Archive | 17 décembre 2016

Journal d’un louveteau garou – tome 2, 17 décembre

Cher journal
Nous avons survécu à la journée d’intégration – par contre, les manuels de maths sont définitivement hors d’usage, ceux qui n’ont pas été victime d’une inondation impromptue ont été grignotés par un loupiot stressé.
Les loupiots ont survécu aussi – certains ont fini la journée dans le club de méditation carotte. Oui, cela existe, et il paraît que c’est excellent pour tous les louveteaux qui aiment les légumes. Je vous laisse deviner qui anime ce club. Non, pas Marco, c’est sa lapine qui aime les carottes, pas lui. Salsifis, la future louve alpha vegan ! Je plains notre meute si elle reste parmi nous.
– Anatole, tu as oublié d’écrire que tu étais amoureux.
J’ai déjà dit maintes fois que Valère devait tenir son propre journal et non squatter le mien. Je tiens donc à réfuter cette information. Non, je ne suis pas amoureux de la petite loupiote Prune aux yeux bleus fan de haricots verts. Ce serait absurde, elle a dix ans !
-Et demi, et toi quatorze. Dans dix ans, il n’y paraîtra rien !
Je dirais bien à mon frère de s’occuper de ses affaires. Las ! Nous n’avons pas de nouvelles de Gentiane.Enfin, « officiellement », parce qu’officieusement, il paraît qu’elle va aussi bien que possible. Comment peut-on préférer un dragonneau à une meute comme la nôtre, franchement ?
Notre alpha pense qu’une réconciliation est possible entre nos deux peuples. Comme le dit son adjoint, cela se voit que ce n’est pas son fils que l’on a tenté d’enlever à deux reprises. Ni sa petite fille qui vit parmi eux, a ajouté Du Coussinet Tordu.
Je te laisse sur ses mots : Valère veut à tout prix me lire le poème qu’il a composé sur mes amours. Tant qu’il ne le lit pas à tout le pensionnat, je suis prêt à l’écouter.
@bientôt
Anatole Sganou, 3eBleu.

Love whispers, even in the rusted night

Présentation de l’éditeur :

Mayama et Yumi sont deux amis qui se connaissent depuis le collège. Séparés au moment de leur entrée au lycée, ceux-ci se retrouvent quelques années après par hasard. Alors que Mayama est à l’université, Yumi travaille dans un restaurant en tant que livreur. Malgré ces années passées sans donner de nouvelles, aucun n’a oublié l’autre, notamment Mayama qui a toujours été captivé par la joie de vivre apparente de Yumi. Désormais installé avec son petit ami, ce dernier semble cependant vouloir dissimuler certaines choses à Mayama, qui compte bien découvrir ce que cache le sourire de son ami « Derrière le masque que je te montre se cache un homme au sourire brisé qui espère qu’un jour, peut-être, il trouvera le bonheur ».

Merci à Babelio et aux éditions Taifu Comics pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est à réserver à un public averti. Parfois, cet avertissement cache une histoire presque anodine, voire une bluette. Ce n’est pas le cas ici. Et j’ai bien du mal à recommander ce livre même s’il traite d’un sujet rarement évoqué : la violence conjugale dans les couples homosexuels.

Qui se soucie d’un homme qui arrive au travail avec des traces de coups, des bleus ? Pas grand monde, si ce n’est pour dire que cela risque de faire fuir la clientèle. Puis, c’est bien connu, les hommes sont bagarreurs, ils aiment à échanger des coups, et parfois, ou plutôt souvent, c’est Yumi qui en a les séquelles. Il n’est que Mayama pour se poser des questions, et forcer Yumi à y répondre.

Ils ont été amis, au collège. Déjà à cette époque, comme le montreront des retours en arrière, il y avait des choses qui n’allaient pas dans la vie de Yumi.  Plutôt que de savoir pourquoi son petit ami Kan est devenu violent depuis qu’il travaille (encore qu’une critique du monde du travail au Japon serait bienvenue), je me demande pour quelles raisons Yumi s’est mis à accepter cette violence quotidienne, pourquoi il a si peu d’estime de soi. Non, il n’attend pas non plus que Kan change, il reste, sans aucun espoir, si ce n’est que les bleus disparaissent vite ou qu’une mèche de cheveu parvienne à cacher sa cicatrice.

Les images sont crues, et même en noir et blanc, les chairs sanguinolentes se devinent. Les scènes de sexe ne sont pas en reste non plus – même si Yumi a eu du mal à accepter l’amour de Mayama, il n’a aucun mal à accepter ses faveurs. Un final assez fréquent dans ce genre de manga. S’il est une leçon à retenir, c’est que les victimes de violence s’en sortent pas toute seules. Dans un même genre, j’ai préféré Cut de Toko Kawai, qui est pour moi un modèle difficile à dépasser.

Asie2