No Home de Yaa Gyasi

Présentation de l’éditeur :

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves.

Mon avis :

Je pourrai vous dire qu’aucun livre ne parle aussi bien de l’esclavage et de ses conséquences, ce qui serait faux. Tant de livres, excellents, nous racontent, nous montrent et nous démontrent les ravages causés par l’esclavage. Seulement, la plupart nous raconte la vie d’une communauté d’esclave en particulier, voire d’un esclave – je pense à  Jim dans les aventures d’Huckleberry Finn de Mark Twain, roman et personnages précurseurs s’il en est. Rares sont ceux qui commencent à l’origine de l’esclavage pour nous emmener jusqu’à nos jours, suivant les descendants, sur plusieurs générations, de deux demi-soeurs, Effia et Esi.
J’ai presque envie de dire que chaque chapitre peut se lire indépendamment les uns des autres, parce que chacun d’entre eux, consacré à l’un des descendants de l’une ou de l’autre soeur, est tellement dense, tellement riche que j’ai ressenti, à la fin de chacun d’entre eux, le besoin de faire une pause, ce qui m’arrive rarement.
Aucun sort n’est enviable, ni pour les descendants de l’une, ni pour ceux de l’autre. Pas de manichéisme non plus : il n’y a pas les gentils noirs d’un côté et les méchants blancs de l’autre. Les noirs ont participé activement aux commerces des leurs, au gré de l’expansion de leur territoire et de leur envie/de la nécessité (rayer la mention inutile ou pas) de commercer avec les anglais.
Le sentiment qui domine en tournant les pages (ou en cliquant sur le bouton de la liseuse, comme vous voulez) est la colère, face à ces vies gâchées, la colère, devant la peur que ressentent les personnages – voir les lois Jim Crow qui permettent de « récupérer » « son » esclave en fuite. Ce livre est un roman, certes, mais il m’a vraiment donné l’impression de lire aussi un document, profond, sur l’histoire de l’esclavage et de la communauté Afro-américaine. Ce livre, écrit par une jeune femme de 26 ans, est un livre qui marque profondément. Je souhaite à cette auteur le meilleur pour ces prochains romans.

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10 réflexions sur “No Home de Yaa Gyasi

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