Archive | 22 novembre 2016

Le goût âpre des kakis de Zoyâ Pirzad

Edition Zulma – 224 pages.

Présentation de l’éditeur :

Un bassin, des massifs de roses et un plaqueminier donnent de quoi s’occuper au jardinier d’une vieille dame qui, depuis la mort de son mari, se sent très seule et en danger dans sa grande maison au cœur de la ville. Les fleurs donnent des fruits, les kakis mûrissent et elle ne se prive pas d’en offrir, notamment à son locataire.
Des liens subtils se tissent entre eux, que vient troubler l’apparition d’une fiancée…

Mon avis :

Comme je le disais dans mon précédent avis, j’ai enchaîné les lectures de deux livres de cette auteur. Celui-ci est un recueil de cinq nouvelles qui ont sont autant de portraits de femme face au mariage. Un mariage heureux est-il possible ? Oui, mais encore faut-il que les personnes aient les mêmes préceptes. L’amour ne suffit pas, encore faut-il qu’il soit là et que le mariage n’ait pas été arrangé – comme presque tous les mariages, d’ailleurs. Ainsi, les deux héroïnes de la seconde nouvelle se croisent pour une vente d’appartement. L’une est tournée vers le passé, l’autre vers la modernité, leurs maris sont leurs exactes opposés.

Pas de détails superflus dans ces cinq nouvelles, mais des tonalités différentes. Ainsi, la toute première et son héroïne obsédée par les taches a des accents fantastiques, pour ne pas dire absurdes. La troisième montre une héroïne qui choisit un mariage « aventureux » plutôt que d’épouser un homme bien comme il faut (et très ennuyeux). Quant à la dernière, c’est tout un pan de l’histoire de l’Iran qu’elle nous compte à travers la vie de son héroïne et de son mari.

Et la quatrième nouvelle, me direz-vous ? La femme, qui est pourtant cause de tout, apparaît implicitement dans le texte. Ce sont les hommes qui sont les victimes ou les bénéficiaires, parfois involontaires, de ses actions. L’herbe est-elle plus verte ailleurs, loin de l’Iran ? Deux réponses étaient encore possibles à l’époque.

Le goût des kakis est un recueil que je recommande à tous, y compris ceux qui, comme moi, n’aiment pas les nouvelles.

Asie2

Alfie Bloom et le voleur de talisman de Gabrielle Kent

Présentation de l’éditeur :

Être propriétaire d’un château vieux de plusieurs siècles n’est pas de tout repos ! Alors qu’Alfie Bloom vient à peine de découvrir son fantastique héritage, il doit de nouveau affronter le danger : Ashford, le majordome aux étranges pouvoirs, a disparu, et le château de Hexbridge subit le siège d’une armée d’elfes malveillants. Alfie n’a plus qu’une solution… utiliser un peu de la magie sauvage qui lui a été léguée. Mais parviendra-t-il à maîtriser cette magie séculaire qui peut, aussi, se révéler très destructrice ?

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

Mon avis :

Le premier tome des aventures d’Alfie était sympathique, ce second tome l’est tout autant. Du temps s’est écoulé entre ce tome et le premier, ce qui rend l’intrigue cohérente : Alfie a eu (un peu) le temps de se remettre de ses émotions, des faits ont pu se développer pendant ce temps… et provoquer le rebondissement qui ouvre ce récit. De plus, les vacances sont là, ce qui donne tout le temps à l’aventure pour se déployer. Les éléments merveilleux sont toujours présents, et la magie peut se déployer – dans tous les sens du terme – dans un cadre réaliste et pacifiée : la campagne anglaise cache décidément bien ses secrets.

Je ne sais pas ce qui se passe avec la littérature contemporaine, mais les elfes ont vraiment mauvaise presse. Nous sommes très loin du Seigneur des anneaux ! Leur plus grande qualité, ici, est sans doute leur pugnacité, que l’on peut nommer plus sûrement obstination. Je n’ai garde d’oublier leur extrême possessivité. Bref, des personnes qu’il ne faut pas énerver – même involontairement.

Alfie a la chance d’avoir des amis qui sont aussi des alliés sur lesquels il peut compter. Certains peuvent sembler très ordinaires, comme Maddie, Robin, les jumeaux, ou Amy, adolescents charmants et courageux. D’autres sont plus extraordinaires, comme Artan, toujours partant pour une aventure ou un sauvetage. Et si l’un d’entre eux est en danger, ils sont tous unis pour le sauver, quelles que soient les difficultés rencontrées. Il est toujours réconfortant, pour de jeunes lecteurs, de rappeler que l’amitié existe et qu’à plusieurs, on est plus fort. De plus, le texte ne présente pas de difficultés de lecture, ce qui ne peut que plaire.  La seule difficulté pourrait provenir des jeux avec la chronologie, indispensable pour le bon fonctionnement de l’intrigue, mais c’est vraiment peu de choses.

Alfie et le voleur de talisman est un livre hautement recommandable pour tous les fans de magie.

cof