Archive | 3 octobre 2017

Témoin de la nuit de Kishwar Desai

Présentation de l’éditeur :

Violence au cœur de l’Inde. Une jeune fille de bonne famille est retrouvée, violée et battue, entourée de treize cadavres, dans une immense maison incendiée. La police locale la soupçonne d’être la responsable de cette tragédie. Simran Singh, une travailleuse sociale peu conventionnelle, décide alors d’intervenir. Pour comprendre l’histoire familiale de Durga, Simran dévoile peu à peu un monde épouvantable dans lequel chaque petite fille qui naît n’est jamais sûre de vivre bien longtemps…

Mon avis : 

J’ai choisi ce livre parce que je cherchais à lire un roman policier indien, après avoir aimé, voici quelques années, les romans de Kalpana Swaminathan.
Tout d’abord, je voudrai dire, de façon presque docte, que j’ai apprécié cette lecture et que j’ai réservé à la bibli le tome 3 (ils n’ont pas le 2) même si la réalité décrite dans ce roman est atroce – il s’agit ni plus ni moins d’infanticide et de féminicide.
Commençons par l’héroïne Simran Singh, une jeune femme extrêmement chanceuse. Elle a 45 ans, elle est célibataire, sans enfant (pas d’enfant hors mariage), et ses parents n’ont pas été déçus d’avoir une fille, même si sa mère aimerait bien que sa fille unique mène une vie un peu plus conventionnelle. Simran n’est pas obligée de travailler, elle est donc travailleuse sociale bénévole et en a déjà vu des vertes et des pas mures. Oui, le langage que j’emploie est un peu cru, Simran mène une vie peu conventionnelle et assez alcoolisée. Elle pourrait presque me faire penser à l’instit (pour ceux qui ont connu cette série) parce qu’elle résout les conflits sans rencontrer trop de soucis personnels, alors que d’autres ont énormément souffert.
Oui, Simran est née dans une famille aimante, ce qui n’est le cas ni de Durga, ni de sa soeur Sharda, disparue depuis cinq ans. Je ne vous résumerai pas ce qu’elles ont subi, il faut le lire pour le croire, même si c’est un roman – fortement inspiré de faits bien réels en Inde.
L’immense solitude de Durga serait un moindre mal si elle n’avait dû supporter la cruauté et la maltraitance ordinaires de ceux qui l’entouraient. Les extraits de son journal, publiés en tête de chapitre, montrent à quel point elle était une proie facile. Oui, mais pour qui ? L’enquête m’a laissé un petit goût d’inachevé, comme si, face à la corruption généralisée, il était impossible de véritablement élucider ce crime et que pouvoir « sauver » Durga (et d’autres encore) était nettement suffisant.

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