L’invité sans visage de Tana French

Edition Calmann-Levy – 520 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour l’inspectrice Antoinette Conway, intégrer la brigade criminelle de Dublin est un rêve qui se transforme vite en cauchemar. Son quotidien est fait d’affaires ingrates, de plaisanteries cruelles et de harcèlement. Antoinette a beau être solide, elle approche du point de rupture. Seul son partenaire, Stephen Moran, apprécie sa présence. Leur nouvelle enquête ressemble à une histoire d’amour qui a mal tourné. Aislinn Murray, jolie blonde bien sous tous rapports, est retrouvée assassinée chez elle, au pied d’une table dressée pour un dîner romantique. Rien ne semble suspect dans le passé de la victime. Le seul élément qui trouble Antoinette est la conviction de l’avoir déjà vue quelque part. Les autres inspecteurs poussent Antoinette et Stephen à arrêter le fiancé d’Aislinn, coupable tout désigné. Mais quand une amie de la défunte avoue à demi-mot qu’elle savait Aislinn en danger depuis quelque temps déjà, sa mort prend une tournure bien moins banale, et dévoile une part beaucoup plus sombre de la belle. De découverte en découverte, l’image de la poupée parfaite semble se fissurer, tout en mettant Antoinette au centre de l’énigme…

Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Levy pour ce partenariat.

Mon avis : 

Voici un polar solide et bien construit, au rythme un peu lent – parce qu’une enquête n’est pas forcément rythmé comme une épisode de série télévisée, qu’on se le dise. Une enquête n’est pas une ligne droite, plutôt une succession de faits tortueux, auxquels se superposent la personnalité des enquêteurs.
Pour Antoinette, entrer à la criminelle était un rêve qu’elle a accompli, et elle est à deux doigts de s’en mordre les doigts. Harcelée continuellement, elle en vient à suspecter chacun de ses collègues, quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, et certains semblent en faire les frais, dont le fidèle Stephen Moran, à l’imagination débordante.
En effet, les policiers ont l’imagination débordante. Certes, ils ont des preuves, des faits, mais ils ne peuvent s’empêcher de les tordre dans tous les sens, d’échafauder des théories et de se demander si elles collent avec la réalité – ou pas.
L’affaire sur laquelle Antoine et Stephen enquête paraît en effet simple, elle est presque leur spécialité : les affaires conjugales qui tournent mal. Aislinn attendait son amoureux, elle est morte, le crâne fracassé. Par qui ? Son amoureux ? Un rôdeur ? Il est tellement facile de paraître coupable quand, finalement, on se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, quand on a des petits secrets, des choses qui auraient été anodines en temps normal et qui deviennent étranges quand le cours des événements devient tragique.
Puis, quand les enquêteurs creusent un peu, ils découvrent que le passé d’Aislinn est tout sauf lisse, elle dont le père a disparu plusieurs années plus tôt, elle qui a voulu savoir enfin ce qu’il était advenu de son père. Son désir de vérité est-il pour quelque chose dans sa tragique disparition ? Cela lui fait un point commun avec Antoinette qui elle aussi a des zones d’ombre dans sa jeunesse, reste à savoir si elle est prête à s’y confronter ou non, et si tout savoir est véritablement utile pour se construire.
J’avais parlé du rythme un peu lent, parce que nous sommes littéralement plongés au coeur de la brigade et de la vie quotidienne des enquêteurs, nous découvrons les petites mains des enquêtes, ceux qui sont chargés de toutes les basses besognes, de toutes les tâches ingrates comme lire les listings d’appels téléphoniques. Nous découvrons les rivalités, les croche-pieds, bref, une absence de solidarité qui m’étonne à peine. Mais il faut encore se demander si la situation est si catastrophique que cela ou si Antoinette ne voit pas les faits déformés par le harcèlement qu’elle subit. Tous lui en veulent-ils vraiment, Stephen y compris ? A vous de le lire.
Etre policier, enquêter n’est pas facile, en Irlande comme ailleurs. Vouloir lever des secrets de famille non plus. Chaque acte a ses conséquences, et certains ont trop tendance à l’oublier, à leur dépend.
A lire si vous aimez les romans policiers qui prennent leur temps.

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4 réflexions sur “L’invité sans visage de Tana French

  1. J’en ai lu plusieurs de Tana French, et dans mon souvenir, ils sont tous un peu lents, et ça ne m’avait pas dérangée du tout.

    • J’ai lu un de ses romans aussi, et je ne me souvenais pas que c’était aussi lent, sans doute aussi parce que le sujet est autant le harcèlement dont est victime Antoinette que l’enquête elle-même.

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