Archive | 1 novembre 2016

Continuer de Laurent Mauvignier ≠ MRL2016 avec Priceminister

Ce livre est ma participation pour les Matches de la Rentrée Littéraire 2016 orchestrée par Price Minister . a-logo-pm-mrl2016

De quoi parle ce livre ?

Pour sauver son fils de la délinquance, Sybille quitte tout et part avec lui à cheval plusieurs mois dans les montagnes du Kirghizistan.

Et quel est mon avis ?

Et bien… mon premier constat est que ce livre se lit sans difficulté.Les chapitres, nombreux, sont courts. L’histoire de Sybille et de son fils contient de courts retours en arrière, parfois uniquement les pensées de Sybille, à vrai dire, qui nous montrent non comment Samuel a glissé vers la délinquance, mais comment une jeune femme vivante promise à un avenir radieux s’est laissée sombrer au point de devenir non une femme ordinaire, mais une femme médiocre, aigrie, que son mari s’est senti en droit de tromper.

Pour que je commence par un constat aussi plat, vous aurez compris que je n’ai pas vraiment aimé ce livre. Je ne me suis attachée à aucun personnage – mis à part les chevaux (vous pouvez hausser les sourcils, être stupéfaits… peu me chaut). Que Sybille ait sombré, des années plus tôt est une chose, qu’elle pense ne mériter qu’une vie médiocre et qu’elle le pense pendant vingt ans me donne envie de la secouer. Pourtant, avant, elle pensait autrement : Elle ne pense pas en ambition, en réussite sociale, elle ne pense même pas en terme de revanche. Elle pense en actes. En action. (p. 106).

Sybille a-t-elle renoué avec celle qu’elle était avant ? Au moment où débute ce récit, elle agit, pour aider son fils, et se refuse à la solution de facilité proposée par son ex-mari, à savoir la réclusion dans un pensionnat : quand on estime avoir échoué, il paraît toujours plus facile de déléguer à d’autres. Mais elle prend la fuite, d’une certaine manière. Tout comme elle avait rejoint Bordeaux après son divorce, elle quitte Bordeaux, la France dans le but de sauver son fils. Peut-être aussi de se sauver elle-même, implicitement, de se retrouver.

Continuer est pour moi un livre tristement d’actualité. Il nous parle des attentats, de la peur de l’autre, de la banalisation de la haine. Un livre qui,peut-être, un jour, sera lu plus comme un document sur une époque que sur des faits toujours actuels. Et je crains, en écrivant ces lignes, que ce ne soit pas pour tout de suite.