Journal d’un louveteau garou – tome 2, jour 3

Cher journal

Un mois que je ne t’ai pas écrit – alors que Diane Kudma, elle, noircit les pages de ton vaillant prédécesseur pour raconter des choses totalement inintéressantes. Comme si Diane avait dit un jour une seule chose intéressante qu’on ne lui ait dûment soufflée à haute et intelligible voix, elle qui ne s’intéresse qu’à sa jument, ses griffes, et ses problèmes de sécheresse poilistique ! En gros (et en détail) : une louvetelle.

Je participe à la chorale de vacances. Point positif : nous connaissons bien les paroles. Point négatif :  » je n’ai jamais entendu des élèves chanter aussi faux, et pourtant, j’en ai entendu, des chorales », affirme notre chef de choeur improvisé. Nous sommes trente, et il paraît que nous chantons chacun une mélodie différente. Pour ma part, depuis le temps que j’ai entendu des chorales au pensionnat, je n’ai jamais ouï un chef de choeur ravi.

J’ai failli oublier : nous avons appris que notre principal était papa de trois louveteaux, qui n’auront que dix-huit mois d’écart avec leurs vigoureux cousins. Les prénoms sont d’un classicisme à défier toute concurrence, au point que je les ai oubliés. Par contre, mes coussinets se souviennent encore des sachets que j’ai dû broder pour leur futur baptême, qui aura lieu le mois prochain. Intégrer très vite les louveteaux, c’est important.

J’ai lu un livre. Je me porte bien, le livre aussi. J’ai résisté à la tentation de le déchirer à coups de dents, il paraît que ce n’est pas une critique littéraire très constructive ! Valère, mon petit frère, écrit des poèmes et me les lit. J’ai entendu pire.

A partir de lundi, je participe à un groupe de survie lupine en forêt. Bon, en fait, il faut survivre à une bonne dose d’ennui, une grosse dose de sandwichs, beaucoup de courses, et même de l’escalade – ainsi que des louveteaux qui s’égarent, comme celui qui est désormais notre alpha et qui sait repérer une pâtisserie à presque deux kilomètres de distance ! Je le reconnais humblement : je n’ai pas ce talent.

Cher journal, tome 2, je te laisse : Valère vient de terminer un poème qui s’intitule « Cake exquis » et tient à me le lire.

Anatole Sganou.

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