Archive | 14 février 2017

Les ombres de Brocéliande de Lynda Guillemaud

Présentation de l’éditeur :

Gabriel, jeune architecte parisien, apprend qu’il hérite d’un manoir en pleine forêt de Brocéliande, en Bretagne. Au début indifférent à cette bâtisse qui lui vient de ses grands-parents, Gabriel se laisse peu à peu séduire par la maison? et par Marion, la charmante notaire qui s’occupe de la succession. Une fois en Brocéliande, il apprend aussi à aimer cette mystérieuse forêt légendaire, tout en découvrant graduellement une histoire familiale dominée par la figure d’Eugénie, sa grand-mère paternelle.

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

Si j’ai eu envie de lire ce livre, c’est pour le lieu où se déroule l’action  : Brocéliande, forêt mythique (pour une fois, le mot n’est pas galvaudé) qui abrita les amours de Merlin et de la fée Viviane.
Gabriel, le personnage principal, est au départ très loin de s’intéresser aux mythes bretons. Il est architecte, son travail lui apporte des satisfactions, mais pas trop. Sa vie personnelle est vide : divorcé, fils unique, c’est avec stupéfaction qu’il découvre l’existence, ou plutôt la disparition de cette grand-mère et son héritage. Il ne part pas seulement à la découverte des lieux, il veut aussi découvrir son passé, et les raisons pour lesquels ses grands-parents maternels l’ont coupé de sa famille paternelle – définitivement. Lui-même ne s’était jamais vraiment posé beaucoup de question, jusqu’à aujourd’hui.
Ce roman n’a pas été désagréable à lire. Les descriptions de Brocéliande, la part de légende sont intéressants. Maintenant… j’ai trouvé que l’intrigue était un peu longue à démarrer (à peu près le tiers du livre). Certes, il faut poser les bases de l’intrigue, présenter les personnages mais après quelques pauses, les péripéties s’accélèrent et les solutions aux énigmes s’imposent, parfois de manière un peu trop mélodramatique à mon goût – les romances, les histoires d’amour pas vraiment possibles, les secrets de famille, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.
J’ai eu du mal, aussi, avec certains personnages féminins – pour ne pas dire avec tous. Avec Anne, la mère disparue de Jean « Surtout, Anne n’était qu’une femme et, même avec son mari, elle n’avait pas voix au chapitre.  » L’action ne se passe pas dans les années 50, mais à la toute fin des années 70. A ma connaissance, les femmes, même mariées, avaient gagné des droits, y compris celui d’avoir « voix au chapitre » (Note : il est des femmes qui l’avaient déjà, bien avant le début des années 70). Anne est la douce compagne qui canalise (ou pas) son mari et sa dépression plus que présente. Idem pour Alice, sa quasi alter-ego (Anne et Alice sont des prénoms qui vont souvent ensemble) qui a pourtant fait de hautes études mais… Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que son comportement – et non son destin, là, on n’y peut pas grand chose -me rappellent aussi les années 50. Des femmes, finalement, très seules, qui n’avaient personne sur qui s’appuyer. Et même si le dénouement de ce roman est assez heureux, c’est tout de même la somme de souffrance que je retiens.