Archive | 21 juillet 2017

Alderamin on the sky, tome 1 de Bokuto Uno et Taiki Kawakami

Présentation de l’éditeur : 

Alors que l’empire de Katjvarna est en guerre, un jeune homme s’apprête à passer l’examen d’officier à contrecœur. Son nom est Ikta Solork et sa réputation de flemmard n’est plus à faire, mais un marché avec son amie Yatorishino Igsem le pousse à se prêter au jeu. En échange de son aide, Yatori lui trouvera un poste à la bibliothèque impériale. Cet examen deviendra la première pierre de sa légende. Ainsi débute la légende de l’invincible général oisif !

Merci au forum .Livraddict et aux éditions Ototo pour ce partenariat.

Mon avis : 

Si je vous dis que ce manga est sympathique, vous allez me dire que ce qualificatif est bateau, et vous auriez raison. Je dirai plus précisément que ce manga donne envie d’être lu et relu parce qu’il est singulier. Le premier chapitre agit presque comme un prologue, puis une ellipse de deux ans nous emmène directement à un élément décisif : l’examen final d’officier. Bref, le classique manga se déroulant dans un établissement scolaire passe à la trappe pour accéder tout de suite à un autre niveau. Nous sommes dans un univers fantastique mais réaliste : l’empire est en guerre, former des officiers est une nécessité.
Il faut être brillant, il faut être le premier. Tous le veulent, tous sauf un  : Ikta Solork, qui est bien décidé à en faire le moins possible. Il ne semble pourtant pas paresseux, il ne semble pas idiot, puisque les rares fois où il prend la parole, il émet des jugements justes mais désabusés, que tous ne sont pas près à écouter. Pour lui, il ne s’agit pas de connaître ses motivations, mais le pourquoi de son absence de motivation.
Pour les autres aspirants officiers, le constat est plus évident : deux d’entre eux font partie de grandes familles militaires. Chacune a son arme de prédilection, armes à feu, armes blanches. Matthew, lui, m’a paru plus terne, davantage un faire-valoir qu’un personnage de premier plan. Plus comique (et plus énervante parfois aussi) est Haroma Bekkel : méritante, elle veut intégrer l’armée en tant que soignante, ce qui montre aussi, en filigrane, la réalité des combats.
Tout semblait presque programmé, si ce n’est qu’un élément vient perturber largement le bon déroulement de l’examen : les cinq jeunes gens sont victimes d’un naufrage, et ils n’arrivent pas en terrain conquis. Cinq, ou plutôt six, puisqu’une jeune fille les accompagne, et que sa présence est déterminante.
Ils vont devoir s’organiser, s’unir, face aux aventures qu’ils vivront et aux adversaires qu’ils vont rencontrer. Bien que nous soyons dans le domaine de la fantasy, bien que certaines tenues puissent paraître extravagantes pour des combattants, les dessins restent très réalistes – le dessinateur n’hésite pas à montrer, pas plus que l’auteur n’hésite à dire, à présenter des paradoxes. On ne pense pas toujours aux conséquences des décisions prises.
Alderamin on the sky, un manga addictif avec des personnages singuliers et attachants.

Les lumières de Cape Cod de Beatriz Williams

Présentation de l’éditeur :

« Tiny » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui resurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat

Mon avis :

Ma première opinion, spontanée, est qu’il y a quelque chose des Kennedy dans cette famille Hardcastle. Leur famille, parfaite et nombreuse, reçoit dans leur magnifique propriété à Cape Cod. L’un des cousins de Franck, homme politique présidentiable, est revenu blessé de la guerre, il vient d’être décoré pour ses actes héroïques. Franck a épousé la femme parfaite, Tiny, Dotée de deux soeurs, elle était la plus docile de la fratrie, la seule qui avait perçu les tensions entre ses parents, la seule qui avait mis tout en oeuvre pour leur plaire, qui tentait aussi de se faire la plus discrète possible. Ayant repéré son potentiel, sa mère l’éduqua en vue de faire d’elle la femme d’un homme politique. Mission accomplie.
Cependant, il existe des failles, chez la si parfaite Tiny. Mariée depuis deux ans, elle n’a pas encore pu donner à son mari l’héritier qu’il attend – et pas seulement lui. Nous sommes dans les années 60, et l’on ne laisse pas vraiment aux femmes le temps de se remettre. Elle a un secret, qu’elle ne peut partager, secret suffisamment important (du moins, pour l’époque) pour que quelqu’un la fasse chanter et mette ainsi en danger la carrière de son mari et sa place dans la famille.
Le récit alterne deux époques, entre 1966, et 1964, date du secret, moment où Tiny tente de fuir la vie qu’on lui destine, donne libre cours à ses sentiments. Nous savons déjà qu’elle retrouvera le chemin qu’on lui a assigné. Nous saurons aussi pourquoi. Et ce chemin n’est source de bonheur qu’en apparence. Si Tiny a un secret, elle n’est pas la seule, et les autres sont prêts à bien des choses pour que le leur ne soit pas découvert.
Ce qui m’a frappé aussi est le contraste entre Tiny et sa soeur Pepper, si sûre d’elle en toutes circonstances – tant mieux pour Tiny.