Archive | 4 mars 2017

Dompteur d’anges de Claire Favan

Présentation de l’éditeur :

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur…
Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place.

Mon avis :

Tout d’abord, Claire Favan est une auteur français. Oui, c’est toujours utile à la conversation. Pourquoi ? Parce que, contrairement à des auteurs français dont je tairai le nom, elle ne croit pas nécessaire de nous recracher les procédures en vigueur à chaque fois qu’un policier bouge le petit doigt, elle ne joint pas un organigramme de la police à chaque étape de l’enquête, ne nous assomme pas avec des descriptions qui ne font pas progresser l’enquête ou encore ne choisit pas la facilité. L’ellipse dramatique, oui, le vide, non.

L’action se passe en Amérique, ce qui devrait permettre de respirer un peu à certains lecteurs, qui se diraient que de tels faits seraient impossible en France. Lire les romans d’Olivier Norek pour se persuader du contraire (encore un auteur français qui ne tombe pas dans les travers trop commun). Max est un homme victime d’une erreur judiciaire que la société n’a pas su protéger. Il avait toutes les caractéristiques attendues du coupable, et, une fois jugé, la société ferme les yeux sur les violences subies en prison. Il ne s’agit pas de discuter de la culpabilité des prisonniers, mais de se demander comment on compte réinsérer des êtres humains qui ont pu donner libre court en toute impunité à leurs pulsions pendant leur enfermement.

Max n’ayant pu avoir la justice, il a la vengeance – lui qui n’a cessé, entre deux séjours à l’infirmerie et deux combats, de se cultiver. Au temps pour ceux qui pensent que la culture empêche la violence. Max vivait déjà à l’écart de la société, il se marginalise encore plus et commence son processus de vengeance. Cette partie n’est pas simple à lire, les actes qu’il commet, puis qu’il fait commettre, sont difficilement soutenables. Oui, parfois, j’ai une âme sensible. Je reconnais cependant que l’auteur ne montre aucune complaisance dans ces descriptions, nécessaires, efficaces – le ressenti prime.

Et vient l’après, l’après formation. Peu de romans s’interrogent sur ce qui ce passe pour les survivants quand tout est terminé pour eux, d’une manière ou d’une autre – j’essaie de dévoiler le moins possible de l’intrigue. L’intrigue se déroule sur plusieurs décennies, sans pourtant autant contenir quoi que ce soit d’inutile. Le devenir des enfants enlevés, leur point de vue est forcément intéressant, forcément complexe – oui, il est des romanciers pour penser que l’on peut se remettre facilement de ce que l’on a vécu, ce n’est pas ce que montrent les deux dernières parties de Dompteur d’anges. En rédigeant cet article je pense à un autre auteur qui a développé cette thématique, un auteur que j’ai eu la chance de rencontrer, un auteur qui fait réfléchir lui aussi : Martin Michaud et son Violence à l’origine.

Note : je sais que j’ai déjà proposé une chronique aujourd’hui, mais après avoir lu Dompteur d’anges, j’ai vraiment ressenti l’urgence d’écrire et de partager mon avis à chaud. Je ne pense pas que, dans une semaine, j’aurai changé d’avis. J’aurai encore beaucoup de choses à dire, le fait, par exemple, que le roman ne soit pas jalonné de lourds repaires chronologiques – le lecteur s’en sort très bien, merci. Je pourrai aussi vous parler de la médecin légiste et de sa passion pour les chiens. Je pourrai aussi trouver une belle conclusion à cette article, et ce n’est pas le cas. Je dirai simplement que si vous aimez les romans policiers, si la noirceur ne vous fait pas peur, si vous ne croyez pas que l’on vit dans le meilleur des mondes, alors ce livre devrait vous plaire.

 

 

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Felicity Atcock, tome 1 : les anges mordent aussi de Sophie Jomain

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vraiment pas de bol, il aura suffit d’une morsure, d’une seule, pour que je me retrouve embarquée dans une histoire sans queue ni tête. Je ne sais pas exactement comment ça a commencé, et je ne sais pas non plus de quelle manière tout cela va finir. Quoi qu’il en soit, celui qui fera en sorte que les jeunes vampires arrêtent de s’enterrer dans mon jardin, sera mon héros. Et si en plus il est beau, riche et intelligent, je ne me plaindrai pas ! Je veux retrouver ma vie d’avant, tranquille et… ennuyeuse à mourir. » Sauf qu’en voulant éloigner les ennuis, il arrive qu’on en attire d’autres… à plumes.

Mon avis :

Si vous cherchez une lecture divertissante et si vous n’êtes pas allergique aux vampires et autres créatures extraordinaires, alors ce livre est fait pour vous.

Felicity est une jeune femme très ordinaire – ou presque. Elle a une maison, un travail, une meilleure amie, elle aime sortir, faire des rencontres, s’amuser, bref, une jeune femme d’aujourd’hui. Certes, elle a une tata vampire, Margareth, mais elles ne sont pas très liées et Margareth ne correspond pas vraiment à l’idée que l’on se fait d’une vampire. Non, les vampires n’ont pas fait leur coming out, seules de rares personnes admettent leur existence, et ce n’est pas toujours facile de vivre avec eux – ce n’est pas le potager de Felicity qui nous dira le contraire.

Faire des rencontres, c’est bien, cela dépend de qui on rencontre. Félicity sera particulièrement gâtée à ce sujet, et ce n’est que le début des embêtements. Assez gros, assez mordants, et pas poilus, non, à plumes : les anges ne sont pas toujours ce que l’on croit.

Le roman est drôle et remplis de péripéties. Felicity m’a fait pensé à Anita Blake, pour la complexité de sa vie sentimentale – le caractère sanglant et l’érotisme sanglant en moins. Je lirai la suite, sans aucun doute.