Ker Shalom de Stanilas Mahe

Présentation de l’éditeur:

Eléonore, vivant retirée sur l’île d’Yeu, révèle à son petit-fils, Raphaël, qu’elle est juive. Désertant les bords de Loire, il met le cap sur Israël, bien décidé à comprendre cet héritage. Dans une université d’été sur les hauteurs du mont Carmel, il apprend l’hébreu et découvre les multiples facettes de ce qu’être juif veut dire. Le réveil identitaire de descendants de convertis ibériques échoués en Israël fait étrangement écho à sa propre quête. Rallié à la cause marrane, Raphaël n’oublie pas un seul instant les raisons intimes de son voyage initiatique : témoigner pour Eléonore, la juive cachée, oubliée…

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Publishroom pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ker Shalom est l’histoire d’un changement de cap. Raphaël est journaliste, il a 25 ans. Sa compagne Mona vient de lui présenter ses parents qui ont démontré leur catholicisme fervent. Bref, l’avenir semble tout tracé, si ce n’est que Raphaël se sent engoncé dans cette situation et ne veut pas que lui soit imposé un mode de vie qui ne serait pas le sien. Alors qu’il est en pleine réflexion, c’est le moment que choisit Eléonore, sa grand-mère, pour lui révéler le secret de ses origines : elle est juive.
Plutôt que de se tourner vers le passé de sa grand-mère et de sa famille, plutôt que de s’étendre sur les causes de ce secret, Raphaël va de l’avant et décide de se plonger dans le judaïsme contemporain. Il le fait d’une manière qui ne manque pas de panache (j’aime beaucoup ce mot, donc je le place) : au lieu de vacances au soleil, il se rend en Israël pour suivre un stage intensif d’hébreu pendant un mois.
Tout en étant acteur de sa formation – oui, Raphaël est bien là pour apprendre l’hébreu et pour en découvrir un peu plus sur lui-même – le jeune homme fait des rencontres, et découvre toute la diversité du judaïsme contemporain. Il croise des personnages attachantes, débrouillardes, avides de connaissance et de partager aussi  leur savoir, leur goût. Leur contradiction, aussi : difficile de concilier une foi sincère avec les contraintes de la religion.
Il est étonné, aussi par la vision négative que l’on peut avoir de la France en Israël, surpris, également, de découvrir l’histoire des communautés juives de France. Et oui, une rencontre avec une jeune doctorante peut aussi stimuler les recherches – journaliste un jour, journaliste toujours, et Raphaël de remonter ainsi, pour elle mais aussi pour lui-même, le parcours des juifs marranes à travers les continents et l’histoire. Ce n’est pas qu’au XXe siècle que les juifs ont dû dissimuler leur religion. Il leur a fallu concilier la nécessité de survivre
Même si le personnage principal est un homme, Ker Shalom est avant tout une histoire de femme. Mona, Eléonore, Esther, Gabriela sont les héroïnes de ce livre, présentées ici dans leur ordre d’apparition, non dans leur ordre d’importance. En effet, c’est véritablement Eléonore, la grand-mère de Raphaël qui donne son impulsion aux actes de son petit-fils. Tous les deux ont un lien privilégié, Raphaël respectant le désir d’indépendance d’Eléonore là où d’autres privilégieraient la sécurité, ou ce que l’on nomme tel. Quant à Gabriela, clandestine dans un pays qu’elle ressent pour sien, elle est touchante par la sincérité de son engagement, son besoin de faire reconnaître son identité.
Un petit mot sur le dénouement, que certains pourraient juger décevant. Ne faut-il pas aussi conserver une part de mystère et de secret ?

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