Archive | 13 mars 2017

Sauveur et fils, saison 2

Mon avis :

Marie-Aude Murail : auteur jeunesse rare, capable de parler des sujets dont on ne parle pas aux enfants ou aux jeunes adolescents. Capable d’en parler, parce que ces sujets existent, parce que les enfants peuvent y être confrontés, et capable d’écrire de très bons romans sur ces sujets délicats, comme Sauveur et fils.

Là, vous avez la version courte de mon avis…. Parce qu’en développant, je constaterai que ce livre fera grincer des dents certaines personnes bien pensantes, remplies de préjugés et d’idées reçues. Non, l’enfance, l’adolescence ne sont pas des âges idéaux, le harcèlement existe, il est insidieux, surtout si les adultes ferment les yeux, si l’on dit que ce n’est « pas grave ». Il ne s’agit pas de dramatiser, mais de regarder les choses en face et d’écouter, d’aider, encore et encore – à condition que l’ado ait la possibilité de se confier, ce qui n’est pas toujours possible. Cercle vicieux ? Bien sûr. A une époque où l’on nous parle beaucoup de bienveillance, il serait bon que les enfants puissent en bénéficier au coeur de leur famille, si celle-ci existe autrement qu’à l’état civil.

Sombre, ce roman ? Oui, un peu. Quand les adultes sont trop occupés à se déchirer – les divorces où l’on reste ami pour la vie, c’est bon dans les films ou les magazines people – ou quand ils instrumentalisent leurs enfants pour parvenir à leur fin ou se mettre en valeur, il reste peu de place à ceux-ci pour grandir, se construire, s’épanouir. Sauveur ne juge pas : il a du pain sur la planche s’il veut aider ses patients à trouver la voir pour s’en sortir. Certains sont sur le bon chemin, d’autres, en revanche, sont encore trop jeunes, trop fragiles, trop isolés pour le trouver.

Quel avenir pour eux ? Le tome 3 nous le dira.

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