La trêve de Saïdeh Pakravan

 

unnamedédition Belfond – 462 pages.

Présentation de l’éditeur :

Quand l’inspecteur Simon Urqhart se réveille le 9 juillet, il ne sait pas encore qu’il va passer une journée extraordinaire. Plus aucun crime, aucune violence, aucun meurtre ou mort par crise cardiaque. La trêve de ces vies fauchées, de ces existences détruites durera un temps indéfini. C’est ce que cherchent à savoir Simon et Mandy, sa petite amie journaliste.

Mon avis :

Spontanément, quand je vois ce titre, je me dis : « la trêve ? Entre qui et qui ? Sommes-nous donc en guerre ?  » Il faut croire que oui, puisqu’on nous l’assène assez souvent à la télévision. Ah, pardon, l’action se déroule uniquement aux Etats-Unis, nous ne sommes donc pas directement concernés, les autres pays du monde ne bénéficie pas de cette trêve. En ont-ils de la chance, ces américains ! Un pays vraiment privilégié, même si la tr^ve ne dure que 24 heures.

Quelle est la cause de cette trêve ? Nous n’en saurons rien. Qu’est-ce qui pousse ceux qui vont passer à l’acte à ne pas le faire ? Nous ne le saurons pas non plus. Nous avons beau les suivre, eux les futurs bourreaux qui rôdent autour de leurs futures victimes, nous aurons beau connaître ce qui les a poussés à vouloir tuer, nous ne connaitrons pas l’impulsion qui les a fait « choisir la vie », pour citer La vie devant ses yeux (Laura Kasischke).

Ce qui m’a frappé aussi, dans ce catalogue des violences racistes, misogynes et homophobes (rien ne semble avoir été oublié, non plus que la pédophilie, l’antisémitisme ou la folie religieuse) est l’impunité des ex-futurs coupables, qui n’en sont pas, pour certains, à leur coup d’essai. Tout autant que la violence, l’indifférence coupable me choque.

A force de ne consacrer qu’un chapitre à chacun des protagonistes, il est difficile de s’attacher à l’un d’entre eux, bien que certains soient particulièrement touchants. J’aurai aimé en revoir certain – quel sera leur avenir après la trêve ? Quelle sera l’avenir de ceux qui ont renoncé ? Oui, ce livre pose des questions, et je n’ai pas forcément envie d’essayer d’y répondre. Ainsi, il n’y aura eu ce jour, aucune mort naturelle, ni aucune naissance. Si la mort fait partie de la vie (lapalissade, j’en ai conscience), la violence, le meurtre, le viol, la torture ne sont pas à mes yeux des nécessités – autre lapalissade. Il n’est pas nécessaire qu’un homme commette des actes monstrueux pour que d’autres paraissent meilleurs.

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6 réflexions sur “La trêve de Saïdeh Pakravan

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