Archive | 31 mai 2017

Des morts bien pires de Francisco Gonzalez Ledesma

Présentation de l’éditeur :

Une jeune fille venue d’Ukraine fuit à travers les rues de Barcelone, traquée par un tueur. L’ultime affaire du vieil inspecteur Mendez, le héros fétiche de Ledesma, qui enquête dans une ville crépusculaire, ravagée par la spéculation foncière et la prostitution industrialisée. Une ville où le coeur de Mendez a des souvenirs que la tête oublie .

Mon avis :

Avec ce livre, je dis adieu à l’inspecteur Mendez : son auteur nous a quittés voici deux ans, et j’ai lu toutes les aventures mettant en scène cet anti-héros. Surtout, il met en scène la ville de Barcelone et ses transformations, laissant de côté l’ancien monde et les petites gens, laissant la place à la spéculation et à une faune bien peu fréquentable.

N’oublions pas la mondialisation. C’est beau, le commerce. Pas de petits profits, la loi de l’offre et la demande domine, et quand on demande des femmes dociles et jetables, il est des personnes pour en importer, en tirer des bénéfices et ne pas avoir de scrupules. Les pertes existent aussi dans ce domaine, les dommages collatéraux aussi : une jeune fille, témoin involontaire, est assassinée elle aussi. Son père sombre dans la dépression. Mendez, lui, a les mêmes ordres que d’habitude :  ne pas enquêter, ne pas faire de vague.

Comme si ses chefs ne le connaissaient pas ! Mendez n’a jamais rien possédé, il n’a donc rien à perdre, si ce n’est son honneur, dont il a une conception très particulière. Oui, Mendez se retrouve toujours au bon endroit, pour enquêter, au bon endroit pour empêcher certaines personnes de commettre leurs forfaits. Quant à avoir un rapport négatif de plus, il en a la saine habitude.

Mendez, c’est le contraire des policiers de romans produits au kilomètre. Ce qui lui importe, c’est de prêter sa voix aux victimes, à toutes les victimes, y compris les siennes. On laisse trop la parole au coupable, pour ne pas dire au bourreau. Ils fascinent même certains. Rendons-leur leur vraie dimension, leur juste place.

Mendez écoute, entend, celles et ceux qui n’intéressent personne, ancienne prostituée, proches des victimes. A lui, les chiens perdus qu’il n’oublie pas de nourrir – dans tous les sens du terme.

Il est une lueur d’espoir qui apparaît – fine et ténue. Cependant, il faut déployer vraiment beaucoup d’énergie pour la saisir et la faire briller plus fort.

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