La tour des fourmis de Ch’oe Inho

Edition Actes Sud – 67 pages.

Présentation de l’éditeur :

Ironique et volontaire retournement des choses : un Asiatique s’applique à lui-même le qualificatif de fourmi, dont un européocentrisme dédaigneux affuble si facilement les Extrême-Orientaux. Avec un goût prononcé pour la provocation et le paradoxe, l’auteur pose la question : qui se modèle sur l’autre, l’homme ou la fourmi

Mon avis :

Ce livre est pour moi une grande nouvelle d’inspiration fantastique. La post-face nous donne un éclairage sur ce texte, intéressant, mais, par principe, j’essaie toujours de cerner ma propre vision du texte (et tant pis si certains m’expliquent après que je n’ai rien compris).

Un homme, seul. Un publicitaire, qui doit trouver un slogan pour une nouvelle boisson, un slogan qui définisse la sensation éprouvée en ayant bu cette boisson – travail banal mais épuisant nerveusement pour ce célibataire qui a une vision très utilitaire de la femme, adorant servir l’homme qu’elle vient tout juste de rencontrer. Le célibat n’empêche pas d’avoir des activités en chambre.

Et c’est là qu’une fourmi leur tombe dessus, ou presque, puis deux, puis trois, attirées semble-t-il par le sucre. S’ensuit, en parallèle de son travail, des tentatives pour les chasser de son appartement. il agit le plus souvent seul, il se fait aider une seul fois par la personne chargée de l’entretien de l’immeuble et à chaque fois, il est persuadé d’avoir réussi à les éliminer. Il n’y va pas de main morte, sans aucun état d’âme pour elles et leur organisation. La nouvelle est à ce titre très bien documentée sur leur évolution et leur organisation, et ceci se trouve parfaitement intégré à la narration.

J’ai pensé à Kafka en lisant ce texte, tant la situation du narrateur paraissait insoluble. On pourrait le croire fou, si d’autres personnages n’étaient témoins de cette inexplicable invasion. Le lecteur, lui, peut se demander le sens de celle-ci, surtout que le personnage principal compare les coréens qui habitent dans les immeubles voisins à des fourmis, et leur logement aux galeries que creusent les insectes. Volonté de se réapproprier un cliché européen ? Montrer l’indifférence de ses contemporains envers ce qui peut dérégler leur organisation ainsi que leur caractère asexué ? Evolution ou régression des humains ? Plusieurs pistes s’offrent au lecteur, à lui  de les explorer.

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