La vie du bon côté de Keisuke Hada

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Préambule : 

Quand je chronique un roman japonais, il m’arrive très fréquemment de recevoir une volée de bois vert de la part de blogueurs que je ne connais pas, qui ne viennent sur mon blog qu’à cette occasion, et qui repartent aussi vite, parfois sans même me répondre. Je suis donc fin prête.

Mon avis : 

J’avais très envie de lire ce roman, aussi lors de la dernière masse critique, j’ai vraiment sauté sur l’occasion. une fois le livre refermé, je reste dubitative, parce que ce n’est pas vraiment ce que la quatrième de couverture promettait (elle est d’ailleurs trop bavarde).
Le narrateur est un adulescent. Il a 28 ans, il vit à nouveau chez sa mère, il a quitté un travail qui ne lui donnait pas satisfaction et depuis, a vaguement repris ses études puisque les siennes ne l’ont mené à rien. Drole de portrait de la jeunesse japonaise que nous avons là. Elle n’a pas d’avenir, si ce n’est dans des emplois peu satisfaisants ou précaires. Sa vie sentimental est pauvre. Kento rencontre sa copine Ami dans des love hotel, et le jeune homme, qui se juge peu performant, juge encore plus sévèrement sa copine, mélangeant besoin de la rassurer et pensées abruptes à son sujet. Son meilleur ami, marié, ne veut pas d’enfants parce qu’il ne peut pas se le permettre encore. Kento partage son point de vue : la jeune génération, selon lui, ne peut se permettre de se reproduire puisqu’elle a la vieille génération à charge.
En effet, le grand-père de Kento vit chez sa fille – trois générations sous le même toit, et une seule personne, la mère, que l’on voit peu, pour mener une existence presque ordinaire, celle d’une femme qui travaille, qui sort avec ses amies, et a deux personnes à charge.  Ce qui est très clairement posé dans ce livre est le problème de la fin de vie. Le grand-père se plaint toujours ? Certains soignants disent que c’est signe qu’il faut s’occuper davantage d’eux. Mais priver une personne âgée autonome ou presque (le grand-père s’est bien remis de ses précédents soucis de santé) c’est la faire avancer un peu plus vite vers… vers quoi au juste ? La durée de vie s’allonge considérablement, la qualité de vie n’est pas réellement au rendez-vous. Quant à la décision de Kento d’aider son grand-père à mourir, ce qui est surtout surprenant c’est qu’il va développer une stratégie pour lui faire perdre ses capacités physiques et intellectuelles. Bien entendu, il n’a pas demandé l’avis de son grand-père puisque celui-ci se plaint constamment. L’un des signes indubitables du vieillissement n’est-il pas que tout le monde pense agir pour votre bien ? Reste à définir la notion de « bien », forcément.
La vie du bon côté est un curieux portrait de famille, le grand-père ayant usé les nerfs du fils et de la belle-fille chez qui il séjournait précédemment, entraînant une brouille familiale. Ceux qui le supportent encore sont bien décidés à lui trouver une place dans une maison de retraite – compter trois ans d’attente, ce qui en dit long à la fois sur le vieillissement et sur le soin accordé aux pensionnaires. Kento, lui, retrouve peu à peu goût à la vie, à l’effort, s’astreignant à un programme strict de remise en forme. Il s’astreint aussi à se présenter à des entretiens d’embauche, même s’il n’a pas le niveau requis. Un chemin vers une réelle autonomie ? Peut-être. La fin reste ouverte, comme une fenêtre sur un moment de vie d’une famille pas réellement unie.

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