Archive | mars 2017

Wonderpark,tome 2 : Mégalopolis de Fabrice Colin


Présentation de l’éditeur :

Après avoir traversé Libertad, le monde des pirates, Mervin et Jenn se trouvent désormais dans l’univers de Mégalopolis, immense cité peuplée de superhéros aux pouvoirs incroyables. Ils espèrent y retrouver les ravisseurs de leur petite sœur grâce à l’aide de leur amie Orage, elle-même…

Mon avis :

J’ai préféré ce second tome au premier. Bien sûr, il aurait pu être encore plus abouti, mais il ne laisse pas une impression d’inachevé.
Ce second tome ne perd pas de temps : pas de longues explications sur les pouvoirs des trois amis, sur les liens qui les unissent ou sur ce qui les poussent à visiter Wonderpark. Il est bon de faire confiance à ses lecteurs, même jeunes.
Mégalopolis est la cité des super-héros, qui doivent leur pouvoir à des expériences qui ont bouleversé la morphologie de certains, tels l’Archange, qui est tantôt homme, tantôt femme, ou Lupin – l’expérimentation est parfois poussé très loin, sans véritablement choquer les habitants de ce monde.
Au début, j’avais peur que ce tome ne soit manichéen: les gentils super héros de l’un, les méchants super héros de l’autre. Rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît. Les méchants peuvent paraître gentils, les gentils peuvent se demander à qui penser, en premier, à soi ou aux autres, qu’ils sont sensés protéger ?
Le livre se suffit presque à lui-même. Les trois amis maîtrisent de mieux en mieux leurs pouvoirs, ils prennent confiance en eux sans se trahir mutuellement. Ils confondent encore parfois « courage », et « témérité » – qui a dit qu’ils devaient être parfaits ?
Pour faire bonne mesure, des éléments maléfiques parviennent à s’échapper d’un tome à l’autre – vers un grand affrontement final ?

Les aérochats, tome 1 : comme chiens et chats de Donovan Bixley

Présentation de l’éditeur :

Europe, 1916. La terrible meute des CLEBs avance sur Paris alors qu’une nouvelle dramatique tombe au QG des CATs : le major Tom, le plus célèbre pilote de tout le royaume des chats, a disparu en territoire ennemi.
Félix Belair, n’écoutant que son courage, se propose pour accomplir la mission la plus périlleuse de sa jeune carrière en allant chercher le malheureux major Tom, au risque de retomber nez à nez avec le Setter rouge, son ennemi juré. Aidé par tous les membres des CATs et sous les ordres du commandant Katerina Mimine, le jeune pilote va se révéler à la hauteur de la mémoire de son père, un valeureux membre des CATs.

Merci aux éditions Slalom et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Nous sommes avertis : ce premier volume se déroule pendant la première guerre mondiale, mais certains éléments sont empruntés à la seconde guerre mondiale. Est-ce vraiment un problème ? Non, puisque l’univers est avant tout imaginaire, destinée à des jeunes lecteurs.
Personne ne manque à l’appel :
– le jeune héros, Félix, qui ne demande qu’à faire ses preuves et montre son courage, voire sa témérité ;
– le vieux briscard, Sacha, courageux mais en léger surpoids ;
– le héros légendaire, Tom, tombé aux mains de l’ennemi ;
– le mécanicien brillant et inventif. Fait rare, le rôle est confié à un personnage féminin, Manou ;
– le commandant, à nouveau un personnage féminin ;
– l’inventeur, maître Yocha, un peu catastrophique, avec tout de même des éclairs de génie ;
– l’ennemi qui respecte le code de l’honneur.
Je ne vous cacherai pas que, même si j’ai été sensible à l’impétuosité de Félix, ma préférence va au mystérieux Setter rouge, charismatique ennemi, dont, je l’espère, le personnage sera développé dans le second tome.
Je n’ai garde d’oublier les illustrations, très réussies, et l’humour, bien présent également. Mention spéciale pour les goûts culinaires de Sacha, aux conséquences prévisibles, et pour les petites soeurs de Manou.
Je lirai sans aucun doute la suite de cette série.

Journal d’un louveteau garou – 16 mars 2017

Cher journal
cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit, j’en conviens.Je suis débordé. Non seulement, je dois toujours convaincre les louveteaux adolescents de se révéler, mais je suis désormais un des alphas chargés des loupiots de trois ans, afin de détecter leurs aptitudes. Comme dit Gaël de Nanterry, notre principal : « on ne s’occupe jamais trop des plus jeunes membres de la meute. »Je conçois que j’ai été aussi petit qu’eux, à une époque pas si lointaine, j’ai d’ailleurs de vifs souvenirs des cubes en bois que j’ai mordillés avec bonheur. J’ai du mal à concevoir que j’ai été aussi mou à l’âge de trois hivers. Nanmého, ce n’est pas ‘heure de la sieste, c’est « jeux en liberté ». Ce n’est pas « dodo les yeux grands ouverts », c’est récréation. La jeune génération a dû recevoir des gènes de félons, ils dorment seize heures par jour.
Sinon, nous avons campé le week-end dernier. J’envisage d’écrire un article sur l’influence désastreuse des chevaliers dragons sur les phobies lupines. 40 % des louveteaux du pensionnat dorment avec leur doudou, 25 % reconnaissent faire des cauchemars – cela devrait les aider à vaincre leur phobie, paraît-il – 3% des louveteaux ont décidé de devenir vegan – ce dernier chiffre est celui qui me préoccupe le plus.
Enguerrand, mon tout petit frère, a fêté ses un an. Il pousse bien, il est plus actif que les loupiots que je surveille avec Sarah et Camille le mercredi après-midi. Puis,il est possible d’être calme sans être mou : Morgane, 11 ans, en est la preuve.
Je te laisse cher journal, Valère est en train de cauchemarder. Selon lui, un dragon livrerait directement à notre cantine des tonnes de carottes.Bonheur.
@bientôt,
Anatole Sganou
P.S. : c’est purée de céleri au cresson aujourd’hui à la cantine.
P.P.S. : les nouvelles des chevaliers dragons ne filtrent pas. Dommage.

Froid comme la mort d’Antonio Manzini

Présentation de l’éditeur :

Ester Baudo est retrouvée morte dans son salon, pendue. Le reste de l’appartement a été saccagé, et ce qui semble à première vue être un suicide se révèle vite un meurtre. On fait appel à Rocco Schiavone, ce drôle d’inspecteur, amateur de joints matinaux et de jolies femmes. Dans la petite ville grise et froide d’Aoste, il croise et interroge les proches de la victime. Il y a Patrizio le mari, Irina, la femme de ménage biélorusse à l’origine de la découverte du cadavre, ou encore celle qui semble avoir été la seule amie de la défunte, Adalgisa. Si la vie de la victime se dessine peu à peu, le mystère reste entier. Qui pouvait bien en vouloir à la calme et tranquille Ester Baudo ?

Mon avis :

Allô, météo Italie ? Non mais c’est quoi, cette météo ? Il neige, il nei-ge au mois de mars ! Un vrai scandale – surtout que le vice-questeur n’a plus une paire de pompes en état d’affronter ce fameux froid. Que faire ???
Surtout que les enquêtes se multiplient, et Rocco Schiavone, n’écoutant que son sens du devoir et ayant de grandes capacités à diriger ses troupes, confie un lourd travail de filature à la fine fleur de la police locale. Il nous offre ainsi des scènes absolument inoubliables, montrant à la face du monde que les policiers italiens sont prêts à tout pour parvenir à mener à bien leurs enquêtes. Copie de la vidéo disponible sur simple demande.
Il y a plus grave, forcément – même si une affaire de trafic de drogues est déjà grave en soi. Il y a eu un meurtre, et Rocco n’a pas l’intention de laisser un meurtrier impuni. Il ne met pas tout en oeuvre, non, il va au-delà, et tant pis pour la légalité puisque la loi n’est pas vraiment appliquée pour de multiples raisons, qui riment parfois avec corruption. Oui, à cause de cela, Rocco ne plaira pas à tout le monde (sans oublier son caractère plus que direct). A la société de réfléchir au changement qu’elle est prête à effectuer pour que la justice existe pour tous. A cet égard, la postface d’Antonio Manzini est éclairante.

Un Noël à New York d’Anne Perry.

Présentation de l’éditeur :

Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

Mon avis :

Ce livre est une romance policière. Oui, encore une. Qu’entends-je par ce terme ? Une romance policière est pour moi un livre où se mêle intrigue policière et histoire d’amour.
Nous allons assister à un mariage, un mariage bien comme il faut : deux héritiers sont sur le point de s’unir, eux et leur futur héritage. Il ne faudrait surtout qu’un incident vienne troubler le mariage et nuire à tout jamais à la réputation et à la vie mondaine du couple. De quel incident s’agit-il ? Et bien, de la venue de la mère de la mariée, qui est sortie de sa vie quand la jeune fille avait trois ans.
Paraître, paraitre, toujours paraître, et la ville de New York n’est pas si différente de Londres à cet égard. Elle se veut une ville moderne, elle a pourtant son lot de laissez-pour-compte, de quartiers très pauvres, sans oublier d’autres faits auxquels Jemima n’avait pas été accoutumée.
Sans trop vous en dévoiler, je puis vous dire que Jemima est confrontée à l’égoïsme ordinaire, au chacun pour soi des classes aisées, bien plus préoccupant que celui des pauvres puisque leurs seuls problèmes sont mondains ou financiers. L’action a beau se passer à Noël, elle aurait pu se passer n’importe quand en hiver. La neige est jolie sur Central Park, nous sommes en hiver, et c’est tout.
Un livre pour ceux qui aiment les belles histoires d’amour – et les romans policiers, un peu.

Sauveur et fils, saison 2

Mon avis :

Marie-Aude Murail : auteur jeunesse rare, capable de parler des sujets dont on ne parle pas aux enfants ou aux jeunes adolescents. Capable d’en parler, parce que ces sujets existent, parce que les enfants peuvent y être confrontés, et capable d’écrire de très bons romans sur ces sujets délicats, comme Sauveur et fils.

Là, vous avez la version courte de mon avis…. Parce qu’en développant, je constaterai que ce livre fera grincer des dents certaines personnes bien pensantes, remplies de préjugés et d’idées reçues. Non, l’enfance, l’adolescence ne sont pas des âges idéaux, le harcèlement existe, il est insidieux, surtout si les adultes ferment les yeux, si l’on dit que ce n’est « pas grave ». Il ne s’agit pas de dramatiser, mais de regarder les choses en face et d’écouter, d’aider, encore et encore – à condition que l’ado ait la possibilité de se confier, ce qui n’est pas toujours possible. Cercle vicieux ? Bien sûr. A une époque où l’on nous parle beaucoup de bienveillance, il serait bon que les enfants puissent en bénéficier au coeur de leur famille, si celle-ci existe autrement qu’à l’état civil.

Sombre, ce roman ? Oui, un peu. Quand les adultes sont trop occupés à se déchirer – les divorces où l’on reste ami pour la vie, c’est bon dans les films ou les magazines people – ou quand ils instrumentalisent leurs enfants pour parvenir à leur fin ou se mettre en valeur, il reste peu de place à ceux-ci pour grandir, se construire, s’épanouir. Sauveur ne juge pas : il a du pain sur la planche s’il veut aider ses patients à trouver la voir pour s’en sortir. Certains sont sur le bon chemin, d’autres, en revanche, sont encore trop jeunes, trop fragiles, trop isolés pour le trouver.

Quel avenir pour eux ? Le tome 3 nous le dira.

Bilan du mois du polar février 2017

Je ne vous cacherai pas que c’est un mois en demi-teinte dont je dresse le bilan. En effet, seules quatre participantes, dont l’organisatrice, ont participé, pour un total, il est vrai, de 49 billets publiés. Reconduirai-je le mois l’an prochain ? Pour l’instant, je n’en suis pas sûre.

C’est Belette qui arrive en tête, avec 25 participations, à la surprise pas du tout générale. Voici ses billets :

T’es pas Dieu, petit bonhomme… [Les trois visages de la vengeance – T2] de Philippe Setbon 2 Prendre les loups pour des chiens d’Hervé Le Corre3 Chat sauvage en chute libre : Mudrooroo 4 Peacemaker tome 3 de Ryoji Minagawa 5 Serie Sherlock, saison4 épisode 1 The six Thatchers 6 Touchez pas au grisbi d’Albert Simonin 7 Ne mourez jamais seul de Donald Goines 8 Aux urnes les ploucs de Charles Williams  9 Fables – Tome 24 – Et ils vécurent heureux : Bill Willingham & Mark Buckingham  10  Fables – Tome 22 – Et ils vécurent heureux : Bill Willingham & Mark Buckingham 11 Une poire pour la soif : James Ross 12  Equateur d’Antonin Varenne  13  [SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 2  14 Black Butler – Tome 23 : Yana Toboso  15 Lincoln – Tomes 1 à 8  de Jérôme Jouvray & Olivier Jouvray 16 Fables – Tome 23 – Adieu : Bill Willingham & Mark Buckingham 17 Les chemins de Damas de Pierre Bordage 18 : Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp de Xavier Dorison & Ralph Meyer 19 [SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 3 – The Final Problem 20 Baker Street – Tome 1 – Sherlock Holmes n’a peur de rien de Pierre Veys & Nicolas Barral 21 Baker Street – Tome 2 – Sherlock Holmes et le club des sports dangereux : Pierre Veys & Nicolas Barral 22 Le détective détraqué ou les mésaventures de Sherlock Holmes 23 Deux sœurs : Barbara Garlaschelli24  Sherlock – Tome 1 – Une étude en rose : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay [MANGA] | 25 Sang maudit : Dashiell Hammett

J’arrive en seconde position, avec 18 lectures :

Caviar et nuit blanches de John Erich Nielsen 2 Le cri du corps mourant de Marcel Audiard 3 Les cousins Karlsson, tome 7 : carte au trésor et code secret de Katarina Mazetti 4 Peur sur le volcan de John Erich Nielsen 5 Le mois le plus cruel de Louise Penny Havre nuit d’Astrid Manfredi 7 Le chat qui déplaçait des montagnes de Lilian Jackson Braun 8 Le pas du renard de Claude Izner 9 Mascarade de Ray Celestin 10 Agatha Raisin, tome 3 : pas de pot pour la jardinière 11 Piste noire d’Antonio Manzini 12 Agatha Raisin, tome 4 : randonnée mortelle 13 Le prophète du temps d’Arthur Upfield 14 Casal Ventoso de Fredrik Ekelund 15 La trilogie Jim Chee, tome 1 : le peuple des ténèbres 16 Hercule, chat policier : sur la piste de Brutus de Christian Grenier 17 Le club de la pluie brave les tempêtes de Malika Ferdjoukh  18 Atomes crochus de David S Khara

Ensuite, c’est Martine avec cinq lectures :   Meurtre au pont du diable de Jean-Baptiste Bester 2 Morte in mare aperto d’Andrea Camilleri Scarlatto Veneziano 4 Oro Veneziano 5 Sipario Veneziano de Maria Luisa Minarelli

Quatrième participante, Valentyne – la jument verte nous présente  Une disparition inquiétante de Dror Mishani

Merci à toutes pour vos participations (contrairement à un certain chanteur, je me demande où sont les hommes). N’oubliez pas que le challenge Polar et Thriller continue jusqu’au 7 juillet !

Sauvuer et fils, saison 1 de Marie-Aude Murail



Présentation de l’éditeur :

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ?
Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Mon avis :

Le titre, et la mention des saisons, pourraient presque faire croire que nous nous trouvons face à une série télévisée. D’ailleurs, il est une série dont le personnage principal, incarné par Pierre Arditi, se prénommait Sauveur. A contrario, la couverture, son cochon d’Inde dans une posture très choupinette, suggère plutôt un livre tout doux pour de jeunes lecteurs qui ne seraient pas effrayés par l’épaisseur de l’ouvrage – un peu plus de trois cents pages. Mais il y a aussi, en couverture,le nom de l’auteur : Marie-Aude Murail, et ses fans savent déjà qu’elle ne choisit pas la facilité.
Sauveur est psychologue clinicien et il se retrouve face à des adultes, des adolescents qu’il doit aider à résoudre leurs problèmes, ce qui ne signifie aucunement qu’il les résout à leur place. Trop souvent, on oublie qu’il faut écouter les autres au lieu de s’écouter parler – et Sauveur écoute, sans jamais juger.
Aucun sujet ne fait peur à Marie Aude Murail – et ce qui pourrait sembler « trop » dans un autre contexte ne l’est pas dans le cabinet d’un psychologue. Les choix effectuées ont des conséquences bien plus durables qu’on ne peut le penser. Prenez Sauveur, par exemple, oui, lui qui aide les autres à extirper des secrets trop longtemps contenus, comme celui des parents d’Ella, il n’a pas encore pu parler à Lazare, son fils, de sa mère et des circonstances de son décès, lui, Sauveur, le « bounty » – noir dehors, blanc à l’intérieur disent ceux qui ont connu petit cet enfant noir abandonné adopté par un couple de blancs. Anédoctique, dira-ton. Pas vraiment, répondrai-je, quand des personnes s’autorisent à tenir des propos racistes tout en affirmant qu’elles ne le sont pas.
Sauveur et fils, un livre qui ose parler de sujet que d’autres n’osent pas aborder.

Anita Blake, tome 14 : Micah de Laurell K. Hamilton

Présentation de l’éditeur :

Au départ, ce n’est pas à elle qu’on avait fait appel mais quand la femme de Larry se retrouve à l’hôpital, Anita prend la relève pour aller aider le FBI en relevant un témoin mort avant d’avoir pu témoigner. A cause de l’ardeur, elle ne peut y aller seule et Micah se retrouve donc du voyage. Tout va bien, enfin relativement compte tenu de sa phobie des avions, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle n’avait jamais été seule avec Micah.

Mon avis :

Voici un tome re-po-sant. Si, si, je vous assure. En fait, plus qu’un tome, il s’agit d’une parenthèse consacrée à un seul personnage, Micah. Nous voyons (enfin) Anita en train d’exercer son métier de réanimatrice ce qui, il faut bien l’avouer, était un peu passé à la trappe ces derniers temps. Bon, elle ne l’exerce qu’à la toute fin du roman, ou plutôt du grand récit qui constitue, avec d’autres textes, ce qui ressemble fort à un recueil de nouvelles (en attendant de retrouver l’inspiration ? Je sais très bien qu’une dizaine d’autres romans ont été écrits depuis).
Pour simplifier les choses, Anita passe un week-end romantique avec Micah, a pour une fois un unique amant et nous en apprenons un peu plus sur le léopard garou. Juste un peu. Nous retrouvons un personnage que nous avons déjà croisé, dont le potentiel ne demande qu’à être exploité. Si ce n’est qu’il ne l’est pas vraiment. Donner envie de lire une série, c’est bien, encore faut-il que le contenu soit à la hauteur, même pour un roman vampirique.

Amour dans une petite ville d’Anyi Wang

Présentation de l’éditeur :

Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l’époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l’irrésistible attirance qui les lie l’un à l’autre en défiant tous les interdits.

Mon avis  :

J’ai lu d’autres avis avant de rédiger le mien. Bonne ou mauvaise nouvelle, comme l’on veut : le mien est différent.
Ce qui m’a frappée en premier lieu est la différence entre l’apprentissage de la danse en France et l’apprentissage de la danse en Chine : du fait de son entraînement (je ne vois pas quel autre nom lui donner), la jeune fille a vu son corps se développer d’une manière disgracieuse, démesurée, plus comme une haltérophile que comme une danseuse, et aucun professeur ne se demande comment rectifier (ou améliorer) ceci, ils se contentent de constater pour critiquer. D’ailleurs, il n’est rien d’harmonieux dans la description de ces corps en mouvement, en entraînement : douleur, cri, violence aussi. Le corps est ramené à sa réalité la plus crue, avec précision. Pourtant, je n’ai pas trouvé ces descriptions gênantes, sans doute parce que c’est une chose de montrer la réalité, ce que fait l’auteur, s’en est une autre de surenchérir sur sa description avec des commentaires ,des modalisateurs, ce que l’auteur ne fait jamais.
Pas de noms pour ces deux êtres qui s’aiment et ne s’en rendent pas compte, tant leur passion est faite de maltraitance, de violence, de furie. Ils semblent ne comprendre ni l’un ni l’autre ce qui les unit. Des danseurs (européens, la danse a longtemps été une de mes passions) affirment comprendre beaucoup de choses avec leur corps, ne pas avoir besoin de mots, ce n’est vraiment pas le cas de ces deux jeunes gens anonymes – parce qu’ils sont deux parmi tant d’autres à être broyés par la Révolution culturelle ?
Autre fait : la déchéance physique rapide du garçon, de sa croissance interrompue à sa maladie qui met un terme définitif à sa carrière – mais pas à sa vie, puisque la jeune fille a gardé le silence sur sa paternité, prenant seule en charge la déchéance causée par la naissance de ses jumeaux.
Quel avenir, pour ces jeunes danseurs dans cette petite ville, pour ces jeunes gens qui vivent dans des conditions plus que précaires lors des tournées (comme si les conditions ne l’étaient pas déjà en dehors des tournées) ? Il est très difficile d’être optimiste pour eux ou pour leur art, encore plus éphémère puisqu’il est à la gloire du Partie.
Amour dans une petite ville, un livre fort et dérangeant.
Asie2