Archive | 24 août 2017

Gabriële d’Anne et Claire Berest


Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’avais déjà lu des oeuvres écrites par Anne et Claire Berest – écrites séparément. Il s’agit ici de leur première oeuvre à quatre mains. Leur sujet ? Leur arrière-grand-mère, morte à 104 ans. Si elles auraient pu, auraient dû la connaître, les deux soeurs ne l’ont jamais rencontrée, même, on ne leur a parlé de Gabriële que tardivement. Pour quelles raisons ? Ce livre n’est pas qu’une tentative pour répondre à cette question, ce serait infiniment réducteur. Il retrace la vie de Gabriële Buffet et de son mari, le peintre Francis Picabia.
Roman ? Biographie ? Ce qu’ils ont vécu tous les deux est tellement en dehors des normes qu’il est difficile de classifier ce livre. Les deux auteures nous exposent les faits le plus objectivement possible, sans porter de jugements de valeur, ou pire, de jugements moraux. Il ne s’agit pas non plus, jamais, de verser dans le pathos, ou dans l’énoncé strictement objectif des faits : maintenir ce juste équilibre n’a pas du être chose facile. Aussi, j’ai apprécié ces fins de chapitres où les deux soeurs prennent la parole et expriment leur choix, leur difficulté d’écriture aussi.
Curieuse femme que Gabriële. Il est d’un côté la vie qu’elle aurait pu vivre, de l’autre celle qu’elle a vécu, toutes les deux étant loin des normes de son époque. Elle fut la première femme à entrer dans une classe de composition, elle cessa tout composition à sa rencontre avec Picabia qui l’épousa.  Pourtant, elle ne devint pas une épouse « classique » bien qu’ils eurent quatre enfants. Muse, ombre vivant auprès d’un grand  homme ? Encore des termes trop réducteurs pour désigner sa flamboyance, ce parcours à travers les continents, à une époque (la première guerre mondiale) où voyager pour son art était détonnant.
Bien des artistes rencontrèrent le couple Buffet-Picabia et, je dois le dire, ce livre m’a permis de découvrir des personnalités aujourd’hui peu (re)connues, de montrer les bouillonnements créatifs d’une époque. Mais, avec quelle conséquence pour les proches de ces créateurs ? Cent ans après les faits relatés, j’ai l’impression que les conséquences sont toujours présentes pour les descendants de ce couple, de manière crépusculaire.

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