Archive | 5 août 2017

Chouquette d’Emilie Frêche

Présentation de l’éditeur :

Quelle femme de soixante ans, aujourd’hui, peut sans grimacer s’entendre appeler « mamie » ? Pas Chouquette, qui a réglé le problème en recyclant le surnom de ses tendres années, au grand dam de sa fille Adèle, laquelle rêve pour son petit Lucas d’une vraie grand-mère. N’empêche, vraie ou fausse, c’est bien Chouquette qui doit jouer les baby-sitters de luxe auprès de son petit-fils, renvoyé de sa colo pour cause de varicelle, pendant qu’Adèle est partie sauver le monde au fin fond de l’Afrique. Et c’est bien Chouquette qui va se retrouver en tête à tête forcé avec Lucas… et la réalité.

Mon avis :

J’ai lu ce livre parce que j’ai vu l’affiche du film qui sortira prochainement avec Sabine Azéma. Je n’irai pas le voir, mais j’ai lu le livre : il est toujours amusant de lire une histoire très différente de ce que vit son entourage.
A 64 ans, Catherine ne supporte pas que son petit fils l’appelle « mamie », elle veut donc qu’il l’appelle « chouquette ». A 69, ma cousine a un petit-fils de 26 ans (et d’autres plus jeunes) : je crois bien qu’il l’appelle « mamie » et qu’elle n’est pas la seule sexagénaire de mon entourage dans ce cas.
Il faut dire aussi que l’héroïne n’a pas la même vie que les sexagénaires qui m’entourent : elle vit une vie de bohème, de baba cool attardée mais riche. Surtout, elle vit dans le dénie permanent : elle ne veut pas admettre que son mari l’a quitté depuis trois ans, et personne ne parvient, ou ne souhaite parvenir à le lui faire comprendre. Certes, au fond d’elle-même, Chouquette sait bien que Jean-Pierre ne reviendra pas, feindre de ne pas le savoir l’aide à ne pas se suicider. Oui, elle a beau être d’une génération qui a été féministe, ni elle, ni ses amis ne vivent sans être dépendantes, de toutes les manières possibles, d’un homme, qu’il soit leur mari ou leur amant. N’ayant pas trouvé sa place dans le couple formé par ses parents, et surtout face aux concessions perpétuelles que sa mère a faites pour préserver son mariage (la maîtresse du moment était de toutes les fêtes de famille), la fille unique Laurence a épousé un homme qui a l’âge d’être son père, suit une psychanalyse et a entrepris de sauver le monde en effectuant différentes missions humanitaires. Ce n’est pas que les relations avec sa mère sont houleuses, non, c’est plutôt que les deux femmes ne peuvent s’exprimer l’une envers l’autre que de manière exacerbée, et le plus souvent par téléphone interposé : plus facile d’hurler quand l’autre n’est pas en visu.
Et son petit-fils ? Et bien Chouquette fait ce qu’elle peut pour le surveiller, parfois de manière très personnelle, et drôle, aussi.
Il est question de la crise financière, mais les personnages ne semblent pas vraiment concernés par elle. On en parle, on ne la subit pas vraiment à bord d’un yacht ou auprès d’une piscine entouré de ses domestiques.
Chouquette est un roman divertissant, sans plus, alors que bien d’autres choses auraient pu être creusées.