La sonate oubliée de Christiana Moreau

Mon avis :

Voici un livre que j’ai envie de recommander à tout le monde, y compris à de jeunes lecteurs (du moins, des adolescents) parce que c’est un livre qui fait du bien.
Entendons-nous bien : ce n’est pas de la chick-litt, ce n’est pas un livre qui vous apprend comment vivre heureux, non, il s’agit bien d’un roman, mais d’un roman qui présente des personnages féminins positifs, comme Ada ou Lionella.
Lionella, « Lio » pour certains proches, est la première héroïne de ce roman. Elle se destine au métier de violoncelliste, « violoncello » en italien, quasiment l’anagramme de son prénom. Elle prépare un prestigieux concours, mais là, elle a un coup de mou, elle a l’impression que tous les morceaux ou presque ont été joués pour des concours, bref, elle n’a pas la pêche malgré les encouragements de ses parents et de son professeur. C’est Kevin, son meilleur ami, qui, en mettant la main, dans une brocante, sur une vieille partition, accompagné de ce qui semble être un journal intime, va la remettre sur le chemin de la créativité – indispensable, même pour la musique classique.
La jeune concertiste découvre alors Ada, qui a vécu des siècles plus tôt. Ada dal violoncello, comme elle est nommée, est une enfant abandonnée, figlia di coro à l’ospedale, institution charitable et sévère où elle a été recueillie. Même si les conditions de vie sont rudes, cruelles même (les bébés sont marqués au fer rouge), elles assurent au moins une vie relativement abritée à celles que leur famille a délaissée volontairement. A Venise, au XVIIe siècle, il vaut encore mieux être dans cette institution qui n’autorise le mariage qu’après quarante ans, sauf à payer les frais de « scolarité » de la jeune fille qu’être dans le ruisseau – ou la lagune.
Ada a été relativement protégée – et elle découvre la vie brutalement, au cours du carnaval. La vie et sa dureté : il se confirme qu’il est plus dur d’être en dehors de cette institution que dedans. Lionella se passionne pour le destine de cette jeune fille, un peu plus âgée qu’elle mais moins armée pour supporter les épreuves – qu’importe les siècles de distance. Lionella, elle, peut compter sur sa mère, sur ses conseils, sur les erreurs qu’elle a commises, également et qui ne l’a pas empêché d’être heureuse, chaleureuse. Lio est amenée à faire des choix, pour sa vie, pour sa « carrière » – je n’aime pas ce mot. Peu importe qu’elle réussisse, ou non, la fin est ouverte : elle a choisi la seule voie qui compte, celle de la musique, qui survit à travers les siècles.
Roman historique, par le biais du journal d’Ada ? Non, pas seulement. L’action principale se déroule dans une ville de Belgique sinistrée. Nous côtoyons la misère sociale, la misère affective, l’épuisement. A quoi sert de rénover un quartier si ses anciens habitants ne peuvent y vivre ? Que penser d’un travail qui n’offre même pas la possibilité d’avoir une vie de famille épanouie ? La mère de Jason et Kevin ne parvient même plus à assurer son rôle de mère.
La sonate oubliée, un hommage aux filles du passé par une jeune fille d’aujourd’hui.

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