La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino

Présentation de l’éditeur :

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas… Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.

Mon avis :

Il est des romans policiers singuliers, qui défient les codes du genre. Les enquêteurs ? Un professeur, et son ancienne petite amie. Richement marié à un homme jamais là, mère d’une petite fille qu’elle maltraite.
L’enquête ? Partir à la recherche du passé de Sayaka, la jeune femme, qui n’a aucun souvenir avant ses cinq ans.
Le lieu ? Une maison où tout semble figé dans le temps. Une maison, c’est à dire un foyer pour une famille.
L’époque ? L’enquête ne durera en tout et pour tout que quelques jours, et elle nous plonge dans un passé vieux de vint-trois ans. A peu près l’époque où Sayaka a perdu la mémoire.
Ils ne sont que deux, ils sont confrontés à des êtres qui ont été présents dans ses lieux et dont ils doivent, à partir des objets, des livres et de leurs écrits, retracer le passé – jusqu’à leur départ. Il ne s’agit pas d’écrire un roman – paradoxe – il s’agit d’interpréter au plus juste les indices qui se présentent à eux, indices qui n’ont pas été laissés involontairement mais qui ont un sens évident pour ceux qui ont vécu ici.
Coupés du monde, seuls, Sayaka et son ami peuvent se livrer à l’introspection, sur leur passé, sur leur amour, sur leur présent – sur ce qui les a rapprochés, en fait, puis a entrainé leur rupture du fait de Sayaka. Le lecteur en apprend un peu sur le divorce au Japon, et sur l’adoption. Je ne parle pas du système juridique, plutôt de la manière dont ses événements sont vécus au sein de la société japonaise. Ils remettent aussi en cause, chacun à leur manière, les idées reçues au sujet de l’adoption, où tout se passe forcément bien pour les enfants, à tout point de vue, où les adoptants le font par amour, forcément. Ou comment pulvériser les idées reçues en quelques lignes. Sans oublier les livres qui expliquent comment bien élever son enfant et faire face à tous les problèmes, ou presque – le narrateur montre bien comment le mécanisme de la maltraitance peut se mettre en place, en dépit (ou à cause ?) de ces précieux conseils.
La maison où je suis mort autrefois va bien plus loin que les romans policiers qui reprennent trop souvent le même schéma (avec force hémoglobine). Pourtant, ce sont à des morts bien réels que nous sommes confrontés. Mort des liens familiaux, mort de la confiance qu’un enfant peut avoir en lui ou en ses proches, mort d’un amour aussi. Ce livre donne toute la place aux victimes et aux survivants, aux conséquences sur la durée. Un livre vraiment très intéressant.

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37 réflexions sur “La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino

  1. Pingback: Premier bilan du mois du polar | deslivresetsharon

  2. J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman très original. Depuis j’ai lu d’autres romans de cet auteur qui m’ont tous bien plu, en particulier « l’équation de plein été »

    • J’ai lu beaucoup de romans japonais… par période. Ceux de Ruy Murakami, par exemple, sont vraiment particulier, mais, hélas, sont le reflet de la jeunesse japonaise. C’est un roman policier où la psychologie prend le pas sur la violence, bien réelle.
      Si jamais tu peux le trouver en bibliothèque, laisse-toi tenter.

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