Archive | 30 août 2017

Une fille dans la jungle de Delphine Coulin

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce livre est facile à lire – par le vocabulaire utilisé, par la construction du récit, par la facilité avec laquelle chaque personnage est identifiable.  Voilà pour nous aider à entrer dans ce livre. La difficulté, c’est tout le reste. J’ai été littéralement prise aux tripes par le destin de ces six jeunes, dont Hawa est la figure phare, sans être une chef de bande avec ses aspects négatifs.
Leur but ? Passer en Angleterre, oui, mais surtout survivre. La jungle ne semble pas seulement une zone de non droit, c’est un lieu où la loi n’a pas (n’a plus ?) court et où tout ce qui s’y passe semble en dehors de notre temps. Nous croisons parfois des bénévoles, trop peu, trop occupés. Puis, la jungle a été démantelée, ils n’ont plus de raison d’être là, non ? L’impression de faire comme si, comme si détruire cet endroit était LA solution pour qu’il n’y ait plus de migrants, alors que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.
A l’intérieur de courts chapitres, l’on saura comment Hawa, Elira, Milad, Jawal, Ali et Ibrahim sont arrivés là et se sont réunis, refusant de répondre aux injonctions de ceux qui voulaient… J’ai envie d’écrire « les parquer ailleurs » et bien je l’écris puisque c’est ce que je pense à la lecture. Dans ces bracelets colorés qui leur furent distribués et les envoyèrent dans des lieux différents, j’ai eu l’impression de lire des déplacements d’objet, que l’on range comme l’on peut, non des soins portés à des êtres humains.
Ce qui domine ? La violence des hommes sur d’autres êtres humains. La violence et la peur du surgissement de la violence. La peur au ventre, la peur dans le ventre.
Ce livre est un roman, ce pourrait presque être un documentaire. C’est en tout cas un livre inconfortable, parce qu’il nous montre ce que l’on ne veut pas, ne veut plus voir et qui pourtant existe pas loin de nous.