Archive | 2 septembre 2016

Les prénoms d’antan

De nos jours, certains pestent contre les prénoms bizarres, originaux, excentriques que des parents donnent à leurs enfants. Il faut dire que nous sortions d’une période où la réglementation au sujet des prénoms était vraiment très stricte. Beaucoup trop à mes yeux, ce qui n’engage que moi. Cependant…. imaginons qu’une classe, de nos jours, comporte uniquement des élèves portant des prénoms du XIXe siècle. Ce serait assez dépaysant – et pas aussi strict que l’on peut le penser.
Note : tous les prénoms que je cite ont réellement été donnés en Haute-Normandie au XIXe siècle.

– Tranquille, arrête de tirer les nattes d’Opportune !
– Sénateur, Napoléon, Ursin, vos cahiers !
– Quelqu’un peut prêter un manuel à Palmyre ? Merci Marie-Croix, c’est très gentil de ta part.
– Sévère, ne m’oblige pas à l’être. Oui, je sais, c’était facile.
– Veuillez être attentifs : Sophronie, Ismérie, Argentine et Anatolie vont nous présenter leur exposée sur les tortures des pirates.
– Alzire, je sais que tu ne veux pas être désagréable, évite simplement de me rappeler que j’ai eu Armantine, ta maman, et Sylla, ton grand-père, comme élèves. Cela ne me rajeunit pas vraiment.

Et encore, je ne vous ai pas parlé de Toussaint et Tercile, les frères de Sainte-Hélène, sans oublier Arsène (prénom féminin), Sainte-Marie (pour un garçon ou une fille), Eléonor (masculin, là aussi), Marie-Euphrasie, Placide ou Julita.

Journal d’un louveteau garou – tome 2, jour 4

Cher journal

Oui, la rentrée a bien eu lieu. Et j’ai rejoint ma nouvelle classe. Je ne ferai aucun commentaire, ni sur les louveteaux qui s’y trouvent, et qui vont bénéficier de mon intense rayonnement, ni des professeurs, puisque je les connais déjà, ni du principal qui est par intérim depuis tellement longtemps que l’on va finir par croire que « par interim » est son nom de famille – ou alors que vraiment, vraiment, personne ne veut prendre la direction du pensionnat des louveteaux garous. Le fait que notre précédent principal titulaire ait été assassiné devrait être oublié depuis longtemps, non ?

Bien sûr, il y a eu quelques faits inquiétants. Comme les coups de marteau que nous avons entendus. C’était tout simplement madame Cobert qui clouait un panneau avec son nom sur la porte de sa salle de classe. Après onze ans au pensionnat, elle a enfin la salle de classe qu’elle désirait. Je serai elle, je désinfecterai un peu, quelques gousses d’ail par-ci, par là, ne peuvent pas faire de mal – le précédent titulaire de la salle était notre professeur vampire qui a récupéré une salle « plus grande, plus spacieuse, et plus froide aussi ». Les vampires aiment la fraîcheur, qu’on se le dise.

Je ne reviendrai pas sur les incidents divers, variés, nombreux, qui ont légèrement bouleversé l’année scolaire précédentes, non. Je n’irai pas, comme Mathieu, jusqu’à confectionner des affiches sur lesquels sont écrits : « les dragons sont nos amis », non, même si nous avons régulièrement des nouvelles de Gentiane qui nous affirment qu’elle est en « parfaite osmose » avec son dragon et que les chevaliers-dragons ne sont pas si désagréables. La preuve : elle a sympathisé avec les jumelles du chef d’escadre. Sur le coup, je n’ai rien compris au message, ce n’est qu’après que j’ai percuté : les jumelles ne sont pas forcément des objets qui servent à voir de loin.

Que l’année soit calme et profitable.

Anatole Sganou, 3e rose clair.