Archive | 7 juillet 2017

Assurance sur la mort de James M Cain

Présentation de l’éditeur :

Séduit par la troublante Phyllis Dietrichson, l’agent d’assurance Walter Neff conspire avec elle le meurtre de son mari après lui avoir fait signer une police prévoyant une indemnité pharaonique en cas de mort accidentelle. Évidemment, la compagnie d’assurance va suspecter la fraude, mais Walter et Phyllis sont intelligents, déterminés et totalement sans scrupules. Le crime parfait existe-t-il ? Peut-on vraiment échapper à une vie rangée pour éprouver le grand frisson aux côtés d’une femme fatale ?
Un roman qui fit scandale avant d’être à l’origine de l’un des plus grands films noirs de tous les temps.

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Mon avis :

Est-ce un roman ? Est-ce une nouvelle ? Ce qui est sûr est que ce livre est un roman noir, très noir, pour ne pas dire une tragédie puisque tout, depuis le début, était inéluctable : le récit, sauf le tout dernier chapitre, est un retour en arrière. Reste à deviner, avec les indices que livre le premier chapitre, quelle est cette tragédie et comment tout est survenu.
C’est un des protagonistes qui nous raconte tout. Il n’est pas le témoin impartial que les professeurs recommandent d’employer, non. Il a tout vécu, et ne se jette pas des fleurs. Walter Neff, agent d’assurance aguerri, a pourtant presque tout pour lui. Il a réussi, d’un point de vue professionnel. Par contre, sa vie personnelle est désertique : il vit seul, et emploie quasiment à plein temps un domestique. Pourquoi une telle solitude, familiale, sentimentale ? Nous ne le saurons pas. Nous saurons en revanche qu’il est envoûté par la femme d’un de ses clients et qu’il mettra son expérience professionnelle à son service pour qu’elle puisse accomplir ce qu’elle souhaitait : se débarrasser de son mari (thème que l’auteur avait déjà exploité dans Le facteur sonne toujours deux fois).
Femme fatale ? Oui, assurément, mais pas seulement. Plus le récit progresse, plus Phyllis apparaît comme un ange de la mort, aussi séduisante qu’elle est dangereuse et insoupçonnable – à moins de savoir passer outre les apparences. A travers les yeux de Walter, elle paraît même, parfois, aussi irréelle que la Carmilla de Le Fanu.
En effet – et je ne vous parlerai pas trop du dénouement qui tranche avec tout le reste de l’intrigue – il n’est mécanique bien huilée qui ne puisse se gripper. S’il est un couple maléfique, il en est un autre qui, s’il n’est angélique, cherche la justice, même s’il faut parfois prendre des chemins de traverse.

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