Archive | 26 décembre 2016

Impurs de David Vann

Présentation de l’éditeur :

Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s’attache à faire revivre un passé idéalisé et l’étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion. Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

Mon avis :

Impurs était le seul roman de David Vann que je n’avais pas lu. Grâce au forum Partage-Lecture et aux éditions Gallmeister, c’est désormais chose faite.
Troisième roman de l’auteur, Impurs n’est pas situé en Alaska comme ces deux premiers romans mais en Californie : si la chaleur a remplacé le froid, le climat n’en reste pas moins hostile. Et s’il n’explore pas les relations père/fils, il s’intéresse cette fois-ci aux relations mère/fils, tout comme dans son essai Dernier jour sur terre – il explorera plus profondément les rapports mère/fille dans Aquarium.
La relation entre Galen et sa mère est toute aussi étouffante que le climat californien, et ce n’est pas peu dire. D’un côté, nous avons une mère qui a tout fait pour isoler son fils – fils, qui, il faut bien le dire, ne fait pas grand chose pour sortir de cette situation, si ce n’est méditer et vouloir se détacher des choses matérielles. Sans doute aussi est-il trop isolé pour pouvoir se sortir seul, et ce n’est pas sa tante, qui tend à déconstruire la vie soi-disant idéale de sa vie, à la pousser dans ses retranchements, ou sa cousine, qui multiplie les coups bas et les provocations, qui peuvent l’aider. IL faudrait déjà qu’elles puissent elles-mêmes sortir de la spirale étouffante dans laquelle elles se sont enfermées.
Curieuse famille, exclusivement féminine, à l’exception de Galen. Famille qui répète jour après jour, saison après saison les mêmes actes (le thé, les visites à la maison de retraire, les promenades à la cabane), remâchent les mêmes rancœurs, jusqu’à ce que, finalement, le point de non-retour soit atteint. Et c’est là que la tragédie commence : toutes les tragédies ne prennent-elles pas naissance dans la famille ? Unité de lieu, unité de temps, confrontation – pas de règle de bienséance. Pas de belles tirades non plus mais un affrontement d’autant plus sanglant (métaphoriquement) que les mots sont truqués, qu’ils ne cherchent qu’à faire souffrir. La rhétorique, l’argumentation ? Oubliez-les, tout comme l’espoir.
Impurs est une lecture dont on ne sort pas indemne,à cause de la violence physique, psychologique difficilement soutenable.

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Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !