Rêves de liberté de Kim Soyeon

Présentation de l’éditeur :

Quand sa famille commence à parler mariage, Myeong-hye, treize ans, demande à partir étudier à Séoul. Grâce au soutien de son frère, elle obtient l’autorisation de quitter les siens. Très vite, et faisant face aux conventions sociales, elle devient volontaire dans un hôpital pour femmes. Car elle n’a plus qu’un rêve : devenir médecin. Mais le chemin est bien long…

Préambule :

La rentrée littéraire, c’est bien. Je le sais, j’y participe. Prendre le temps de lire et de chroniquer un livre remarquable, c’est bien aussi.

Mon avis :

Il est encore des adolescentes, heureusement, qui rêvent de devenir médecin. Toutes ne souhaitent pas devenir des starlettes de la télé-réalité ! Rêver de devenir médecin, dans les années 20, en Corée était quasiment un rêve impossible. C’est un des sujets du livre, mais pas le seul.

Qu’est-ce que la Corée en 1918 ? Un pays sous la domination japonaise. Envoyer son fils Myeong-kyu étudier au Japon est la réalisation d’un rêve pour le seigneur Song, un signe de modernité aussi, lui qui va bientôt être nommé préfet par l’occupant japonais. Pour ses filles, par contre, c’est une toute autre histoire, et je ne doute pas que le lecteur occidental ne s’étonne du sort qui leur est réservé. Pas d’études secondaires. Mariage à seize ans, dix-huit ans est vraiment un âge limite pour trouver un époux. Pas de prénom pour les filles, ce n’est pas utile. « Bébé » et « petite dernière » sont bien suffisants.  Pas ou peu de soin : les médecins sont rares, les médicaments onéreux, on devient vite un fardeau pour sa famille ou sa belle-famille, sauf si celle-ci est aisée. Madame Anh, la mère de Myeong-kye et de ses soeurs, est, comme toute femme coréenne, entièrement dévouée à sa famille, à son ménage, et a oublié toute volonté face à lui, exprimant les « rêves » d’une mère pour ses filles : « Une femme ne peut espérer mieux qu’épouser un fils de bonne famille, posséder de beaux vêtements, manger des plats délicats et avoir beaucoup d’enfants, affirmait-elle à présent ».

Myeong-hye doit se montrer particulièrement persuasive pour obtenir le droit de faire des études secondaires. Si elle trouve en son frère aîné un adjuvant puissant, elle doit faire face aux réticences, aux oppositions de ses parents. Si les traditions la font bondir, ce n’est pas le cas de sa soeur, qui peut se montrer elle aussi une opposante discrète. Quand j’ai lu certaines pages, et en dépit des différences géographiques, je me suis crue dans un roman de Balzac. Le message est clair : les choses ne peuvent bouger que si l’on veut bien s’en donner la peine. Rien n’est facile, surtout pas la liberté. Certains sont prêts à la sacrifier, ne s’apercevant même pas qu’ils ne la possèdent pas. D’autres paient des conséquences lourdes et durables. Et j’aimerai maintenant trouver un livre qui parle de l’émigration coréenne aux Etats-Unis, un peu comme Certaines n’avaient jamais vu la mer le fait pour l’émigration japonaise.

Rêves de liberté est un livre que je tiens vraiment à faire découvrir et à partager. La collection « matins calmes » des éditions Flammarion contient de belles pépites.

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6 réflexions sur “Rêves de liberté de Kim Soyeon

  1. Et bien, elle est belle la vie au pays du matin calme !! 👿 Là, je note tout de même, même si ce n’est pas sérieux vu ma PAL, mais puisque c’est une pépite, ça me permettra de voyager chez Kim-Jon qui n’est pas encore né !

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