Trente ans en théorie de Mathieu Narbonnet

Présentation de l’éditeur :

Mon enfance a été bercée par le générique de Dragon Ball Z et les parties de pogs dans la cour de récré. Adolescent, des posters de Buffy recouvraient les murs de ma chambre, j’avais un Nokia 3310 et je chattais sur MSN. Aujourd’hui, mon meilleur ami gay est mon colocataire, je suis un libraire au bord de la crise de nerfs et j’écume les soirées où l’alcool coule à flots à la recherche de l’amour avec un grand A. Bientôt j’aurai 30 ans et il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans ce chaos ordinaire ; mais je n’avais pas prévu que les anneaux de Saturne viendraient eux aussi y mettre leur grain de sel. Je suis un produit marketing estampillé Génération Y. Un pur rejeton de l’ère de l’entertainment.  Je suis votre enfant, votre frère, votre ami. Je suis vous. En pire !

Merci aux éditions Librinova et à netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai été tentée de commencer la rédaction de cet avis en fredonnant « J’ai eu trente ans, je suis content, bonsoir » de Julien Clerc. Et après tout, pourquoi  pas ? Avoir trente ans maintenant et dans les années 70, ce n’est pas exactement la même chose, bien que le chiffre reste le même.

Enfant de la fin des années 70, je regardais déjà, au milieu des années 80, ces bambins qui appartenaient à une autre époque, presque, que la mienne, ceux qui n’auraient aucun souvenir direct de Tchernobyl, de la cohabitation, ceux qui ne seraient pas traumatisés par la mort de Daniel Balavoine et de Coluche, ceux qui n’auraient pas vécu l’explosion de la navette Challenger – comme le narrateur de ce roman. Et je regarde toujours avec curiosité ceux qui, comme le narrateur voulait devenir astronome (comme lui) ou chirurgien (comme d’autres) et sont devenus aujourd’hui libraire – ou tout autre chose.

Même si la société de consommation est là, il ne dresse pas un catalogue exhaustif d’une époque, ce qui aurait fait mal vieillir son roman. Il montre tout de même une génération qui souhaite s’installer, construire quelque chose, et n’y parvient pas. Comme un étudiant attardé, il vit en colocation, et si l’un de ses amis, très très gay comme Ziggy, souhaite construire une véritable relation, il n’en est pas de même de son autre ami, prototype même du dragueur salaud jusqu’à la caricature.

Ce qui m’a frappé, dans l’itinéraire de ce trentenaire ? Son conformisme. On peut ne pas apprécier Jill, la femme qu’il aime. On ne peut nier qu’elle va jusqu’au bout de ses idées, contre l’idéal ambiant : une maison, deux à trois gosses, et un épuisement dû aux crédits à rembourser pour vivre ce « rêve ». Il est des personnes qui peuvent rester fidèles à leurs principes. Il en est d’autres qui se replient sur eux-mêmes, dans leur petite maison, avec leur petite famille, jusqu’à ce que tout explose, à la quarantaine ou la cinquantaine.

30 ans en théorie, ou le portrait d’une génération désengagée.

premier roman

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5 réflexions sur “Trente ans en théorie de Mathieu Narbonnet

  1. Moi aussi j’ai écouté des centaines de fois le générique de Dragon Ball Z mais l’explosion de Tchernobyl ou de Challenger reste vague dans mon esprit. 10 ans en 86, on passe à côté de tout ce qui n’est pas notre nombril.

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