Archive | 18 juillet 2017

Dans ce jardin qu’on aimait de Pascal Quignard

Présentation de l’éditeur :

Le révérend Simeon Pease Cheney est le premier compositeur moderne à avoir noté tous les chants des oiseaux qu’il avait entendus, au cours de son ministère, venir pépier dans le jardin de sa cure, au cours des années 1860-1880.
Il nota jusqu’aux gouttes de l’arrivée d’eau mal fermée dans l’arrosoir sur le pavé de sa cour.
Il transcrivit jusqu’au son particulier que faisait le portemanteau du corridor quand le vent s’engouffrait dans les trench-coats et les pèlerines l’hiver.
J’ai été ensorcelé par cet étrange presbytère tout à coup devenu sonore, et je me suis mis à être heureux dans ce jardin obsédé par l’amour que cet homme portait à sa femme disparue.

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat.

Mon avis :

Curieux objet littéraire que celui-ci. Texte de théâtre ? (Je suis peu familière du théâtre contemporain) Poésie en prose ? Biographie théâtralisée ? Le tout, certainement, en un objet littéraire étonnant. Il faut s’approprier cette forme étonnante. J’ai apprécié la partie la plus poétique, tous les passages qui évoquent la nature et la musique. C’est d’ailleurs pour cette raison que la lecture de cette ouvrage m’intéressait puisque révérend Simeon Pease Cheney a noté, pendant vingt ans, les sons de la nature qu’il entendait, dans le jardin qu’avait aménagé sa femme Eva, trop tôt disparue.
Cependant, ces passages sont trop bref, et l’essentiel de la première partie du livre est consacré au rejet par le révérant de sa fille unique Rosamund. Les causes ? Elle est le portrait de sa mère morte. Elle est vivante alors que sa mère est morte en la mettant au monde. Simeon chasse donc sa fille unique, qu’il n’est jamais vraiment parvenu à aimer, pour ces raisons, pour ne se consacrer qu’au souvenir de son amour défunt. Oui, cela m’a mis très mal à l’aise. Même si l’amour que je porte à des personnes décédées est fort (et leur mort n’y change rien), j’ai vraiment du mal avec les personnes qui font passer les morts avant les vivants.
Rosamund reviendra pourtant, régulièrement, prendre soin de son père vieillissant. Le récitant ponctue les différentes scènes et jeux de scène (parfois difficilement compatible avec une scène de théâtre), devenant parfois plus narrateur que récitant.
Dans ce jardin qu’on aimait contient de belles pages, qui ne sont pas assez nombreuses à mes yeux.