Amour dans une petite ville d’Anyi Wang

Présentation de l’éditeur :

Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l’époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l’irrésistible attirance qui les lie l’un à l’autre en défiant tous les interdits.

Mon avis  :

J’ai lu d’autres avis avant de rédiger le mien. Bonne ou mauvaise nouvelle, comme l’on veut : le mien est différent.
Ce qui m’a frappée en premier lieu est la différence entre l’apprentissage de la danse en France et l’apprentissage de la danse en Chine : du fait de son entraînement (je ne vois pas quel autre nom lui donner), la jeune fille a vu son corps se développer d’une manière disgracieuse, démesurée, plus comme une haltérophile que comme une danseuse, et aucun professeur ne se demande comment rectifier (ou améliorer) ceci, ils se contentent de constater pour critiquer. D’ailleurs, il n’est rien d’harmonieux dans la description de ces corps en mouvement, en entraînement : douleur, cri, violence aussi. Le corps est ramené à sa réalité la plus crue, avec précision. Pourtant, je n’ai pas trouvé ces descriptions gênantes, sans doute parce que c’est une chose de montrer la réalité, ce que fait l’auteur, s’en est une autre de surenchérir sur sa description avec des commentaires ,des modalisateurs, ce que l’auteur ne fait jamais.
Pas de noms pour ces deux êtres qui s’aiment et ne s’en rendent pas compte, tant leur passion est faite de maltraitance, de violence, de furie. Ils semblent ne comprendre ni l’un ni l’autre ce qui les unit. Des danseurs (européens, la danse a longtemps été une de mes passions) affirment comprendre beaucoup de choses avec leur corps, ne pas avoir besoin de mots, ce n’est vraiment pas le cas de ces deux jeunes gens anonymes – parce qu’ils sont deux parmi tant d’autres à être broyés par la Révolution culturelle ?
Autre fait : la déchéance physique rapide du garçon, de sa croissance interrompue à sa maladie qui met un terme définitif à sa carrière – mais pas à sa vie, puisque la jeune fille a gardé le silence sur sa paternité, prenant seule en charge la déchéance causée par la naissance de ses jumeaux.
Quel avenir, pour ces jeunes danseurs dans cette petite ville, pour ces jeunes gens qui vivent dans des conditions plus que précaires lors des tournées (comme si les conditions ne l’étaient pas déjà en dehors des tournées) ? Il est très difficile d’être optimiste pour eux ou pour leur art, encore plus éphémère puisqu’il est à la gloire du Partie.
Amour dans une petite ville, un livre fort et dérangeant.
Asie2

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21 réflexions sur “Amour dans une petite ville d’Anyi Wang

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