MInuit sur le canal San Boldo de Donna Leon

Mon résumé :

Brunetti accepte de rendre un service à sa belle-mère : l’une de ses amies, aristocrate vénitienne, veut faire toute la lumière sur l’agression de sa petite-fille Manuella. Celle-ci a été poussée dans le canal San Boldo et n’a du sa survie qu’à un ivrogne notoire, qui a plongé à l’eau pour la sauver. Elle a conservé des dommages irréversibles, qui la condamne à avoir sept ans pour toujours. Comment trouver le responsable, quinze ans après ?

Mon avis : 

Retrouver le commissaire Brunetti pour sa vingt-cinquième enquête, c’est un peu retrouver un vieil ami, un ami sûr, dont on sait qu’il ne nous décevra pas, mais qu’il n’aura pas beaucoup changé non plus. Il s’entend toujours aussi bien avec Paola, sa femme, qui,universitaire, cuisine toujours aussi bien tout en conservant sa passion pour Henry James. Il a des discussions passionnées avec ses enfants, ce qui le questionne aussi sur le sentiment d’insécurité qui commence à s’imposer à Venise, sentiment qui était inimaginable quelque temps plus tôt. Il peut toujours compter sur Eletra, la secrétaire spécialisée dans toutes les recherches d’information – surtout celles que l’on veut maquiller ou cacher. Il a vieilli, certes, et se rend compte que son corps ne répond plus aussi bien que par le passé à ses sollicitations – thème que l’on retrouve chez tous les auteurs dont les personnages sont évolutifs (difficile d’imaginer que vingt-cinq enquêtes puissent être bouclées en une année).
Justement, c’est sur une affaire ancienne que Brunetti devra enquêter. Non que de nouveaux éléments soient apparus, non, il s’agit de faire plaisir à une amie de sa belle-mère, membre de l’aristocratie vénitienne. Pourquoi maintenant ? Demetriana a 86 ans, s’occupe activement de la préservation de Venise et sait qu’elle n’a plus que quelques années à vivre, quelques années pour savoir qui a agressé sa petite-fille, lui causant des dommages cérébraux irréversibles. Demetriana veut savoir, elle qui, avant l’agression, transformait les liens affectifs en liens financiers.
Encore une fois, le livre est une charge contre la « justice » en Italie, et les magouilles en tout genre qui permettent (ou non) de faire progresser les choses. Les scandales ne manquent pas, à Venise.
J’ai tout de même un goût d’inachevé à cette lecture. Je ne puis m’empêcher de penser que, sous d’autres cieux, avec des parents plus attentifs, avec une justice qui remplit réellement son rôle, l’affaire aurait pu être résolue bien plus tôt. Puis, Brunetti est sympathique, certes, il n’a pas ce quelque chose en plus qui rend si charismatique à mes yeux un Salvo Montalbano ou un Rocco Schiavone pour citer d’autres héros italiens. IL a même quelque chose en moins, par rapport aux héros que j’ai cités plus tôt. J’ai beaucoup aimé la scène finale du roman – mais elle ne doit rien à Brunetti, et elle aussi aurait dû avoir lieu quinze ans plus tôt.

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11 réflexions sur “MInuit sur le canal San Boldo de Donna Leon

  1. Hey je l’avais repéré mais je vois que tu n’as pas traîné pour l’avoir celui-ci ! 😉 Quand on sait que deux banques vénitiennes (inconnues de tous mais représentant 1%du PIB italien) ont fait faillite l’an dernier dans le silence le plus complet, on se dit que Venise n’est plus ce qu’elle était, c’est bien que l’auteure suive les échos de son époque ! Et un personnage qui vieillit me paraît dans l’ordre des choses ! 😆

  2. Même si j’aime bien Brunetti, je trouve aussi que Montalbano et Schiavone lui sont bien supérieurs. Un goût d’authenticité en plus, peut-être, puisque leurs auteurs sont italiens. Donna Leon a beau connaître l’Italie et sa culture depuis longtemps, son point de vue est forcément plus extérieur. D’autant qu’elle écrit en anglais et refuse que ses romans ne soient traduits en italien…

  3. Je viens juste de recevoir cette dernière enquête de Brunetti et je n’ai qu’une hâte, retrouver Guido au plus vite! Tu me fais sourire à comparer Salvo, Rocco et Guido. Moi qui suis une inconditionnelle des trois, je dirai que Brunetti, c’est la force tranquille, Salvo, celui qui vit mal le temps qui passe et Rocco, le tourmenté bougon qui commence à révéler ses faiblesses. Tous les trois dans leur genre, dans leur façon d’être et de mener leurs enquêtes sont exceptionnels et démontrent une grande générosité de coeur et d’humanité. C’est pour ça qu’on les aime, n’est-ce pas?!!! 🙂

  4. Pingback: Le mois américain 2017 : billet récapitulatif | Plaisirs à cultiver

  5. Oh, mon cow-boy dans la neige ! 😀

    Comme j’avais vu les épisodes de le série, j’ai zappé les romans, je sais, c’est pas bien !! 😀 Je commencerai par le premier, quand même, alors, le 25ème, on en discutera d’ici mes 120 ans.

  6. Pingback: Bilan n°3 du challenge Polar et Thriller – octobre 2017 | deslivresetsharon

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