, tuer est la seule activité qui lui procure du plaisir. Autant dire qu’elle a beau être singulière et très belle – comme le sont trop souvent les personnages de romans noirs – elle ne m’a pas intéressée outre mesure.
Bien que le livre se nomme Eden, l’intrigue principale, la vraie, tourne autour de Hadès, son père adoptif, le chemin qui a parcouru jusqu’à devenir le vieil homme inoffensif qu’il semble être et son passé qui se rappelle à lui de manière douloureuse. Pourtant, Hadès n’est pas vraiment un sentimental. La police n’en sort pas grandie, c’est tout ce que je vous en dirai.
Eden est un roman à lire pour tous ceux qui ont apprécié le premier tome.

Miss monde des sorcières de Clair Arthur

Présentation de l’auteur :
C’est l’effervescence dans le monde entier : un concours est organisé afin d’élire la plus belle des sorcières. Pas question pour Germaine Chaudeveine de participer à une telle idiotie ! Mais le grand jour arrive…

Mon avis :

Le moins que je puisse dire est que ce livre est trop court. L’idée était pourtant originale que ce concours afin d’élire la plus belle des sorcières. Seulement, il aurait été amusant d’en savoir plus sur chacune des concurrentes, et sur les raisons qui ont fait qu’elles ont changé d’avis, après avoir refusé de se présenter à ce concours. Les sorcières viennent du monde entier, elles sont chacune leur particularité, leur tour de magie préférée, leur compétence extraordinaire, pourtant aucune ne retient l’attention, si ce n’est Germaine, héroïne de la série, laide à faire peur, ce qui est le but d’une sorcière. J’aurai aimé aussi savoir qui a organisé ce concours et pour quelles raisons, même si la transformation en citrouille ne manque pas de piquant. De même, le choix de la gagnante m’a semblé pour le moins étonnant. Bref, ce livre est sans doute intéressant pour un jeune lecteur, mais il faut que celui-ci apprécie les fins ouvertes.

Les origines de l’amour de Kishwar Desai

Présentation de l’éditeur :

Dans ce nouveau roman de l’Indienne Kishwar Desai, ce sont deux univers que nous découvrons. Celui de celles et ceux qui donneraient tout pour fonder une famille et celui de celles qui vont porter leurs enfants. Et, entre les deux, il y a ceux qui tirent profit de ce business… Cette nouvelle enquête de la charmante et tenace travailleuse sociale Simran Singh a pour premier objectif de sauver la petite Amelia, née par mère porteuse dans une clinique de Delhi. Ses parents, d’origine britannique, sont morts dans un accident suspect et la mère porteuse a mystérieusement disparu. Il faudra aller jusqu’à Londres pour tenter de retrouver les proches d’Amelia, mais aussi découvrir comment le bébé a pu naître séropositif…

Mon avis :

J’ai lu ce second tome des aventures de Simran Singh très rapidement. Alors, oui, l’écriture est efficace mais il est tout de même des petites choses qui me dérangent.
Comme dans le premier tome, Simran s’aperçoit qu’il est des faits qu’elle aurait pu découvrir plus tôt si seulement elle avait été plus attentive, ou moins naïve. Non, parce que, franchement, la naïveté de Simran est parfois étonnante, alors qu’à d’autres moments elle devient une empêcheuse de tourner en rond.
Les opinions de Simran ne sont pas nécessairement celles de l’auteur, dit Kishwar Desai dans la post-face. J’espère tout de même que l’auteur est pour l’adoption, et prend ses distances avec ce commerce des embryons. La problématique du roman est là. D’un côté, nous avons des occidentaux, de riches indiens, prêts à tout pour devenir parents parce qu’ils sont stériles, parce qu’ils ont laissé passer le moment de faire un enfant, parce qu’ils sont homosexuels ou même pour des raisons bien plus sujettes à caution. De l’autre, nous avons des femmes indiennes pauvres, qui vendent leur corps, avec l’approbation de leur mari, de leur famille parfois, qui deviennent mères porteuses. Du coup, leur condition de vie s’améliore (si, si) : le temps de leur grossesse, elles sont bien soignées, bien nourries, elles reçoivent même des soins esthétiques. Il ne faut pas que la mère porteuse d’un joli bébé blanc aux yeux bleus ait une peau trop foncée. Ou comment se donner bonne conscience.
Si déjà cette situation vous choque, sachez que, dans la clinique tenue par les amies de Simran, clinique où elle apporte son grain de sel pour que les mères porteuses soient un minimum respectée et ne s’attachent pas à leur enfant (et oui, ce sont tout de même les leurs), nous sommes plutôt face à des exceptions. Ailleurs (voir les reportages récents à la télévision), les femmes sont parquées telles des vaches dans une étable, sans espoir de voir le pré un jour, elles doivent subir une césarienne, le plus souvent à la demande des parents de l’enfant – il faut bien programmer les vacances pour venir chercher le bébé – et enchaînent les grossesses jusqu’à épuisement.
L’action a beau se passer en Inde, certains combats pourraient se passer en France – même si les mères porteuses n’y sont pas officiellement autorisées. Vous noterez que je ne parle presque pas de l’intrigue policière parce qu’elle passe quasiment au second plan. Elle montre cependant à quel point les occidentaux sont prêts à tout pour avoir l’enfant de leur rêve, pour s’assurer une descendance. Ou comment, aussi, on appelle altruisme ce qui n’est que de la légèreté et de l’égoïsme. A ce sujet, le dénouement du roman est presque trop beau, trop moral pour être crédible – encore une de ses petites choses qui m’a dérangé.