Archive | 26 août 2017

La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald

Présentation de l’éditeur : 

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant.

Mon avis :

Je lis ce livre après tout le monde ou presque. Est-ce si grave ? Non, je ne crois pas. Pour moi, c’est avant tout un roman sympathique, mais pas un livre à lire absolument, de toute urgence. Ce n’est pas un coup de coeur, loin de là. Il est même certains propos sur les livres, tenus par Sara, l’héroïne, qui ont un peu freiné ma lecture.
Alors, pourquoi l’avoir terminé ? Déjà, parce que l’action se passe dans l’Iowa, un état américain dont on parle peu, sur lequel on écrit peu, sauf les romans policiers de Donald Harstad. Pourquoi si peu de roman s’y déroulent-ils ? Sans doute parce que dans cet état, il ne se passe rien. A Broken Wheel, contrairement à la ville voisine de Hope, on peut d’ailleurs parler de désertification rurale – les jeunes s’en vont, les quadragénaires et les personnes plus âgées restent.
On peut parler aussi du point des regards d’autrui. Mener sa vie comme on l’entend semble quasiment impossible, tant tout se sait, tout est jugé – oui, un constat un peu rude pour un livre que, finalement, on peut ranger dans les feel good. D’ailleurs, pour Sara, un véritable livre feel good est un livre dans lequel les personnages ont rencontré maintes difficultés avant d’avoir enfin un dénouement heureux (oui, je paraphrase). Les difficultés, ce sont souvent les personnages eux mêmes qui se les imposent. Parce qu’ils n’osent pas, parce qu’ils pensent que la relation ne sera pas durable. L’un des personnages les plus sympathiques est à mes yeux Georges, parce qu’il fait avec – ou plutôt sans.
Sara, avec les livres, ou plutôt avec la manière de trouver des livres pour les autres, bouscule leurs petits habitudes et si tout ne change pas, certains entrevoient cependant l’avenir différemment, remettent en cause certains préjugés. A l’image de Sara qui ne recommande pas un livre sans l’avoir lu (et je connais des vendeurs de livres qui feraient bien de s’en inspirer), il ne faut pas juger, condamner simplement parce que l’on vous aura dit que ce n’était pas bien – principe simple que beaucoup n’applique pas. Mention spécial pour Gavin, très à cheval sur les lois et qui a bien du mal avec les habitants de cette charmante petite ville, dans ce charmant état dont l’arbre symbole est le chêne.