Archive | 7 octobre 2017

Une histoire des loups d’Emily Fridlund

Présentation de l’éditeur :

Une famille emménage de l’autre côté du lac, en face de chez Madeline, une adolescente un peu sauvage. Alors que le père travaille beaucoup, la mère propose à la jeune fille de l’aider à s’occuper de leur petit garçon. Peu à peu, Madeline s’intègre à ce foyer, sans en déceler la part cachée. Premier roman.

Mon avis : 

Soyez prévenu, il n’y a pas de loups dans cette histoire, sauf ceux qui passionnent l’héroïne/narratrice Madeline/Linda.
Ce récit est celui d’une histoire simple vue rétrospectivement. Maddie a 37 ans quand elle nous raconte ce qu’elle a vu 22 ans plus tôt. Elle nous le raconte petit à petit, par bribes, mêlant des morceaux de son présent à ces moments de son passé. Maddie ne semble pas avoir construit sa vie, parce que rien n’a été construit autour d’elle, dans sa jeunesse. Vous voulez savoir ce qui se passe après la dissolution d’une communauté hippie ? Voyez la vie de la jeune Madeline, c’est un peu ça. Elle est scolarisée, elle partage des activités avec ses parents, mais elle ne dialogue pas avec eux, elle ne reçoit pas de marque d’affection, pour tout dire, elle est livrée à elle-même, se demandant même si cet homme et cette femme sont ses parents – après tout, les enfants étaient élevés en communauté eux aussi. Ni frère, ni soeur, ni ami, seulement le souvenir d’une autre gamine de la communauté – et l’observation d’une camarade de classe, presque aussi ostracisée qu’elle. Cela semble un cliché mais ces seuls vrais amis sont ses chiens.
Puis, des voisins s’installent, au milieu de nulle part. Un couple presque parfait, un couple d’intellectuels, de ceux que l’on écoute sans trop comprendre les paroles mais à qui l’on n’ose pas demander des explications. Un homme plus âgé, scientifique, une femme qui se consacre à son fils Paul, si mignon, si précoce, si étrange que soit la manière dont les siens prennent soin de lui.
Une histoire des loups est une oeuvre particulière parce que l’on en apprend beaucoup sur Maddie, son ressenti, ses émotions. Nous avons presque son examen de conscience, quand elle se demande comment elle aurait pu empêcher ce qui s’est produit, alors qu’elle n’était qu’une enfant. Nous découvrons aussi les « ratés » de la justice américaine, et la grande importance, le poids de la religion, au nom de qui on peut faire à peu près tout. Cependant, je ne peux pas dire que j’ai réellement accroché à cette lecture. Les personnages sont trop dans l’attente, la contemplation et pas assez dans l’action. Bref, ce n’est pas vraiment mon genre de lecture, même si j’aime toujours autant les éditions Gallmeister.

Publicités