Archive | 25 octobre 2016

Sous d’autres étoiles d’Amy A. Bartol

Présentation de l’éditeur :

De sa vie, Kricket n’a jamais prié sa bonne étoile, trop occupée qu’elle était à se cacher dans Chicago pour échapper au système de placement familial de la ville. À l’approche de son dix-huitième anniversaire, elle n’a qu’un seul désir : cesser de fuir et trouver enfin sa place dans le monde. Ce jour finit par arriver lorsqu’elle rencontre Trey Allairis, un jeune soldat étharien qui a pour mission de venir chercher l’orpheline sur Terre et la ramener sur sa planète d’origine. Quand le danger se rapproche, Trey doit protéger Kricket jusqu’à ce qu’elle ait appris à manier les pouvoirs qu’elle ne pouvait utiliser sur Terre.

Mon avis :

Je vous le dis tout de suite : plus que le résumé, c’est la couverture qui m’a attiré. Et cette lecture s’est révélée une bonne surprise.
L’héroïne, Kricket, a presque dix-huit ans, et ce « presque » lui gâche la vie. Non, elle n’a pas hâte de boire ou de voter, elle a hâte de ne plus être recherchée par les services sociaux. Orpheline, sans famille connue mise à part ses parents, elle a été ballottée de foyer en famille d’accueil – et elle en a gardé des cicatrices, au physique comme au moral. Elle a un travail (au noir), deux amis proches qui connaissent son secret et qu’elle encourage à vivre leur vie – il est toujours aussi difficile d’être différent en 2016. Kricket rêve de trouver sa place – et son voeu sera exaucé plus vite qu’elle ne le pense, mais à quel prix ! Elle est littéralement enlevée et se retrouve – avec trois « accompagnateurs » (bref, des soldats) dans un autre univers.
J’ai aimé que Kricket ne se laisse pas abattre, quoi qu’il lui arrive. Oui, elle peut avoir des coups de barre, des moments de détresse, mais se plaindre ou pleurnicher n’est pas son objectif. Elle ne connait rien au monde dans lequel elle se retrouve ? Pas (très) grave, elle aura les explications nécessaires (et seulement elles) au cours de l’intrigue. Ni elle ni le lecteur n’ont besoin de longues pages pour cerner le monde dans lequel elle évolue.
J’ai aimé aussi la construction de l’intrigue. Kricket, Trey, Jax et Wayra (ses trois alliés… et un peu plus pour Trey) affrontent, au cour de leur périple, des épreuves, mais elles ne sont pas répétitives. Il en sera de même lors de leur arrivée « en lieu sûr » – où tout ne fera que réellement commencer.
J’ai aimé aussi que les personnages ne soient pas manichéens. Certes, il y a de la romance dans l’air entre Kricket et Trey. Cependant,les autres personnages (et Trey lui-même) sont susceptibles d’évoluer ou de changer de camp. Les alliés peuvent ne pas être très fiables. Et les bonnes intentions ne suffisent pas.
Un petit regret : Bridget et Enrique, les amis humains de Kricket, disparaissent trop rapidement du récit.

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 25 octobre

Cher journal,
l’heure est grave.
Je te retranscris ci-dessous ma deuxième intervention auprès des apprentis alphas. Je te préviens, c’est sans censure.

– Bon, admettons, vous ne voulez jouer qu’un rôle subalterne au sein de la meute, mais vous êtes-vous posé la question : avez-vous le choix ? Non ! Vous avez des droits et des devoirs envers la meute. Le jour venu, le jour où la meute aura besoin de vous, que ferez-vous ?
– Et bien on avisera ! dit Marco.
– Vous devez aviser maintenant, tout de suite, immédiatement. Vous savez quel est mon rôle, à moi, au sein de la meute ?
– Mis à part nous casser les pattes à nos réveiller à quatre heures du matin pour écouter tes harangues et traumatiser ma lapine, franchement, non, je ne sais pas.
Et oui, je ne vous l’ai pas précisé : à la suite de ma métamorphose d’il y a deux jours, Léna, la lapine de Marco, a subi un profond traumatisme psychologique qui a entraîné des troubles gastriques. Bilan : elle a des gaz et la salle de réunion improvisée empeste la carotte.
– Je suis là pour que vous preniez conscience de votre potentiel, et cela fonctionne, Sarah en est la preuve, Sarah s’est révélée être une oméga.
– De quoi ? s’exclama Marco.
C’était lui qui avait amené Sarah à la réunion, contre mon avis, parce que Sarah était « la thérapeute de Léna ». Il n’empêche que cela marchait, Sarah envoyait des vagues d’apaisement très efficaces sur la lapine et ni l’une ni l’autre ne me vrillait les oreilles. D’ailleurs, à part Marco, je n’entendais personne, Camille semblait s’être endormi sur sa chaise, et Salsifis… se faisait les griffes, et contemplait régulièrement le résultat. Elle n’allait pas l’intention de se fatiguer en disant « cause toujours, tu m’intéresses », son attitude me le prouvait assez !
– Tu crois qu’elle pourrait apaiser Léna, sinon ? Mes amis, l’heure est grave ! repris-je en m’époumonant, sortant ainsi Camille de sa léthargie. Je veux savoir qui a rangé et plié mes affaires lors de la dernière réunion. [Note : c’est pour cette raison que je les ai convoqué de nuit. Un : un pyjama, c’est plus facile à défaire pour se métamorphoser. Deux : l’effet de surprise, c’est toujours utile, tous les stratèges vous le diront]
– Pas moi, dit Marco, j’ai passé deux heures à trouver Léna, qui s’était enfuie. Tu lui as fait peur !
– Moi non plus,marmonna Camille. J’ai déjà du mal à ranger les miens, de vêtements, alors les tiens. [Gros soupir à déplacer la poussière]
– Même avec des pincettes, je n’aurai pas touché à tes affaires. Beurk, précisa Salsifis, au cas où je n’aurai pas compris. C’est gentil, Salsifis, tu me revaudras cela.
– Avez-vous vu quelqu’un toucher à mes affaires ?
– Peut-être ton frère, suggéra Salsifis.
– Non, il m’a certifié que ce n’était pas lui. Je veux savoir qui les a rangées ! hurlai-je.
Non, parce que, franchement, je voudrai bien savoir qui m’a rédigé une jolie (groumpf) déclaration d’amour (regroumpf) en y joignant un préservatif (neuf) à la fraise. L’écriture, ce n’est pas celle d’une fille ! Croyez-en mon instinct d’alpha !