Dakota song d’Ariane Bois

Présentation de l’éditeur :

New York, 1970. Shawn Pepperdine, jeune de Harlem, assiste, horrifié, au meurtre de son meilleur ami. Pour échapper aux assassins, il trouve refuge dans les sous-sols du Dakota, l’immeuble le plus mythique de Manhattan.
Au coeur d’une ville en pleine ébullition, le Dakota reste, lui, immuable : un club très fermé, un château médiéval sur Central Park, un havre de paix des « rich and famous ». S’y côtoient Lauren Bacall, Leonard Bernstein et Rudolf Noureev. Ici, Polanski tournera les images du film Rosemary’s Baby.
Devenu le premier portier noir du Dakota, Shawn côtoie ses résidents : Nigel, Abigail, Nathan, Cherie, Becky, Andrew, Tyler et les autres.
Quand la plus grande star du monde, John Lennon, emménage à son tour, l’immeuble et sa communauté s’enflamment…

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis : 

Par où commencer cette chronique ? Je manque de temps en ce moment, comme beaucoup de collègues, et je veux partager le plaisir que j’ai eu à lire ce livre.
Les premières pages m’ont happée, par leur violence même, leur injustice. Shawn assiste au pire, et comme il ne peut plus rien faire pour son meilleur ami si ce n’est sauvé sa peau, il trouve refuge dans l’immeuble où travaille son oncle. Sauver sa peau, oui, mais aussi penser à sa mère, ses petites soeurs, que sa présence ne pourrait que mettre en danger.
Ce qui frappe dans cet immeuble ? Il est un monde clos, protégé, aux règles immuables. Cet immeuble fonctionne un peu comme ces vastes palais européens dans lesquels les domestiques effectuent des tâches pour le bien-être de leur patron, tout en restant le plus invisibles possibles. Un monde si protégé que les minorités sont exclues : engager un portier noir a été soumis au vote, certains habitants ne cachent pas du tout leur racisme, sous leur vernis si respectable.
N’entre pas qu veut dans cet immeuble, y compris quand un appartement se libère et qu’un artiste aussi connu que John Lennon souhaite y vivre. J’ai aimé le portrait qui est fait dans ce roman de cet homme, homme sincère, touchant, qui souhaite simplement rester un artiste et profiter de sa vie de famille, avec femme et enfant.
D’autres portraits sont tracés des habitants de cet immeuble. Presque tous sont attachants. Nous les suivons sur dix ans, chaque chapitre est consacré à un personnage et/ou à une période donnée. Surtout, les personnages changent, évoluent, en bien, en mal, certains se révèlent véritablement. Je pense notamment à Andrew, ce publicitaire beaucoup plus altruiste qu’il n’y paraît de prime abord et qui cache des plaies profondes. Je pense à ceux qui se relèvent après avoir subi coup dur sur coup dur. Je pense à ceux qui prennent leur vie en main, ceux qui osent. Vivre dans un monde protégé ne protège pas de la solitude, de ses douleurs et de ses peines. Cela protège encore moins de l’égoïsme, du racisme.
Reste l’espoir, la patiente, la ténacité – Shawn et les siens n’en manquent pas.
Dakota Song est un roman fort, dynamique, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir.

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4 réflexions sur “Dakota song d’Ariane Bois

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